Il sut qu'elle était là bien avant qu'elle le sache arrivant. Depuis plusieurs centaines de mètres, d'infimes détails le prévenaient d'une présence continue. Posée. De quelqu'un respirant au proche. Des sentes à peine griffées dessus le sol trahissaient. Il distinguait des branches cassées. Un semblant d'ordre dans le chaos de la planète. Une grammaire des fourrés disparue par ailleurs. Le chien aussi semblait en pleine alerte, la truffe frénétique. Dans tous cela, aucune menace ne semblait apparaître mais cela ne voulait rien dire. Plus maintenant. Plus dans ce monde-là où la pire des menaces pouvait être de demeurer vivant après avoir été victime d'une attaque. Il étudia le vent pour se couper de lui, ne pas être trahi par son odeur portée. Il ralentit son pas, allant jusqu'à devenir un immobile. Un arbre. Un roc. Ses yeux voyaient plus loin qu'ils ne le pouvaient réellement. Son approche était une prudence, et une menace. Le chien, de son côté, semblait avoir saisi qu'un risque pouvait être dissimulé dans ce possible espoir d'une rencontre. L'agitation qui était son identité semblait évaporée. Les deux, ainsi, étaient devenus des chasseurs. Synchronisés.