"Nous avons tous été adolescents, mais toutes les adolescences ne se ressemblent pas. Celle que je veux évoquer dans J'ai été Robert Smith est celle des jeunes ruraux de la fin des années 1980 qui, loin des villes, des facilités que ces dernières peuvent apporter pour passer cette période délicate de nos vies, doivent composer avec un environnement un peu particulier.

Un environnement où l'on se réfère, comme tout adolescent, à des modèles dont les modes de vie affichés sont presque totalement opposés au quotidien dans lequel on évolue en réalité. Un environnement où l'on écoute The Cure en nettoyant les cochons. Où l'on va boire un verre, un soir, avec ses amis, dans une voiture qui, quelques heures auparavant, a servi au transport d'un bouc dont on sait les effluves. Un environnement où tout est compliqué, au moment où tout est compliqué.

L'histoire de J'ai été Robert Smith est la mienne, quasi intégralement. Elle raconte comment un jeune de 17 ou 18 ans tente de gérer ses échecs scolaires, son mal-être, sa timidité quasi maladive, sa quête de quelque chose dont il ne sait pas ce que c'est et qui pourrait s'avérer constituer finalement une identité. Comment il décide, un peu par bravade, un peu pour être, de passer un soir de bal le costume trop grand d'une pop-star planétaire. Et comment, évidemment, il ne parvient à rien, qu'à endosser le rôle de l'idiot un peu pathétique dont les lendemains seront toujours les mêmes.

Ce pourrait être triste, c'est en fait doux-amer. Parce qu'au final, tout le monde trouve qui il est, peu ou prou, même quand il n'est pas, de fait, Robert Smith."



Extrait de la note d'intention
"J'ai été Robert Smith" — un scénario
inspiré par le récit éponyme.