Onglets principaux

S'il y a le ciel il est violet et pleut ; je ne sais que lire dans ce que tu m'écris — prendre de la distance ; trois rouge-gorges s'affairent déjà dans la maison de bois.

Cette longue fatigue — marcher dans un grand gel ; par la traverse arrive une aube incontrôlable, un feu ; je ne crois nul oiseau.

Un homme aux charnières de mots — la poésie a son visage au moins ; ce n'est pas alchimie, c'est le travail patient, ingrat, de l'artisan ; on reconnaît les Simples à ce qu'ils taisent.
 

Antoine Emaz, in memoriam

Ce printemps éternel — compter ses jours ; il faut longtemps imaginer et partir loin ; pourquoi écrire encore ?

Un enfant du soleil, dixit cette vieille dame, et elle parlait de moi — je sème des graines vides.

L'essoufflement dès marée haute ; ton rocher dans les arbres, immaculé.

J'ai marché sur une plage et j'étais le premier ; cet océan emportant ton écume — une vague d'infini ; quatre galets sur ma table, puis toi.

J'ai partagé un appartement avenue des Vosges avec une dame qui aurait été ma grand-mère si j'en avais eu. Je rêve depuis toujours de devenir routier puisque mon père l'a été. Je ne sais pas réellement qui je peux être. J'ai marché sur une plage et j'étais le premier. #àMainLevé

— Daniel Bourrion (@dbourrion) July 5, 2019

Atteindre à l'arête du jour ; une récolte de rien ; tu es toujours dans cette langue que personne ne parle — je suis à construire le mur de demain.

Une maison d'araignées ; la sente avale toutes les mûres — il reste une source là-bas ; avec la distance, son sol.

J'oublie d'écrire en écrivant ; depuis hier passent des colonnes invisibles et bruyantes ; c'est brasser toute une vie — ce rien qui fait histoire.

Pour entrer au village tourne le dos à l'océan, sa constance rageuse ; la guilde des moineaux glanant tout avant l'aube — le plus petit est le plus grand ; si loin je me rapproche.

La route inquiète de l'aube ;
je ne vois que ton épaule — ma mémoire tient dentelles ;
un vent aux mille paupières.