Bascule
Dire que j'ai la conviction qu'une bascule définitive va se produire incessamment dans le domaine du livre, sur le même modèle que celui déjà joué dans le domaine de la musique quand les supports physiques ont été remplacés quasiment totalement et en très peu de temps par les fichiers "immatériels" ;
Dire que cette bascule n'est qu'une question de mois, d'une paire d'années au plus ;
Dire qu'elle dépend du moment où le taux d'équipement en outils de lecture numérique (tablettes, livrels, ce que vous voulez) aura atteint une masse critique qui entraînera les modèles de production et de diffusion de la littérature sur le versant numérique, ce même moment étant aussi celui où les lecteurs comprendront que le support ne change pas grand chose au fond dans leur plaisir de lecture (voire l'augmente dans le cas du numérique) et que c'est cela qui leur importe ;
Dire que tout absolument me semble confirmer cela, y compris les choses qu'on peut voir et qui me paraissent, dans leur tentative desespérée et étrange (imaginez chez un "disquaire" des pochettes 33 tours factices...) de continuer à faire durer un modèle condamné, autant de signes de la mort annoncée d'un support physique (entendez, le papier) qui n'aura plus bientôt de sens que dans des cas très particuliers (je pense à des niches telles que l'édition jeunesse, le livre d'art, l'adulation d'un auteur et son corollaire, la collectionnite) ;
Dire que la période de transition, en attendant, est manifeste - mais transitoire ;
Dire à quel point c'est étrange d'avoir à dire cela, parce que c'est de l'ordre de l'évidence absolue.









Commentaires
évidences et intentionnalité
oui pour l'absolu et l'irréversible, mais ça ne nous débarrasse pas d'uen tâche intentionnelle et volontaire
non pas les fausses couvs de faux livres dans les librairies, mais une qui donnerait accès à la série des "D'Ici Là" , ou à 1 mois d'accès streaming ?
la question évidemment c'est que l'accès au livre num ne se fait pas librairie Brick&Mortar -> web, mais direct de web à web et notre tâche c'est plutôt de dire : dans la masse accessible et libre du web, arrachez-vous pour aller lire des sites qui sont plus exigeants et intenses, et idem pour le livre numérique : dans les blogs de nous tous, indiquer ressources qui gardent spécificité de consultation sur tablette ou autre ergonomie ordi
à Rennes et Poitiers (bibs mun) ils ont fait des "fantômes" des titres publie.net insérés dans les rayons avec la IV de couv et le repère pour le retrouver sur les ordis
suis de plus en plus réticent à toute démarche marketing, ou basée sur l'idée d'augmenter recettes etc, et confiance dans le fait que ceux qui achètent Kobo ou Kindle ou tablettes auront envie d'aller voir d'un peu plus près des ressources plus élaborées, qui leur font plus confiance en tant que lecteur
mais c'est inépuisable ces façons d'emprunter aux schémas anciens des idées et formes pour implanter le nouveau, même l'icône Pages avec une bouteille d'encre et un porte-plume
dans cette vidéo avec "faux livres" sur présentoir luxe, la limite c'est qu'ils ne peuvent que reproduire le système dans ses usages dominants : du Dan Brown, du livre à l'unité avec un prix (incluant emballage et marge commerçant) basé sur l'ancien truc - et en même temps le QR code qui suppose que le client, même dans la librairie B&M, est un pro de la manip d'appareils connectés, donc qui peut et sait très bien accéder aux livres directement
http://www.enthrill.com/edistribution/video-presentation
sans doute que le seul point lourd de changement en ce moment, c'est que tous les nouveaux appareils vendus, iPad, Kobo, Odyssey, Kindle, incluent accès "one clic" à une librairie particulière (mais globalement le catalogue est commun), et donc induisant pour nous un effet longue traîne sur nos textes pointus, même si ça me fait marrer triste de constater que tous ceux (même les proches) qui achètent Kobo ou autre vont d'abord charger du consensuel qui "fait livre" et donc même daube qui se vend partout
bof, oublions, faisons ce qu'on a à faire comme si on le faisait strictement pour nous-mêmes - et c'est déjà pas si mal, pour attaquer la 4ème année :-)
fantôme
(fantômes, fantôme de la littérature, que j'ai envie de dire - quelque chose qui interroge dans ça, mais je ne sais pas quoi : mettre des objets comme portes d'entrée à des textes qui ne sont plus physiques) ;
Sinon, mêmes problématiques que celles qu'on a depuis un moment dans la documentation électronique, qui apparaissent maintenant autour de la littérature en support numérique : comment gérer la masse, le flux, et comment faire émerger ?
Pas de réponses de mon côté, mais impression quand même que c'est le bouche à oreilles ou maintenant, le souris à souris, qui reste une piste - sociabilités.
La question étant alors du comment on oppose à la masse du facile, le moins facile (on peut lire l'un ou l'autre, hein, mais les deux c'est plus savoureux).
Transition
Fantômes eux-mêmes simplement transitoires - espèrent accélérer passage et augmentation de la masse critique...
Fantômes font le lien.
(M'sieur)Yann.