Révision de Lieux #8 du lun, 11/11/2013 - 08:45

Du bois avant qui meurt donc dans l'étang, s'y mire pour tout dire tel un malade amant, on peut dire encore qu'on y trouve une poignée de maisons en ruines dont les murs effondrés, les briques mangées, sont un mystère hantant qu'on entrevoit de la route. Il arrive que des promenades y mènent. On approche, la conversation faite jusque là de rires et d'éclats de voix se calme, diminue son volume sans que rien, vraiment, ne l'explique. Peu à peu, sans y prendre garde (on ne le remarquera qu'en repartant, quand on reviendra à la normale), on se met à chuchoter et dans l'oppressante immobilité des arbres bientôt il n'y a plus que les craquements des branches mortes sous les pas. On entre. Il n'y a plus de toit. Les fenêtres découpent dans le gris rouge des cloisons des yeux aveugles ou presque. Dans les coins, des amas de gravats achèvent de fondre. On ne sait pas ce que c'était, on préfère ne pas traîner, on s'éloigne finalement rapidement, retrouvant à quelques mètres un chemin qui va tout droit débouchant sur le ban sans doute d'un autre village, et pour cela, on ne le suiva pas. Derrière, les maisons mortes restent debout, ne racontent rien. On imagine.