Révision de Tombeau #5 du ven, 04/18/2014 - 14:42

Je ne retrouve quasi aucune trace de toi après la communale dans le grand brouet qu'est ma mémoire, le temps là-dedans trop liquide et dans lequel je cherche avec une fourchette de mots de quoi revenir vers le passé, m'en souvenir. Tu es pourtant forcément là dans ce collège minuscule : les choses sont faites ainsi que nos vies sont tuyaux dans lesquelles on s'engouffre et là, le tuyau de l'école, on ne s'en sort pas comme cela, on ne prend pas facilement la fuite, les allées buissonnières dont on devinait pourtant le débouché derrière les bâtiments dont la peau grise pelant semblait celle de vieux éléphants qui nous auraient avalés chaque matin, recrachés le soir à peine changés, lestés seulement, de mots, de ceux dont on se servirait plus tard, et maintenant encore, ils sont toujours les mêmes, ne s'usent pas, font bon emploi, me servent à donc parler de toi que je ne trouve pas dans le paysage de ce temps-là maintenant délavé, troué, bouffé aux mites dans les coins.

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