Plages (2)

Qu'il suffirait de passer tout le jour couchés là-bas, comme morts ou presque, à se voir effacés peu à peu par les vents et puis les sables, à voir venir du large et s'échouer des choses dont on ne savait pas ce qu'elles étaient, avaient été, dont on préférait par ailleurs ne pas savoir tellement certaines, quand même, faisaient penser à des fascines d'os que les langues lisses de l'eau auraient polies à force de temps, avec en ligne de mire un phare, son rêve au moins, pour oublier les villes et leurs marqueteries obscures où nous perdions nos souffles ?