Écran, ainsi, qui s'éteindra en un bref flash sur ces scènes orgiaques dont nous, plus jeunes, nous régalions quand même un peu, il faut en faire l'aveu, il y a prescription. L'image se ramassant en un minuscule point blanc posé plein centre de l'espace gris bombé avant de se dissoudre lentement dans une forme de rien. Avec ce petit bruit de transistors se déchargeant que produisait toujours le téléviseur lorsque l'on appuyait sur le gros bouton à poussoir le faisant taire. Son immédiatement suivi du bruissement de l'électricité statique crépitant, semblant se rétracter, cesser ce qu'on pensait nous irradier — tout était décidément plus bruyant alors, lorsqu'on y pense. Qu'on revient par l'esprit dans cette époque maintenant tellement loin que tout s'y mélange peu à peu. Dans un brouet d'où émergent des oranges, des jaunes, des bruns, formant liés d'improbables motifs terriblement géométriques que l'on retrouve, parfois, aux murs. Cachés sous les couches de papiers peints venus depuis les recouvrir. Les protégeant. Les figeant tel que avec l'époque qui les a vu naître puis conquérir tout l'espace. Tels les chevelus qui, ce soir-là, dansaient sur les capots de leurs voitures garées dans le grand n'importe quoi de la soirée des résultats.