L'un d'eux, d'ailleurs, ayant pour spécialité, tout affolé, d'aller se mettre dans la mare dans le recoin d'un des vergers. Sautant là-dedans tête première. Puis remontant à la surface tout englué. Des herbes qui poussaient là-dedans, dans ce marasme. Sortes de nénuphars. De choses molles, presque toujours pourries. De lentilles d'eau lui faisant sur tout le visage une constellation verdâtre, on aurait dit une rougeole mais verte. Dont nous nous moquions copieusement. Cependant qu'il sortait, Vénus dégueulasse, hilare tout de même sous nos quolibets sans pitié. Et j'ai toujours pensé qu'il le faisait exprès pour faire son intéressant. Ce qu'il ne ferait pas longtemps. Quittant l'école sitôt ses seize années atteintes. Passant ensuite le reste de sa vie dans une maison délabrée. Là-bas, dans le hameau qu'on traverse vers l'est. Demeure triste, aux fenêtres branlantes. Où on le retrouva un jour, pile au matin, mort comme ce n'est même pas pensable. Juste endormi, et jamais réveillé. De ses narines, un peu de sang avait coulé.