Fronce


11
Mar 10

Pareil à toi (pli)

Pareil à toi le vent qui tombe d’escarcelles trace devant ces minuscules cheminements ces comment dire sentes à revers ces mystérieuses clairières mais sombres qui comme tu marches à quelques pas (et même parfois tu as l’impression brève de t’être perdu et puis chaque fois tu te retrouves tu retrouves foi) juste devant ouvrent ta voie.


10
Sep 09

Replis (4)

Paroles de nos paumes mais elles dans nos bagages à attendre je ne sais quelle étape sans nom dans ces villes comme vides comme laissées au passé en une sorte de gage et toujours y restant dans le bruit des fontaines et les parfums-tilleuls le long des promenades où passent encore parfois quelques ombres en chapeau, sortes de redingotes, les fantômes de ceux qui longtemps se couchèrent de bonne heure, de bonne heure.


2
Jun 09

Replis (3)

nos souvenirs à peine morts à peine froids que nous trouvions à chaque éveil autour de nous couchés là étendus là tels animaux petites bêtes mortes tuées par quoi le vent le froid les charges du temps que nous touchions du bout des doigts dans l’espoir vain de sentir ressentir quelque chose comme un sentiment le pincement d’un bref regret mais rien rien là-dedans au lieu du coeur au lieu de l’âme rien que le vent que nous devinions le long de la plaine la plaine rude la plaine sèche une sorte de steppe à peine verte à peine grise et décapée de saisons vives de ces tempêtes qui épuisaient même les rochers et aussi nous et surtout nous recroquevillés dans ces masures dans ces maisons jetées semées là sur cette terre où nous n’étions que vagues ombres cauchemars sans doute souvenirs morts.


28
May 09

Replis (2)

au loin derrière les hautes fenêtres après la plage on distinguait de gigantesques insectes des animaux dont nous devinions dans l’éclat du soleil ras les silhouettes décharnées la trame métallique les ongles immenses et ces cous longs pointés vers nous et toujours un enfant pour dire ils nous ont vus ils nous regardent et nous adultes nous en riions sans nous défaire pourtant de l’illusion que là de l’autre côté de l’estuaire quelque monde magique était encore possible quelque rêve devenu vrai mais quoi quel secret quand là au loin derrière les hautes fenêtres ce n’était que les grues énormes d’un port jamais vu où nous ne débarquâmes jamais pour qu’il puisse demeurer toujours une île pour nos rêves.


27
Apr 09

Replis (1)

un monde parfait et pas un bruit et pas un seul malade et pas de mort et rien qui puisse nous effrayer non rien du moins en apparence même si dessous dessous cela et dessous nous ça bougeait ça grouillait ça remuait dans les mondes du bas dans les mondes dessous où nous n’osions aller ne pouvions pas aller tous ces lieux là emplis de quoi nous ne pouvions ne voulions pas savoir emplis de choses noires de choses molles de liquides suintants mais quoi mais qui était-ce mais qui étaient ces ombres qui nous hantaient que nous tentions de maintenir derrière le monde lisse de nos jours derrière ces écrans que nous maintenions à grands renforts de gestes de mots d’agitation alors qu’en fait allons nous savions tous que le vrai monde était ailleurs dans les minuscules interstices de nos éclats dans les craquements les escarbilles de l’aube.