Cinquante

1. Rodalbe

La salle de classe est haute unique avec son poêle le long du mur aligné aux fenêtres dont la poignée résiste au moment de fermer, au moment de rouvrir, à tout moment en fait. Nous sommes sans distinction d'âge et de nom, je n'en sais plus beaucoup, une photo quelque part est pleine des visages d'alors posés sous l'arbre poussant devant la cour minuscule, j'ai souvenir aujourd'hui encore de la plupart mais n'en ai vu aucun depuis vingt années pleines au moins, il me souvient que l'un avait exactement même date de naissance que moi, cela m'avait laissé sans voix, me questionne toujours, sur les chemins que nous avons suivis et lui et moi en partant du même jour. Le couloir juste avant mêne donc au droit à la mairie et à l'appartement aussi où vit l'instituteur, je crois qu'il fallait gravir quelques marches, pour la mairie on descendait, à gauche donc la classe, en haut celui qu'on appelait maître, en bas la salle du maire, ce n'est guère plus grand que cela dans la bâtisse juste au bord de la route à côté d'une église légèrement dans son retrait et qui je crois partageait même la cour, un autobus nous laissait ras du mur, il suffisait de monter l'escalier, pas celui du dedans mais celui du dehors qui du niveau bitume nous amenait à la terre battue de la cour surplombante, je ne sais si l'on voit la disposition évoquée, elle est dans moi très claire encore, je ne sais pas pourquoi, je n'ai passé là-bas que deux années que rien ne distingue de la suite