Grenade MK2

En attendant, Helmut aidait son père à relever le mur qui fermait le jardin. Sans qu'un signe prévienne, ils avaient retrouvé les pierres effondrées un matin. La terre avait bougé. Elle faisait cela parfois, glissant subrepticement. Poussant ce qui la retenait doucement, continument, sans faire de bruit, et sans jamais cesser ses efforts discrets. Qui finissaient systématiquement par avoir raison de la résistance des constructions que les hommes lui opposaient juchés sur leur propre entêtement le plus souvent déployé sur plusieurs générations. Dans la certitude illusoire, sans failles, qu'ils pouvaient vaincre. Retenir le temps comme les éléments ou tout ce qu'ils trouvaient autour d'eux depuis tant de milliers d'années qu'ils ne se souvenaient plus du commencement. Ce qui jamais n'adviendrait, mais n'empêchait pas qu'ils poursuivent, comme abrutis de leur suffisance d'humains. Répétant les mêmes gestes, ou presque, transmis.

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