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En attendant, il fait toujours chaud. Des araignées nous mangent goulûment, laissent derrière leurs traces rouges qui sont autant d'impacts. Dans l'herbe sèche, quand on peut s'éloigner de la famille, des parents attentifs, on trouve des bêtes inconnues. Des choses invincibles que l'on ose même pas toucher. Un été très particulier, la terre se fendait tant qu'on y glissait nos bras complètement, avec ce frisson d'espérer, de craindre, ce qu'il pouvait y avoir de sauvage caché au fond du trou exploré à l'aveugle. Il n'y avait jamais rien. Nos mains ressortaient sales, intactes, presque déçues. Sous les sapins, des aiguilles brunissaient d'une chaleur indicible. Elles trouvaient dans nos sandalettes les failles pour chatouiller nos pieds, les couvrir d'une poussière qui était presque celle de la route, celle des hippies dont nous n'avions nulle connaissance et que nous aurions certainement vu comme de simples vagabonds si nous en avions croisé un, ce qui n'arrivait pas.