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Que suis-je ? (2/3)


13 May

Comme je le disais hier, je ne suis donc pas un scientifique. 99,99 % de mes collègues non plus, et ce n’est pas grave. Que suis-je, alors ?

  • Un manager : je pilote des humains et des équipes (bon, dans mon cas, c’est très facile : petite équipe, bonne équipe), je motive, je régule, je dynamise (et ce n’est pas rien…), j’organise, je suis devant mes troupes et je les porte ;
  • Un gestionnaire : je gère des budgets, des fonds, des flux (documentaires et humains – mes usagers) ;
  • Un praticien : je mets en place des services, avec mes équipes et avec ce qu’il me reste d’argent et/ou d’énergie. La “bibliothéconomie” est un sport de terrain, d’abord. Elle n’existe que dans le monde réel et pour moi, le monde des réseaux, faussement nommé “monde virtuel”, est on ne peut plus réel : coupez tous les accès au Net dans votre bibliothèque en pleine journée, vous verrez si ce n’est pas du réel…

Voilà, je pense que mes missions, c’est ça. Ni plus, ni moins. Et je trouve que ce sont de belles et nobles et excitantes missions. Mais si j’en crois un sentiment diffus (cf. les débats feutrés que j’évoquais dans le premier billet de cette série ou ce que j’entends ici ou là), cette position n’est pas partagée par tous mes collègues, dont d’aucuns préféreraient nettement, donc, être considérés comme des Scientifiques (avec la majuscule), pour des raisons qui me restent mystérieuses (non, un prof ne me considérera pas mieux si j’ai un doctorat. Par contre, si je lui apporte ce dont il a besoin, je gagnerais tout son respect et toute son amitié : ma légitimité repose sur les services que j’assure – ou pas).

Demain, nous verrons pourquoi nous ne voulons pas / ne pouvons pas être ce que nous devons/pouvons être.

Que suis-je ? (1/3)


12 May

Les forums fermés des cercles d’initiés (comprenne qui pourra) sont l’objet en ce moment d’un débat qui voit ressortir l’éternelle question qui hante les Conservateurs de bibliothèques depuis des temps immémoriaux (au moins) : sommes-nous des scientifiques ? Si non, que sommes-nous ou que devons-nous être ? Voici ma position toute personnelle.

Point de départ : je ne suis pas un scientifique. Je ne fais pas de recherche, je n’ai pas de blouse blanche, je ne réalise pas d’expériences, je ne produis pas de textes à valeur scientifique. Je peux avoir une (vague) réflexion, mais elle concerne ma pratique, et n’a rien de théorique. Et d’ailleurs, je ne cherche qu’une chose : rendre les services qu’attend de moi ma communauté.

Ce qui se passe ici, par ailleurs, ne relève pas du scientifique ; du débat, éventuellement, mais certainement pas du scientifique. En fait, pour tout dire, je ne suis pas certain qu’il n’existe pas une science des bibliothèques, ou alors c’est une science plus que molle, presque une non-science. Mais ce n’est pas grave et ce n’est pas le débat aujourd’hui : nous avons mieux autre chose à faire. Demain, nous verrons quoi.

PS : Ces questions regardent tout le monde, pas seulement les happy fews. Ce genre de débat doit se dérouler au vu et au su de tous, pas dans des carrés V.I.P. : je n’interviens donc pas dans les forums évoqués ci-dessus.

Ton meilleur profil (5/5)


25 Nov

Je précise pour finir que les compétences évoquées dans cette série sont parfois déjà existantes : j’ai ainsi la chance d’avoir dans mon équipe bibnum – 4 personnes, pour 3 ETP sur bibnum – des personnes qui en possèdent certaines, voire toutes. Je connais par ailleurs nombre de bibliothécaires, dans d’autres lieux, qui possèdent ces compétences.

Mais…

La bibliothèque future, la bibliothèque numérique et son extension hybride ne peuvent se contenter d’heureux hasards et de compétences acquises par la bande et/ou par des passionnés.

Ce qui apparaît au final, et c’est peut-être le plus important, c’est qu’il semble nécessaire que les métiers évoluent au niveau national, et qu’une réelle volonté politique et de formation accompagne ces évolutions.

Le futur présent des bibliothèques se prépare doit se réaliser par le contenu des concours et des formations, et doit également être inscrit dans les organigrammes : la bibnum, la bibliothèque hybride, en particulier, ne sont pas des danseuses ou de vagues occupations pour quelques allumés du clavier et/ou rêveurs, mais participent très largement au cœur du métier de bibliothécaire en ce siècle (pour mémoire, le 21ème). Ne pas voir cela est se condamner, et condamner les bibliothèques.

Entende qui voudra.

Ton meilleur profil (4/5)


19 Nov

Les plus attentifs à cette série auront remarqués quelques absents. Revenons sur eux.

  • Le catalogueur : comme symbole du métier de bibliothécaire, il me semble que le catalogueur est mort. Je le redis en anglais pour que ma position soit claire : ” The Queen is dead “. Maintenant que les cheveux se sont hérissés, je précise ma position : je pense que le catalogage n’est plus le coeur du métier de bibliothécaire. Nous avons et aurons toujours besoin de catalogueurs, mais ce doit relever de quelques spécialistes (je dis bien : quelques, soit un ou deux dans une Bu moyenne – ce qui signifie que continuer à faire entrer autant de catalogage dans les formations initiale de bibliothécaires est une erreur sans nom qui contribue à faire perdurer l’écart entre les formations et la réalité).
  • L’acquéreur : je pense que l’acquéreur comme entendu actuellement (spécialiste d’une discipline) est condamné aussi à plus ou moins brève échéance. Et cette impression déjà existante a cristallisé depuis deux commentaires, celui de RM et celui de MxSz, qui parlaient plutôt de politique documentaire. En gros, avant d’y revenir très bientôt : l’acquéreur comme acheteur de documents ” à la pièce ” me semble menacé  (ami acquéreur, ne saute pas à l’eau, plein d’autres métiers DANS la bibliothèques s’offrent à toi)
  • L’hôte : je n’ai trouvé que ce mot (magnifique) pour évoquer la fonction d’accueil et les personnels liés. Ici, je pense que cette fonction doit être revalorisée et poussée en avant, i.e. faire l’objet de formations spécifiques, initiales et continues. J’aime à rêver qu’un jour, l’accueil en bibliothèques (service public et banque de prêt) sera réalisé par des personnels entrés dans ce métier non pas pour les livres, mais pour le contact avec le public, et spécialisés dans cette fonction d’accueil. Pourquoi ne pas imaginer en effet des bibliothécaires qui ne fassent ni acquisition, ni catalogage (d’ailleurs, vu ce qui précède…), mais soient par choix la majeure partie de leur temps en salle, au contact du public ? Pourquoi ne pas imaginer à l’inverse des bibliothécaires (en plus petit nombre, vu ce qui précède…) qui ne fassent jamais de service public et se spécialisent sur le travail interne ?

Allons, assez parlé : la prochaine fois, nous tenterons de conclure.

Ton meilleur profil (3/5)


17 Nov

Je poursuis l’ébauche des profils nécessaires à la bibnum idéale par des profils moins marqués barbes & pizzas, qui supposent une aisance avec l’outil informatique en général, sans qu’une hyper-spécialisation soit nécessaire.

3/ le pôle small-h@ands

  • le compagnon-f@çonneur : il sait restyler un document, le retravailler pour lui donner une forme adéquate par rapport à une diffusion sur le net. Il est en mesure de scanner un document papier, d’effectuer la numérisation d’un document sonore, d’alimenter un site web avec des contenus qui lui ont été fournis par ailleurs. Il peut également soulager l’usager surchargé, fainéant ou manquant des compétences nécessaires, et effectuer à sa place certaines tâches numériques du type : dépôt sur une Archive Ouverte ; mise en page d’un document brut de décoffrage, etc…
  • le m@inteneur : certains outils demandent un travail régulier du type mise à jour d’une base de connaissance, toilettage, vérification de fichiers de logs et actions liées à ces fichiers. Le m@inteneur est en mesure d’effectuer ces tâches quotidiennes et de signaler (au dompteur ou au biblio-geek) toute bizarrerie qui pourrait demander des interventions plus spécialisées.

Une petite remarque : l’aisance avec l’outil informatique dont je parle plus haut me semble un minimum incontournable lors du recrutement ; et un minimum incontournable à atteindre par le biais de la formation continue pour les personnels en place. Il ne viendrait à l’idée de personne d’embaucher un plombier qui ne sait pas se servir d’une clef à molette.

La prochaine fois, nous évoquerons les absents.

Ton meilleur profil (2/5)


12 Nov

Je poursuis ma tentative d’esquisse des profils qu’il me semble nécessaire de recruter dès à présent pour la bibliothèque numérique.

2/ le pôle hybride

  • l’e-mediateur : Il étudie les offres d’ebooks (entendus ici comme contenus) ; étudie les usages des livrels et l’adaptation de l’offre à ces usages. Travaille également sur la musique numérique et toute forme de création numérique (ce qui inclut l’art numérique, disons). Sa tâche est de faire le tri et de pousser en avant (je n’ai pas dit prescrire…) des oeuvres intéressantes. Il fait ce que nous ne faisons pas assez, en Bu, à mes yeux : un travail de (bon) libraire ou de (bon) disquaire. Il humanise la relation entre l’usager et le document électronique, et évite l’effet d’arrosage des flux numériques. Sa médiation se fait via le net et le site de la bibliothèque ; et dans le monde physique, par des actions de tête de gondole, des animations, etc. Il a donc besoin d’un regard acéré et/ou de bonnes oreilles pour trouver les perles ; et d’une plume vive et/ou d’énergie pour diffuser ses trouvailles.
  • l’@nimateur : est chargé d’animer les espaces physiques (salles de libre accès) ouverts aux usagers, dans lesquels ces usagers utilisent des outils de type blog et/ou bureautique et/ou logiciels de mixage de musique/de dessin et/ou tout autre logiciel de travail ou de création. Il sait se servir des logiciels, et sait apprendre aux autres à s’en servir. C’est un technicien à appétence humaniste et sociale : il a compris que l’intérêt d’un outil informatique est de créer du lien entre les humains, et il en est le premier exemple. Plus que le logiciel, c’est la personne qui s’en sert qui l’intéresse.

La prochaine fois, nous poursuivrons ce retour vers le futur avec des profils d’exécution.

Ton meilleur profil (1/5)


10 Nov

Pour répondre à l’excellente question d’Isa, essayons d’esquisser quelques pistes sur ce que pourraient être des profils intéressants et très utiles en bibliothèque.

On précisera avant de commencer qu’il s’agit ici d’un work in progress (oui, je veux éviter de me faire vitrioler dans le parking – vous comprendrez en avançant dans cette série) : vos commentaires, suggestions et ajouts sont attendus.

1/ le pôle technique

  • l’e-veilleur : Il se charge spécifiquement de la veille pour le service de la bibnum, et doit être en mesure de voir émerger, et de signaler, les nouveautés intéressantes pour ledit service (mais pas seulement) et ses évolutions. C’est un entonnoir, une vigie dont la tâche principale est d’extraire la substantifique moelle du net, et d’en faire bénéficier son équipe via des synthèses et/ou des présentations.
  • le biblio-geek : de formation bibliothéconomique, il a acquis un bagage solide en informatique documentaire et maîtrise quelque peu les outils courants (par ex., PHP, Mysql, etc), ce qui lui permet de savoir quelles techniques sont utilisables pour les besoins de la binum ; et lui permet de se faire comprendre d’un développeur. Il sait également se servir a minima de systèmes d’exploitation professionnels et sérieux (entendez, Linux). Il est en mesure de réfléchir en prospective et de monter les actions qui projettent la bibnum vers l’avenir sans lui faire quitter le présent.
  • le développeur : a bénéficié d’une formation exactement inverse à celle du biblio-geek. C’est un spécialiste de l’usage de langages de programmation, mais il a été également formé un peu à la bibliothéconomie, suffisamment pour comprendre les besoins du biblio-geek et pouvoir échanger avec lui sur des projets communs. Le développeur peut être un contractuel embauché pour une tâche précise.
  • le dompteur : il maîtrise le SIGB en profondeur, dans ses moindres réglages, et sait où trouver le ” fichier de conf qui va bien “, traîtreusement dissimulé quelque part dans un dédale informatique sans nom. Il sait également extraire du SIGB toute information nécessaire, et toute statistique utile. C’est un technicien, au sens le plus noble du terme : il tient la bête en laisse.

La prochaine fois, nous évoquerons des profils moins technico-geek (moins barbes & pizzas, quoi).

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Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

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