Usine d'étés #3

Il y aurait donc une nuit une aube et ce serait le premier jour dans cette usine grise rouge blanche cachée derrière ses cuves inox levées droites devant (on aurait dit des bases de fusées inachevées) dedans c'était du lait je l'apprendrais ensuite venu des campagnes alentours ramassé collecté par des camions se faufilant partout dans les chemins les brumes et puis les gars tirant leur tuyau gris jusque dedans les granges et les étables pour se brancher dessus les cuves à l'intérieur, on discutait le temps de tout vider, c'était vraiment facile comparé à l'avant où ils se coltinaient les bidons lourds inox toujours, ce métal est une glace, et moi débarquant là dans la cour parcourue par les trente-huit déboulant comme des fous, l'un d'eux c'était mon père et dans le garage là-bas il y avait un oncle aussi couché sous les moteurs, encore une affaire de famille mais cette fois, le propriétaire, je ne sais pas qui c'était , je ne l'ai jamais su, on commençait à s'éloigner, l'accueil a été vite plié, salut, voilà tes fringues et puis tes bottes, chope un casier par là, je t'attends tout de suite,  le gars était barbu, sympa comme une brique, le temps de passer tout ce blanc, blanc le pantalon le tee-shirt, blanc le calot pour les cheveux, et puis blanches les bottes,