Révision de Les écorchés #5 du sam, 01/04/2020 - 11:12

" Il reste une porte encore qu'il faut franchir, derrière c'est la demeure des animaux, l'odeur est dense qui vous saute au visage sitôt les vantaux déverrouillés, poussés, et dans l'obscur à l'haleine forte on devine des ombres évanescentes quoi que bruyantes, à droite les lourdes silhouettes basses des porcs, peut-être deux ou trois à grogner là-dedans dans les froissements aigus que fait la paille jaune pendant qu'ils la piétinent allègrement, la fouaillent du groin, ils viennent se pousser devant l'auge couinant d'espérer la nourriture dont ils pensent, à tort, qu'on est porteur, au sol un seau rouge sale attend qui contient une bouillie mise à gonfler la veille, de l'eau, des épluchures, des grains laissés à tremper toute la nuit, les restes de repas raclés, tout ce qui passe, qu'ils mangeront... "