Mille barrages

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On lèverait mille barrages, on ferait feu de tout, on entasserait autour de nous tous les moellons, des murs immenses, ce qu'on trouverait, ce qu'on pourrait mettre entre nous et la marée grasse du bitume, on lutterait toutes les nuits dans l'espoir vain que ça s'assèche, que le silence arrive avec l'aube, qu'enfin toutes ces voix se taisent qui du dedans nous étouffaient si nous ne les extirpions pas, si nous n'allions pas aux limites y écrire quelque chose, des phrases vaines, des choses sans sens, l'ondulation que ça faisait à chaque instant sous nos peaux mortes et déchirées, en somme cela : le babil venu de la langue continuant de s'étourdir de lui-même, derviche tourneur.