Fiction mer

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... tout ceci pouvant s'avérer au final n'être qu'invention - on imaginait alors les équipes chargées nuitamment de préparer le décor du lendemain, déroulant au petit matin les grandes toiles peintes préparées et modifiées en fonction des saisons, de la météo, des modes estivales et de la demande touristique (et alors là, ceux qu'on croisait aux premières heures, harassés, n'étaient pas pêcheurs, ainsi qu'on le pensait, mais décorateurs, tapissiers, peintres, voire simples manœuvres offrant leurs bras au grand œuvre).

... tout ceci pouvant s'avérer au final n'être qu'invention - l'image relevant du rêve, de l'imagination, et ayant été saisie par un quelconque procédé expérimental dont le grand public ignorait tout encore, et pour longtemps sans doute tant cette invention risquait de bouleverser l'humanité entière (ce qui n'empêchait pas qu'on la testait déjà, à preuve ce cliché volé qui montrait ce qui occupait l'esprit du sujet étudié, en l'occurrence, un scientifique ayant décidé d'essayer sur lui-même sa propre découverte et qui, médusé, découvrait au développement de l'image une plage, un lieu dont il ignorait tout - l'hypothèse évidente étant alors que ce que l'on voyait là avait été construit de toutes pièces par son esprit à partir de ses lectures, trop nombreuses sans doute aucun comme sa propre mère n'avait cessé de le lui répéter jadis ; et le plus étonnant demeurant que tout semblait vrai alors qu'assurément, rien ne l'était, les plages telles que les décrivaient les romanciers n'ayant jamais existées puisque la planète entière était couverte de terres depuis la nuit des temps).

... tout ceci pouvant s'avérer au final n'être qu'invention - le paysage, on le voyait bien en s'en occupant d'un peu près, ayant été créé, peint, par quelque artiste hyper-réaliste oublié à présent de l'histoire des arts, de l'histoire tout court, et dont il ne restait plus que cela, une plage que l'on aurait bien été en peine de localiser, de retrouver où que ce soit en ce bas monde (plus que cela, quelques toiles trônant dans les salons ennuyeux ou les salles à manger sombres de notables provinciaux, ou pourrissant consciencieusement dans quelque grenier où, peut-être, un héritier en quête de bonne fortune les retrouverait un jour et, le coeur battant à la seule pensée d'avoir découvert quelque chef d'oeuvre inestimable, se précipiterait chez un marchand, un commissaire-priseur qui hausserait les épaules, rejetant par ce simple geste les espoirs de l'héritier, et le peintre, dans le grand rien du temps).