Usine d'étés #5

Onglets principaux

La suite est en deux temps : le lourd bidon s'en va tout droit montant une petite pente en haut est attrapé et vlan renversé d'un seul coup par une mécanique qui fiche tout le caillé dedans le mélange gras et le petit-lait dans les moules dessous grands larges rectangles métal dessus usés il y a des ronds de plastique blanc j'y reviendrai qui partent sur la droite un autre morceau de la chaîne et pour le moule maintenant vide il se fait avaler par une laveuse suant de toutes parts on entend juste un bruit d'eau folle ça gicle hors regards et puis au bout ça fait au pif quoi cinq ou dix mètres le bidon sort juste à côté de la rampe où tu l'as posé auparavant enfin pas le même l'un de ceux d'avant tu as compris c'est une boucle et toi maintenant ton sulky vide tu recules emmanche le bidon tout lavé et puis tu vas de l'autre côté de la pièce où maintenant on range les vides rangées de dix dans pas longtemps elles seront pleines le gars déjà avec son tuyau qui pend du plafond attend c'est une boucle, tu imagines, la boucle du plein, celle du vide, les bidons pleins, les bidons vides, et ta sueur qui dégouline, ça dure des heures, je me souviens, nous marchions tant que j'en avais l'entrejambe à vif, cet été-là, ma peau pelait et j'étais pris dans une ronde, des heures durant, pièce de la chaîne.

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