Plis entre plis

La première fois je n’ai même pas passé la troisième page, le souffle me manquait et épuisé coureur aux jarrets morts j’ai lâché prise au beau milieu d'une phrase sans fin, j’ai reposé le livre, je suis sorti où dehors une nuit tombait sans bruit aucun, cette surprise qu'elle pouvait, on sentait l'eau autour qui respirait presque morte mais pas vraiment, c'était seulement une apparence qu'elle se donnait, elle savait bien quand il fallait manger les bords de l'île, ça arrivait, on voyait la ligne grise passer les traces laissées par ceux d'avant pour souvenir, crue de 19**, crue de 19**, à un moment il y avait les respirations suspendues, est-ce que ça continuerait, des gars venaient d'one ne sait où pour lever les panneaux qui vers là-bas bloquaient le déversoir, ça dégueulait, c'était l'endroit où des kayaks aussi parfois étaient à l'entraînement et plus rarement, compétitaient, tu parles d'un mot, je ne sais pas même s'il existe

Une première version de ce texte a été publiée
par l'Association des Lecteurs de Claude Simon
Merci à @cgenin pour l'invitation