Et puis, peut-être, piocher un peu dans les porte-monnaies de nos mères imprudentes. C'était toujours la même scène. la maison vide. Le calme. La tentation. Le porte-monnaie on sait où il se range. On s'en approche, tous les sens aux aguets. Dedans le ventre, on sent cette petite bête, mélange de crainte et d'une excitation dont on pourrait vite devenir dépendant. Dans le tiroir de la commode, c'est une bourse noire aux fermoirs argentés dont le centre est à peine replet. On pose sa main dessus, on tend l'oreille, on se saisit. On ouvre les mains tremblantes. Entre les plis, il n'y a pas grande fortune, quelques petits billets, des pièces. Un chapelet qui vient rappeler le péché. Du doigt, on touille tout ça, cette tentation encore. On réfléchit. Tout l'art est de prendre suffisamment pour que cela en vaille la peine. Pas trop, pour que le crime reste invisible, et donc à jamais impuni. Du moins sur cette terre puisque le chapelet nous a rappelé qu'on paiera tout ça plus tard, ailleurs. Dans un enfer où seule consolation, brûlera aussi le président au crâne lisse.