Fossile

Daniel Bourrion à 14 mois

Il n'y a évidemment aucun souvenir de ça, je n'ai en dedans moi nulle trace de ce moment

Érosion #2

Il résulte de ça des galeries, des souterrains dedans nos têtes dont nous sommes bien seuls à avoir les clefs, les codes, le nécessaire pour en ouvrir les portes closes et même, tout simplement, pour nous y orienter, en trouver même l'entrée, ce sont des dérobées dessous de larges tentures ou de ces passages-là dissimulés derrière des meubles pivotants, de vraies cachettes qui ne sont que dans

Érosion

Ça a été des mains très douces et de ce prime abord on ne remarque donc rien : la tâche est lente évidemment mais continue et sans appel et sans nulle cesse avec même des revers comme si c'était possible, comme si parfois les choses pouvaient revenir à leur arrière et les ruisseaux couler un jour de vers leur source à nouveau.

Une sorte de journal — 14 mars 2015

D'abord un rien de terre épais comme une main et puis dessous cette tranche noire le jaune une glaise compacte plus que des pierres qui s'effritait sous les coups lourds secs de la bêche toute neuve ; à genoux dans l'herbe rase

Le bruit des escaliers

Nous allions de maison en maison et le monde sur le dos il nous fallait entrer, bousculer les silences, poser nos baluchons, nous assoir quelque part et souvent dans les coins où les parquets encore demeuraient lisses comme vierges.

Givre #3

Certaines années la neige venait haut comme cela.

Givre #2

Il arrivait plus bas que ça déborde les pluies plus haut venant étouffer les fossés les deux ruisseaux se croisant au milieu n'y pouvant mais avalaient tout ce qu'ils pouvaient et puis gonflés au trop dégueulaient finalement sur la plaine les prés à l'herbe grise ses brins couchés vautrés se voyant recouverts très vite d'une eau sale stagnante qui sourdait des tréfonds aussi remontant du dessou