Posts Tagged ‘Pourquoi est-il aussi méchant ?’

Sonnez, trompettes….


16 Jun

… de Jericho : toutes les murailles un jour se fissurent.

Ami/e bibliothécaire (cf. Article 5, Composition), vent frais, rejoins l’ADBU : plus y’a de fous, moins y’a de riz (1).

(1) proverbe improbable,
spéciale dédicace à David S.

Candide et le conservateur (Episode 6 Saison 3)


21 May

Candide : Bonjour….. Euh…. Bonjour…. Hum…. S’il vous plaît ??…..

Le conservateur : Mouuiiii ?

Candide : Pardon de vous déranger, vous avez l’air très occupé.

Le conservateur : Mmmhhhh je suis en train de faire mes acquisitions.

Candide :  Je pensais que vous aviez des missions d’impulsion, d’encadrement et de direction. Votre poste inclut donc des fonctions d’acquéreur ?

Le conservateur : Oui, c’est même mon unique mission, et cela requiert une extrême spécialisation.

Candide : Ah… Vous êtes responsable des acquisitions dans quel domaine ?

Le conservateur : L’Anthropologie des Sports Extrêmes au Turkménistan

Candide : …

Le conservateur : …

Que suis-je ? (3/3)


14 May

Malgré ce qui précède, je vois bien que ce fantasme cette idée du Conservateur comme Scientifique reste très présente dans les discours sur la fonction. Pourquoi ?

J’ai tendance à penser que c’est lié à notre concours : en ne recrutant que des littéraires-historiens-philosophes (regardez qui décroche le concours de conservateur – d’ailleurs, j’ai moi-même une formation littéraire), on empêche de fait l’aspect managérial, gestionnaire, pratique, de notre métier, d’être considéré pour ce qu’il est : le noyau dur. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur tend à penser que la réflexion est plus importante que l’action ; et que les livres comptent plus que tout. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur pense dans le fond que le management, c’est sale ; que la gestion, c’est pour les comptables et que la régulation, c’est réservé aux cheminots (d’ailleurs, si on lit bien les commentaires de cette série…).

Du coup, il apparaît comme plus “noble” d’être un “scientifique” théoricien qu’un bon praticien, actif et qui mouille la chemise. Mais gloser est facile (et tout mon blog le prouve ;-) ).

Ma conclusion (bon, réchauffée maintenant vu les commentaires passés – on ne devrait jamais répondre à ses commentateurs…), c’est :

  • Cessons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, n’avons pas à être, et ne serons jamais : des Scientifiques (avec ou sans majuscule) ;
  • Attaquons-nous au réel des bibliothèques : nos capacités de réflexion (si elles existent – donc je suis hors-jeu) ne peuvent que leur servir dans les combats qui devraient être les nôtre, et qui ne doivent nous amener qu’à une seule chose : faire que les bibliothèques deviennent des prestataires de services. Juste ça, et c’est déjà énorme.

Le reste, le Conservateur scientifique, c’est sauf exception (le 0,01% de conservateurs évoqués ici, qui font un réel travail scientifique) du domaine de la marotte, de la danseuse qui ne doit relever que du temps personnel de chacun, pas de ses missions revendiquées.

Que suis-je ? (2/3)


13 May

Comme je le disais hier, je ne suis donc pas un scientifique. 99,99 % de mes collègues non plus, et ce n’est pas grave. Que suis-je, alors ?

  • Un manager : je pilote des humains et des équipes (bon, dans mon cas, c’est très facile : petite équipe, bonne équipe), je motive, je régule, je dynamise (et ce n’est pas rien…), j’organise, je suis devant mes troupes et je les porte ;
  • Un gestionnaire : je gère des budgets, des fonds, des flux (documentaires et humains – mes usagers) ;
  • Un praticien : je mets en place des services, avec mes équipes et avec ce qu’il me reste d’argent et/ou d’énergie. La “bibliothéconomie” est un sport de terrain, d’abord. Elle n’existe que dans le monde réel et pour moi, le monde des réseaux, faussement nommé “monde virtuel”, est on ne peut plus réel : coupez tous les accès au Net dans votre bibliothèque en pleine journée, vous verrez si ce n’est pas du réel…

Voilà, je pense que mes missions, c’est ça. Ni plus, ni moins. Et je trouve que ce sont de belles et nobles et excitantes missions. Mais si j’en crois un sentiment diffus (cf. les débats feutrés que j’évoquais dans le premier billet de cette série ou ce que j’entends ici ou là), cette position n’est pas partagée par tous mes collègues, dont d’aucuns préféreraient nettement, donc, être considérés comme des Scientifiques (avec la majuscule), pour des raisons qui me restent mystérieuses (non, un prof ne me considérera pas mieux si j’ai un doctorat. Par contre, si je lui apporte ce dont il a besoin, je gagnerais tout son respect et toute son amitié : ma légitimité repose sur les services que j’assure – ou pas).

Demain, nous verrons pourquoi nous ne voulons pas / ne pouvons pas être ce que nous devons/pouvons être.

Que suis-je ? (1/3)


12 May

Les forums fermés des cercles d’initiés (comprenne qui pourra) sont l’objet en ce moment d’un débat qui voit ressortir l’éternelle question qui hante les Conservateurs de bibliothèques depuis des temps immémoriaux (au moins) : sommes-nous des scientifiques ? Si non, que sommes-nous ou que devons-nous être ? Voici ma position toute personnelle.

Point de départ : je ne suis pas un scientifique. Je ne fais pas de recherche, je n’ai pas de blouse blanche, je ne réalise pas d’expériences, je ne produis pas de textes à valeur scientifique. Je peux avoir une (vague) réflexion, mais elle concerne ma pratique, et n’a rien de théorique. Et d’ailleurs, je ne cherche qu’une chose : rendre les services qu’attend de moi ma communauté.

Ce qui se passe ici, par ailleurs, ne relève pas du scientifique ; du débat, éventuellement, mais certainement pas du scientifique. En fait, pour tout dire, je ne suis pas certain qu’il n’existe pas une science des bibliothèques, ou alors c’est une science plus que molle, presque une non-science. Mais ce n’est pas grave et ce n’est pas le débat aujourd’hui : nous avons mieux autre chose à faire. Demain, nous verrons quoi.

PS : Ces questions regardent tout le monde, pas seulement les happy fews. Ce genre de débat doit se dérouler au vu et au su de tous, pas dans des carrés V.I.P. : je n’interviens donc pas dans les forums évoqués ci-dessus.

Lève-toi et marche


07 May
  1. Partons d’un constat : les longues heures en BR – Bureau de Renseignements – nuisent à nos corps superbes, qui finissent par s’avachir.
  2. Ajoutons une hypothèse : le Renseignement doit se faire in situ, de manière dynamique, entre les rayonnages.
  3. Soulignons un point : un BR a besoin d’un ordinateur.
  4. Mélangeons, cherchons sur le net…

Et voilà l’outil idéal, qui nous permet de mettre en place, dès demain, le BRA : Bureau de Renseignements Ambulant.

Vite, à vos bons de commande…

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(MàJ) Arrêtez de lire !


05 May

(A mon tour de râler. Diverses remarques engrangées suite à journées d’études et autres raouts – mais de moins en moins parce que quand même, que de temps perdu – d’où je suis sorti au bord du suicide)

1. Trop (beaucoup beaucoup trop) d’intervenants se contentent de lire ce qu’ils projettent dans le même temps à l’écran. C’est inutile et presque insultant (tout le monde sait lire dans une assemblée de bibliothécaires, en principe)

  • Ne lisez pas, parlez, expliquez, bougez si possible… Le but, c’est d’apporter du contenu, une valeur ajoutée à ce que vous projetez, qui n’est qu’un “conducteur” autour duquel vous parlez. Vous pouvez même être drôle, ce n’est pas interdit : on peut travailler très sérieusement sans se prendre au sérieux. Quoi qu’il en soit, une présentation n’est pas une veillée funèbre, alors ne vous comportez pas comme un mort-vivant : vivez !

2. Beaucoup de “diapositives” sont surchargées et l’on se perd dans leur lecture.

  • Faites des diapos lights : l’assistance vient pour être informée sur un sujet, pas pour lire un pavé indigeste projeté au mur. Il ne vous vient pas à l’idée de coller des pages entières de Proust au mur de votre salon, alors pourquoi le faire en public ?

3. Certains intervenants semblent terrorisés : ils se raccrochent donc à la stricte lecture de leur présentation, et… Bon, lisez plus haut.

  • N’ayez pas peur… Je veux dire, tout le monde (vraiment tout le monde) a le trac avant une prise de parole publique, mais il faut relativiser : personne ne va vous lancer des tomates, nous sommes dans un milieu très policé. Vous ne risquez donc pas grand chose, d’autant que les personnes présentes ne vous veulent pas de mal (enfin, pas toutes ;-) ) Au pire, si vraiment vous êtes mort de trouille, dites-le en commençant (c’est la meilleure manière de vous débarrasser de vos craintes) ou envoyez quelqu’un d’autre…

Ok, ce billet peut sembler condescendant, genre donneur de leçons. Précisons : je n’ai pas la prétention de faire des présentations à se pâmer, loin de là. Mais en tous les cas, lorsque j’interviens en public, je me mets toujours d’abord dans la tête des présents pour mieux construire mon intervention. C’est à mon avis le point de départ de toute personne qui doit préparer une présentation publique : l’intervenant n’est pas là pour lui ou pour son sujet, il est là pour son auditoire, et ça change tout. Car personne n’aime être assis à s’ennuyer, et vous sans doute non plus : alors pourquoi infliger ça aux gens qui vous écoutent ?

(MàJ) De l’art d’une belle présentation

Asiiiiiiiile


29 Apr

Vidéo trouvé sur La Feuille, que je reprends parce que quelque chose me frappe : le projet ne part pas de la bibliothèque, mais de la cible, l’usager, et de ses seuls besoins.

Pourquoi avons-nous autant de mal  à nous décentrer pour nous rapprocher des usagers et partir de leurs besoins, quels qu’ils soient ? Pourquoi ne pensons-nous pas en termes de services ? Pourquoi amenons-nous nos usagers à nos outils et nos habitudes alors qu’il faudrait faire exactement l’inverse, nous mettre à leur service ?

PS : Est-ce que quelqu’un sait comment l’on demande l’asile bibliothéconomique au Danemark ??

Océan Num.


23 Apr

Nouvelle invitation pour une Xième journée d’étude / un Xième groupe de travail… One more… Next one is real. Bon, je vais me fâcher avec tout le monde mais c’est marre ! Donc :

  • ça commence à me lasser, ces histoires de groupes de travail qui sont plus des groupes que du travail, et ces journées d’études qui sont surtout des journées ;
  • ça commence à me gonfler sévère, tous ces gens qui vont jusqu’au bord du grand Océan Numérique, trempent un orteil, font ” Brrrr on va se mouiller ” et s’en retournent dans leurs hôtels surannés sur les bords de mer d’anciennes villégiatures…

Alors voilà : arrêtons d’étudier la possibilité de faire, et faisons ; arrêtons de nous regrouper pour travailler, et travaillons.

Parce qu’à force de réfléchir et réfléchir encore et encore à ce que nous pourrions faire, et discuter de comment nous pourrions le faire, nous perdons l’énergie nécessaire à le faire.

Ah, une question dans le fond… ” Euh oui mais euh… Et ceux qui veulent apprendre comment on fait ?

Mais sacrebleu, TOUT est sur le net et/ou dans les livres. Et le meilleur moyen d’apprendre à faire, c’est encore d’essayer de faire. Même si tu te plantes, tes échecs te serviront. Alors aide-toi, ça t’aidera… Basta.

PS : ce billet porte le numéro 400. Champomy pour tout le monde.

Candide et le conservateur (Episode 5 Saison 3)


07 Apr

Candide : Bonjour….. Euh…. C’est à propos des services web de la bibliothèque.

Le conservateur : Internet ? Pffff… Bon, dites-moi.

Candide : Je trouve que ma bibliothèque n’y est pas très présente.

Le conservateur : Bah, le réseau, c’est encore marginal, un truc de comment dites-vous… De Geek.

Candide :  Hum…. J’ai pourtant vu des chiffres parlant de 33 millions d’internautes.

Le conservateur : Les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut.

Candide : …

Le conservateur : Croyez-moi, l’important, c’est d’avoir de bonnes cotes et des étagères bien rangées.

Candide : …

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

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