Comment je n'ai pas été écrivain

Onglets principaux

À le rechercher, ne pas le trouver, j'en déduis que le premier a disparu enseveli dans les tiroirs de la chambre du haut, ou peut-être qu'il n'a fait qu'y passer avant de servir d'allume-feu pour la chaudière à bois, celle qu'il convenait parfois de rallumer au matin lorsqu'elle avait terminé de dévorer les bûches enfournées en grand nombre le soir, le plus proche possible aussi avant le coucher, pour justement ne pas en arriver là au lever, constater dans l'appartement du premier, dès l’œil ouvert, qu'il faisait froid, enfin, anormalement, descendre, ouvrir la machine trapue, constater de visu l'extinction, avoir à construire puis enflammer le petit monticule de morceaux de cageots effilochés entassés sur un papier froissé roulé en boule, destin habituel du journal de la veille ou, donc, de quelque cahier retrouvé par hasard et qui n'avait plus grand intérêt, semblait n'en avoir eu jamais aucun d'ailleurs...

... sans que personne ne prenne conscience qu'il s'agissait, là, sur le papier, de ce que l'on peut considérer comme le premier de mes textes, écrit en classe de sixième, sans que je sache ce qui en avait déclenché l'écriture même si, quand même, le thème, inspiré directement d'une série télévisée diffusée alors, une histoire d'âge de cristal, de robot androïde, pourrait laisser à penser que simplement, l'occasion, l'imitation, avaient fait le larron, ceci ne réglant pas toutefois la question du pourquoi — pourquoi, soudain, j'avais eu le besoin d'écrire, et été allé jusqu'à le faire, en parlant même à l'un de mes camarades de classe d'alors qui, des années après, quand nous terminions la dernière étape du collège, approchions des dernières semaines dont nous savions qu'ensuite, nous ne nous verrions pas, ce qui avait été le cas, définitivement, m'avait quand même demandé ce qu'il en était pour moi maintenant de l'écriture, ce à quoi je n'avais pas su répondre et à quoi je n'ai toujours nulle réponse. 

Licence Creative Commons