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" Il y a de ces machines qu'on peut examiner des heures, statiques, sans réellement comprendre à quoi elles servent, leurs rouages, les articulations, manches, axes, roulements, ne faisant sens qu'une fois un mouvement les prenant et révélant une fonction qui jusque là échappait à l'esprit bien qu'on tente de remonter le fil, avoir une illumination en se fondant sur ce qu'on a pu croiser ailleurs, sur d'autres, dans d'autres lieux, d'autres contextes, et celle-là entrait dans la catégorie des mystérieuses avec ses quatre pieds de bois, cette base carrée de poutrelles soudées, cet entonnoir à demi sectionné par une roue qu'on sentait lourde, armée d'une collection de dents, c'est le seul terme qui convienne, se répartissant, s'alignant en rayons autour du moyeu central, la roue finalement se manœuvrant depuis une manivelle de métal également, adoucie seulement d'un manche de bois, on y posait les mains et le premier effort, celui qu'il fallait faire pour déclencher le mouvement, nous faisait gonfler les veines du cou, était de ceux qu'on s'imagine qu'il faut produire pour démarrer le monde, lui donner l'impulsion chaque jour nécessaire afin qu'il se mette à bouger... "