Pareil à toi le vent qui tombe d’escarcelles trace devant ces minuscules cheminements ces comment dire sentes à revers ces mystérieuses clairières mais sombres qui comme tu marches ouvrent ta voie.
Dépliement
19
Jan 10
Loire V
Quelque chose comme passer le fleuve le long du chemin grandissaient les jambes d’acier des grues des hommes pendant qu’en bas et jusqu’au ventre de l’horizon fondait une langue grise celle de l’eau celle du temps et nos regards qui portaient loin cherchaient nos traces celles laissées par ceux d’avant de part et d’autre de nos rives c’était nos rêves tels navires sans cesse poussés et là ce qui comptait n’était pas l’océan dont nous savions qu’il arrivait mais ce que nous pouvions cueillir recueillir au fil de l’eau le long des terres mais ce que nous pouvions voir passer et qui nous regardait passer ombres de l’aube de celles qui ont apparences de fantômes de spectres que l’on devine se faufilant entre les rideaux des haleines du courant de la bête de la puissante bête qu’est cette chose jamais domptée jamais tenue et dont on sentait bien à s’y laisser porter qu’elle ne nous y laissait que par mansuétude et puis aussi pour s’amuser de nous marins d’eau douce partis à la conquête de nous seulement ça – nos enfances étaient d’îles alors partir et les chercher et les voir arriver se découvrir de leurs linges timides les voir émerger presque comme à regrets juste au-dessus de l’eau les voir devenir moins floues à mesure que nous les touchions doucement les abordions avec ce sentiment d’aller trop loin de prendre risque de briser quelque chose leur solitude la solitude des îles ce qui explique que souvent et malgré tout malgré ce que nous portions de désir nous n’abordions même pas ne les abordions pas restions passions à belle distance manière de les laisser dans l’abandon de leur présence manière aussi de nous laisser nos chances de pouvoir demeurer dans notre si longue et si douce quête (et ce n’était pas les moins braves qui longtemps restaient là à la poupe de nous à regarder s’effacer ces terres basses à les laisser comme se gommer elles-mêmes – personne alors pour leur parler les consoler puisqu’il aurait fallu les consoler d’eux-mêmes) et puis quoi avancer dériver des jours durant il suffisait de se laisser porter le courant se chargeait de tout peu à peu les bords reculaient nous ne les devinions quasiment plus ou alors à grand peine et nous ne faisions plus efforts nos regards n’allaient plus à la rencontre de la terre mais droit devant vers le venant des jours durant s’user les yeux attendre attendre des traces blanches sur les nuages nous laissaient présager dormir était devenu presque impossible nous sentions bien que ça s’accélérait que ça allait plus vide dessous et puis dedans ne pas lutter ne même pas résister nous devions à présent ne plus avoir figure humaine mais naufragée peu importait personne pour nous voir et c’était bien l’un de nos buts l’autre arrivant comme cela en pleine pliure de l’aube un jour où nous venions seulement de reprendre conversation arrivant comme cela inattendu dans sa ruée bousculant tout et sans douceur bousculant tout et du monde jetant à bas toute limite et nous enfin barre droit devant comme éperdus et disparus touchant à lui et n’y croyant même pas encore et y sombrant et corps et âme mais d’âme nous n’avions plus ou alors à sa seule taille – océan-là, nos retrouvailles.
18
Jan 10
Loire IV
Quelque chose comme passer le fleuve le long du chemin grandissaient les jambes d’acier des grues des hommes pendant qu’en bas et jusqu’au ventre de l’horizon fondait une langue grise celle de l’eau celle du temps et nos regards qui portaient loin cherchaient nos traces celles laissées par ceux d’avant de part et d’autre de nos rives c’était nos rêves tels navires sans cesse poussés et là ce qui comptait n’était pas l’océan dont nous savions qu’il arrivait mais ce que nous pouvions cueillir recueillir au fil de l’eau le long des terres mais ce que nous pouvions voir passer et qui nous regardait passer ombres de l’aube de celles qui ont apparences de fantômes de spectres que l’on devine se faufilant entre les rideaux des haleines du courant de la bête de la puissante bête qu’est cette chose jamais domptée jamais tenue et dont on sentait bien à s’y laisser porter qu’elle ne nous y laissait que par mansuétude et puis aussi pour s’amuser de nous marins d’eau douce partis à la conquête de nous seulement ça – nos enfances étaient d’îles alors partir et les chercher et les voir arriver se découvrir de leurs linges timides les voir émerger presque comme à regrets juste au-dessus de l’eau les voir devenir moins floues à mesure que nous les touchions doucement les abordions avec ce sentiment d’aller trop loin de prendre risque de briser quelque chose leur solitude la solitude des îles ce qui explique que souvent et malgré tout malgré ce que nous portions de désir nous n’abordions même pas ne les abordions pas restions passions à belle distance manière de les laisser dans l’abandon de leur présence manière aussi de nous laisser nos chances de pouvoir demeurer dans notre si longue et si douce quête (et ce n’était pas les moins braves qui longtemps restaient là à la poupe de nous à regarder s’effacer ces terres basses à les laisser comme se gommer elles-mêmes – personne alors pour leur parler les consoler puisqu’il aurait fallu les consoler d’eux-mêmes) et puis quoi avancer dériver des jours durant il suffisait de se laisser porter le courant se chargeait de tout peu à peu les bords reculaient nous ne les devinions quasiment plus ou alors à grand peine et nous ne faisions plus efforts nos regards n’allaient plus à la rencontre de la terre mais droit devant vers le venant des jours durant s’user les yeux attendre attendre des traces blanches sur les nuages nous laissaient présager dormir était devenu presque impossible nous sentions bien que ça s’accélérait que ça allait plus vide dessous et puis dedans ne pas lutter ne même pas résister nous devions à présent ne plus avoir figure humaine mais naufragée peu importait personne pour nous voir et c’était bien l’un de nos buts.
16
Jan 10
Loire III
Quelque chose comme passer le fleuve le long du chemin grandissaient les jambes d’acier des grues des hommes pendant qu’en bas et jusqu’au ventre de l’horizon fondait une langue grise celle de l’eau celle du temps et nos regards qui portaient loin cherchaient nos traces celles laissées par ceux d’avant de part et d’autre de nos rives c’était nos rêves tels navires sans cesse poussés et là ce qui comptait n’était pas l’océan dont nous savions qu’il arrivait mais ce que nous pouvions cueillir recueillir au fil de l’eau le long des terres mais ce que nous pouvions voir passer et qui nous regardait passer ombres de l’aube de celles qui ont apparences de fantômes de spectres que l’on devine se faufilant entre les rideaux des haleines du courant de la bête de la puissante bête qu’est cette chose jamais domptée jamais tenue et dont on sentait bien à s’y laisser porter qu’elle ne nous y laissait que par mansuétude et puis aussi pour s’amuser de nous marins d’eau douce partis à la conquête de nous seulement ça – nos enfances étaient d’îles alors partir et les chercher et les voir arriver se découvrir de leurs linges timides les voir émerger presque comme à regrets juste au-dessus de l’eau les voir devenir moins floues à mesure que nous les touchions doucement les abordions avec ce sentiment d’aller trop loin de prendre risque de briser quelque chose leur solitude la solitude des îles ce qui explique que souvent et malgré tout malgré ce que nous portions de désir nous n’abordions même pas ne les abordions pas restions passions à belle distance manière de les laisser dans l’abandon de leur présence manière aussi de nous laisser nos chances de pouvoir demeurer dans notre si longue et si douce quête (et ce n’était pas les moins braves qui longtemps restaient là à la poupe de nous à regarder s’effacer ces terres basses à les laisser comme se gommer elles-mêmes – personne alors pour leur parler les consoler puisqu’il aurait fallu les consoler d’eux-mêmes).
15
Jan 10
Loire II
Quelque chose comme passer le fleuve le long du chemin grandissaient les jambes d’acier des grues des hommes pendant qu’en bas et jusqu’au ventre de l’horizon fondait une langue grise celle de l’eau celle du temps et nos regards qui portaient loin cherchaient nos traces celles laissées par ceux d’avant de part et d’autre de nos rives c’était nos rêves tels navires sans cesse poussés et là ce qui comptait n’était pas l’océan dont nous savions qu’il arrivait mais ce que nous pouvions cueillir recueillir au fil de l’eau le long des terres mais ce que nous pouvions voir passer et qui nous regardait passer ombres de l’aube de celles qui ont apparences de fantômes de spectres que l’on devine se faufilant entre les rideaux des haleines du courant de la bête de la puissante bête qu’est cette chose jamais domptée jamais tenue et dont on sentait bien à s’y laisser porter qu’elle ne nous y laissait que par mansuétude et puis aussi pour s’amuser de nous marins d’eau douce partis à la conquête de nous seulement ça – nos enfances étaient d’îles alors partir et les chercher.
5
Nov 09
Immobiles (21)
Lance du jour comme tu vas là où personne n’ose se rendre là où personne ne respire dans ce monde-là fait de tes mots et puis de ceux laissés avant par ceux d’avant ceux qui parlaient une autre langue ceux qui des livres ont fait des livres et puis des mondes et puis des contes et puis des vies et qui à force se sont perdus dans les méandres – ce monde-là est sans issue, mais c’est le seul.
5
Sep 09
Immobiles (18)
Outils à mémoires de nous, de ceux passés, sur l’établi laissés, en nos mains réveillés, paroles de nos paumes, à peaux même conversées, et que nous tutoyons pour n’être pas muets, nous qui de nos chemins, n’avons aucune carte.
3
Sep 09
Immobiles (17)
Lavande sur nos chemins drapant les morts comme leurs destins et ce qu’ils furent avant de naître dans nos mémoires dans nos imaginaires dans ce que nous reconstruisons de chacun d’eux à partir de rien des mots des images des chansons qui dorment sur de vieilles bobines où nous parlons aussi destinés également à n’être plus que ça des voix comme ouatées amoncelées enfoncées trop profond dans le ventre du temps pour être encore comprises et flottant là dans des sortes d’interstices – la faille des jours, cette secrète faiblesse que l’on ne peut réellement voir qu’en oubliant que la nuit vient avec son semis de vertiges.
24
Aug 09
Immobiles (16)
Dans la brume des morts oeuvrer et à mains nues creuser dans nous dans ce qu’ils laissent de nous laissent d’eux en dedans nous et en dedans nos murs nos maisons nos armoires nos livres nos rêves-cauchemars nos silences immobiles nos étés de fortune nos gestes retenus nos années défilées tout ce temps malmené les jours que nous passons à ne pas savoir quoi faire pas savoir quoi faire d’eux là autour encombrants à nous regarder tenter de les oublier tenter de vivre seulement tenter vivre seulement pendant qu’ils vaquent à leurs vaines occupations et comme les nôtres – tentation du silence.
8
Jul 09
Immobiles (15)
Et dans le haut silence la trace effacée de nous tous ce bref sillon cette saignée à même la terre cette coupure que nous faisions ou nous ou d’autres nos pères nos frères sur le ventre le dos de la colline patiemment très lentement à pas de bœufs à pas d’humains à pas de riens sous le soleil voilé de nos sueurs coulées depuis nos fronts sur chaque motte chaque caillou chacune des bornes qui du monde clos marquaient limites les nôtres celles des autres dans la lutte fraternelle la lutte mortelle que nous menions les uns les autres aux uns aux autres depuis le temps depuis le premier jour le premier jour du temps depuis avant sans doute depuis le premier mot la première esquisse de nous.
28
Jun 09
Immobiles (14)
Icône de riens tuée de nous comme lapidée de nos amours comme lacérée de nos regards de nous toujours là à te suivre toujours là à te rêver à reconstruire chaque geste et mot chaque jour que tu tentes de faire d’extraire de la même gangue que nous mais toi porté mais toi haussé jusqu’à la vie la vie rêvée celle des anges celle des autres qui sur les nôtres la même que toi jette son voile pose un linceul le drap sans plis où nous cachons où nous taisons ce qui n’a nul n’a nul nom ce qui n’est que nos âmes et elles perdues à vagues à chants fermés la trace des morts leurs visages morts et dilués, leurs visages morts.
21
Jun 09
Immobiles (13)
Héritages de nos morts, de veilles et de jachères, de chants et de terres mortes, de bois et de futaies, de rien et puis de nous, nous las au bord de nous, patients et comme mourants, vagabonds de nous-mêmes, cheminots du silence, laboureurs des collines, et sans grades et sans mains, sans histoire non plus, sans visages non plus, sans corps plus que la pierre, sans os et sans douleurs, héritiers de nos morts, enfants à fausses figures, fientes d’entre les fientes, notre attente nous honore, et notre quête aussi, que nous menons sans cesse, à rebours de vous, qui là sans nous croiser, nous regardent quand même.
16
Jun 09
Immobiles (12)
Visages visages et traces d’eux que l’on oublie et ça coulant de nous nous échappant suintant de nos peaux de nos doigts de nos bouches fermées serrées pourtant serrées tellement nous échappant alors tant que nous tentons mais tout mais l’impossible pour ne pas oublier pour ne pas les laisser tous ces visages tous les visages que nous avons aimés pour essayer de les garder nous tentons tout et jusqu’à graver sur nos peaux cela leurs traits leurs mots leurs rires mais rien n’y fait non rien n’y fait et l’on oublie et peu à peu l’on oublie tout et même nous et jusqu’à nous dans la promenade de nous le long de la jetée le long de nous le long du vent.
8
Jun 09
Immobiles (11)
Poivre des murailles amoncelé et puis derrière quoi le silence des cours derrière ces murets le silence de mes rêves construits de rien contruits de vous et puis d’images glânées empilées entassées dans des besaces rêvées dans des grands sacs dans de grandes poches dans tout ce qui dedans au-dedans moi peut contenir traces reflets éclats du monde et qu’à remplir je passe mon temps je perds mon temps et dedans quoi je fouille à pleines mains à m’en crever le ventre et l’âme et jusqu’au fond les coudes avec pour trouver quoi retrouver quoi quelque chose de moi dont je ne sais mais rien alors rien et c’est toujours il y a toujours un bref instant cette seconde où de la paume on touche on pense toucher au but avoir trouvé alors on serre et tous ses doigts de toutes ses forces et l’on remonte on retourne à sa propre surface et là revenu et même sans souffle on se regarde on regarde ce qui des tréfonds est remonté et c’est toujours et c’est toujours la même chose cet indicible ce qui pourrait si l’on osait devenir soi.
4
Jun 09
Immobiles (10)
Cent pies et dessous l’arbre vigie, toute ma vie et là-bas attablés les rires et les sourires et comme une fête se déroulant et tout autour de la table les chants les roucoulements une danse sur l’herbe et les verres qui chantent et nos jours qui passent et blanches robes blanches et à l’écorce gravés initiales muettes et plus là-bas encore les enfants qui déroulent autant de légendes que possible et plus là-bas encore le roc de mon refuge et plus là-bas encore ce qui retient la terre et plus là-bas encore plus rien vraiment plus rien comme nous rions de nous de tout et moi vous regardant et ne vivant jamais que dans votre présence un geste inattendu ce qui me lie à moi et m’éloigne de vous.
30
May 09
Immobiles (9)
Mémoires traversées des douleurs blanches les blouses des aidants de ceux nommés soignants et eux qui donc les soigne qui donc leur tient la main dans tout l’espace c’était le vert des pelouses et les blanches corolles et toi traversant tout cela comme pour y échapper en ressortir de l’autre côté intact vivant presque éternel et à main gauche laisser la creuse chapelle où tu ne voulais pas entrer pas pénétrer pas te glisser après avoir poussé la porte t’être mussé dessus un banc dans le silence qu’aurais-tu fait à ne trouver personne à qui parler sinon le vide et à main droite la chambre mortuaire la chambre vide puisque les morts en sont sortis et se promènent avec toi et puis le jour et puis la nuit patients passagers même pas clandestins juste présents sereins à te sourire de temps à autre glissait là-dedans ceux qui souffraient non pas les morts mais les vivants ceux encore vivants et tu voyais ce qu’ils portaient sur leurs épaules de cris de peurs de terribles douleurs et tout cela n’était pas lourd mais bien pire que cela finalement c’est un vertige qui est venu et tout le long de ce grand mur tu as fixé le poivre des murailles qui accroché disait que rien n’était bien grave la vérité c’est que de tout tu te souviens et par-dessus surtout le sourire des enfants le sourire des sursis.
24
May 09
Immobiles (8)
Replis sur soie replis de nous pliant ployant sous ce qui est de nous quoi oripeaux nippes robes usées et dans les plis encore toujours nos souvenirs à peine morts à peine froids et puis nos vies ce qu’il demeure d’elles ce qui hante chaque jour chaque heure de nos jours et pas à pas nos éloignements la distance que nous construisons à renforts de mots de phrases dépliées qui tout autour font protection forteresse digue à la mer à l’amer s’opposant et même si dehors se bousculent printemps et la langueur de nos festins infimes ces trilles d’alouettes.
21
May 09
Immobiles (7)
De nous éteindre toute lueur et tout regard et tout espoir et la plus infime des traces de nous et tout souvenir et puis tout nom et puis tous nos objets et nos maisons et nos amis et nos amours et nos enfants ceux qui naquirent et ceux qui ne naquirent pas qui demeurèrent imaginés rêvés et nos promenades et nos éclats de rire et nos coups de colère et nos sourires et nos tendres nos gestes tendres et nos amours et tous nos morts et toutes les fêtes que nous fîmes avec eux et sans eux et ce n’était plus les mêmes fêtes plus les mêmes chants plus les mêmes rêves plus la même vie et tout cela à recouvrir à mener à son but à étouffer tout doucement jusqu’à n’en garder même plus le goût.
3
May 09
Immobiles (6)
Et là tu croises des hommes immobiles assis dans leurs voitures on aurait dit des morts croire qu’ils l’étaient si par moments quelque chose un mouvement un frémissement n’avait levé le doute levé l’angoisse ils vivaient bien vivaient encore dire “bien” était peut-être aller un peu vite en besogne parce que pour passer tout le jour assis dans une voiture assis dans sa voiture quand même tout ne devait pas briller là dans les maisons devant lesquelles ils attendaient assis dans leur voiture garée sur la petite pente qui menait à chaque fois à la même maison la même vie les mêmes meubles le même silence même bruyant le même silence de mort qu’ils fuyaient peut-être en s’isolant dans cette boîte cette nasse d’acier enfin au moins là protégés des autres et d’eux ils pouvaient appuyer sur les boutons les touches allumer la radio et puis se dire à entendre les voix qu’ailleurs quelqu’un vivait.
1
May 09
Immobiles (5)
Flottées de bois et d’os et puis de nous là entassés jetés abandonnés de tous de l’océan déjà parti déjà retiré loin évaporé et de l’histoire de nos histoires n’étant même plus dans nos propres souvenirs n’étant plus rien que tas amas de corps si amaigris qu’on aurait dit brindilles fascines qu’on aurait dit… finalement c’est impossible de parler d’écrire sur ça de dire cela ce qu’a été le choc des images le choc des corps au bord de la plage là où elle se fondait fondait dans l’eau salée marchaient à petits pas de très vieilles personnes et c’était un tableau mais pas de maître une aquarelle un peu naïve avec le phare en arrière-plan et par paquets des algues échevelées, des survivantes.