Des pots de confitures dans une armoire ouverte

D'abord à la main dans d'infects cahiers au papier gris issu d'un recyclage pas encore devenu tendance, et que nous achetions sur les étals de bric, de broc, sur le marché de M* le mercredi juste avant la rentrée des classes en paquets de dix, emballés dans un plastique fragile, évanescent. Rentrée des classes que l'on voyait arriver depuis des jours comme une menace fantôme, une ombre à l'horizon. Et qui soudain, par cet achat, devenait tangible, visible, incontournable. Ainsi que l'aurait été une vague gigantesque d'abord pressentie à quelques minuscules signaux presque indicibles avant de devenir un mur arrivant loin et puis d'un seul coup très proche. Immense. Fermant toute la vue. Devenant un immeuble qui vous viendrait dessus. Devant lequel il ne sert plus à rien de se mettre à courir. Et puis pour aller où ?