Révision de Fossile #14 du ven, 08/29/2014 - 12:05

Sa langue ne lui est pas encore venue, ni celle qu'il perdra très vite et qui restera en lui morte quand même, une chose dure, une noix, ni l'autre qui ne sera jamais la sienne vraiment mais après tout nos langues nous restent toujours étrangères, elles qui se contentent de se servir de nous pour s'en aller ailleurs et devenir toutes autres, il est debout dans son monde sans langue, ce monde flou sans mots qui est avant la langue, qui ne laisse aucune trace, pas un fossile, dont il n'y a rien dire, ressemblant qu'il est d'une plaine sur laquelle on serait perdu en pleine brume, trébuchant, ne sachant où l'on va d'où l'on vient, où l'on est, perdu, vraiment, dans sa propre histoire, il est dasn ce moment précis dont il ne peut rester que des images extérieures à nous, des souvenirs qui sont des objets dont on ne voulait pas et puis qu'on finira par transporter partout avec soi à mesure qu'arrive l'horizon

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