Espoir détruit sans coup férir par l'aube. Par le quotidien que chaque famille trouvait devant sa porte dès cinq heures du matin. Déposé par une ombre invisible mais toujours présente laissant chaque jour, y compris le Dimanche, comme témoignage de son passage silencieux, les dernières nouvelles. Où celles qui importaient le plus étaient tout particulièrement la rubrique nécrologique, puis la liste des mariages ou des naissances. La mort, la vie. L'horoscope également, auquel personne ne croyait tout en y croyant dur comme fer. Enfin la météo, parce qu'un peuple de paysans veut toujours savoir ce qui lui tombera dessus. Ce matin-là, en Une, s'étalant avec l'absence de gêne de ces gens-là, tous trouvèrent, et nous avec, la tête qu'on ne voulait pas y voir. Et puisque c'était cette fois écrit sur du papier, loin des pixels, et que le journal l'affirmait, c'est donc que c'était vrai. Indiscutable. Le bol de chocolat en aurait un goût bien amer.