Même pas une note liminaire pas une explication rien de tout ça pas une trace il avait plu mais tout le jour et sous ta robe de capucin tu tentais de trouver quelque logique dans le monde de dieu quelque ligne logique dans cette mare d’incohérence dans le livre la bible qui ne quittait jamais tes mains mais noyé de tout ça de la douleur des averses tu te disais qu’une trépanation aurait été de tes souhaits – oublier ça t’oublier toi l’oublier lui, enfin.
Mots
20
Oct 09
Nos mots (8)
18
Oct 09
Ceux de Nos mots (7)
Ceux qui ont face de chien, et grimaçante, que l’on croise dans la rue sans s’y attendre ; ceux qui portent des boots (ce sont des autres) ; ceux qui rêvent d’être des autres, et sont celui ou celle qu’ils sont, et ce sera toujours ainsi ; ceux qui font le tour de la ville, le tour de l’arc de triomphe, le tour de tout, et qui oublient, mais à jamais, de faire le tour d’eux ; ceux qui portent un angor au lieu du coeur, qui se rappelle à eux, qui leur rappelle cette souffrance d’eux ; ceux qui marchent et l’on dirait qu’ils courent ; ceux qui regardent le soleil se glisser entre les feuilles, et qui voudraient que ça s’arrête ; ceux qui font mystère de pollinisation ; ceux qui vont acheter du pain pour préparer la table, mais personne ne s’assoit ; ceux qui respirent dans les à-coups d’eux-mêmes ; ceux qui écrivent de crainte de trouver le bon mot.
7
Oct 09
Nos mots (6)
4
Oct 09
Nos mots (5)
29
Sep 09
Chamane
Alors laisser venir monter gonfler une sorte de mélopée une sorte de pulsation et ne pas craindre sa propre faiblesse sa pauvre et si commune comment dire vulnérabilité ne pas laisser autour de soi monter ses murs ses frontières ses enceintes ne pas vivre cela comme une maudite solitude une insularité de punition nous dans nous-mêmes quoi enfermés confits quoi enkystés à vivre de chiches vies de chiches rêves de chiches espoirs jeter tout ça et cul par-dessus tête cracher à l’horizon aller en pleine mer en pleine terre pour y chercher d’autres nous-mêmes et d’autres réellement autres réellement autres que nous qui nous diraient ce que nous savions tous ce que nous ne savions même plus que nous sommes seulement nos passagers et clandestins encore – sans images sans espoirs que ferons-nous de nous à nous-mêmes amarrés ?
27
Sep 09
Nos Mots (4)
26
Sep 09
Nos mots (3)
Palimpseste de la nuit son insomnie qui ne sert donc qu’à ça installer ta dérive te faire te perdre dans une carte n’existant pas secrète géographie de toi où tu demeures perdu errant rêvant à quoi des ailleurs inconnus des terres distantes de toi des oiseaux sans regards tichodromes d’arc-en-ciel et puis leurs vols rasants dans la lâcheté du crépuscule la fuite du jour las à moins que ce ne soit l’aube déjà pour toi tu ne sais plus dans quel infime repli du temps tu es roulé dans quel linceul tu attends patient la levée des absences.
25
Sep 09
Nos mots (2)
Decrescendo toi parcourant ta nuit la nuit qui est en toi depuis l’enfance sans que tu saches ce qui alimente ça ce drapé là cette langueur de toi ce qui dedans persiste à te tenir vacant et vain et immobile balbutiant dans le silence la syncope des jours ceci trouvé dans le grenier que tu transportes vieilles images vieilles revues lettres jamais ouvertes et toutes ces choses et tous ces signes qui témoignent du temps mieux où tu n’étais même pas encore pensé même pas rêvé tranquille au moins – même pas vivant même pas mort, tranquille.
24
Sep 09
Nos mots (1)
Alors ouvrant la porte ce qui est arrivé était escadre essaim quoi quelque chose comme des guêpes une nuée mais de leurs mots et pas des miens pas encore des miens et il fallait dedans lutter contre une sorte de désordre qu’ils m’amenaient une sorte de chaos celui de leur vocabulaire à moi presque étranger enfin lointain et peu à peu entrer dedans et à pas lents avec ces gestes prudents que nous prenions jadis pour explorer les bois ne pas nous faire prendre pas nous faire piéger mais il n’y avait pas ce risque nulle mâchoire pour se fermer nulle nasse pour nous saisir seulement ça le babil de nos mots soudain poussés à la rencontre.