De guerre lasse

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... que de guerre lasse, nous finirions par prendre le dernier métro pour aller jusqu'au dernier arrêt, passer l'ultime portillon, remonter à la surface, prendre tout droit et puis marcher, marcher à s'en faire saigner les pieds, retrouvant là nos corps et leurs douleurs primitives, celles que connaissaient déjà les premiers hommes - il y aurait la ville et puis de moins en moins et puis plus rien que le monde que nous avions tenté d'oublier et qui attendait, dehors, que nous sortions, que nous marchions (derrière, on s'étonnerait d'abord de notre absence, et puis de moins en moins, et puis mais plus du tout, et nous toujours marchant, nous serions arrivés là où personne ne va jamais, à l'autre bout de nous).