Posts Tagged ‘Métier’

Le pourquoi du non


16 Mar

Je suis souvent sollicité pour diverses interventions – et cette année, j’ai refusé presque à chaque fois (parfois en ayant le sentiment de froisser la personne qui m’invitait). Alors je me suis dit qu’il me fallait expliquer pourquoi je refuse. Je refuse :

  • parce que faire une intervention, même de 30 minutes, me prend un temps certain : j’essaie de ne pas resservir la même soupe et mine de rien, faire une présentation un peu propre, ça peut vite devenir long ;
  • parce que traverser la France pour parler une heure, c’est long et fatiguant, ça bouffe de suite deux jours (on part la veille souvent) ;
  • parce que les retours d’expérience et autres témoignages (outre que les lunettes noires et la fausse barbe me vieillissent) commencent à me fatiguer : tout ce que nous faisons à Angers est en ligne. Tout. Il suffit de lire. Les bibliothécaires savent lire, non ?
  • parce que réfléchir des mois entiers ne sert à rien si à un moment, on ne se lance pas. Or souvent, j’ai eu le sentiment que mes interventions, si intéressantes qu’on me dise qu’elles étaient, ne seraient suivies d’aucune mise en pratique ;
  • parce que déplacer tant de monde (intervenants + public) quand le net permet d’avoir tout à portée de mains, ce n’est pas très développement durable ;
  • parce que j’ai un boulot qui m’occupe largement. Franchement, je n’ai pas vraiment de temps à perdre dans les TGV même si j’adore le train (mon rêve – je suis sérieux -  c’est de monter dans la cabine du conducteur un jour pour faire un long voyage – si quelqu’un de la SNCF passe par là…).

PS : Oui, je rejoins le Boss sur ces questions, mais ce n’est pas parce que c’est mon N+1. Simplement, à un moment, il faut bien constater que courir le pays pour ne voir rien changer, ça lasse. Arrêtez de réfléchir et de parler, agissez.

PS2 : c’est un billet d’humeur, certes. Mais il servira aussi à éviter que j’ai à dire non (je déteste dire non).

Virtuel ?


28 Jan

Pour préparer cette intervention, j’ai regardé d’un peu plus près les chiffres de fréquentation de nos sites (les trois sites physiques et le site web + blog).  Les voici :

A. Sites physiques (Bu Belle-Beille, St Serge, Montéclair – chiffres 2008)

  • Belle-Beille : 478 926 visites
  • Saint-Serge : 320 670 visites
  • Montéclair : 66 072 visites

B. Site “virtuel” (web et blog – chiffres 2009)

  • 422 188 (site web) &  17 505 (blog) = 439693 visites
  • 1 188 804 (site web) & 35 449  (blog) = 1224253 pages vues
  • 115 699 (site) & 9 305  (blog) = 116634 visiteurs uniques

On remarquera donc que le site “virtuel” (que l’on peut considérer comme un seul ensemble) reçoit presque autant de visites que le site physique de Belle-Beille. Je vous laisse réfléchir à ça et aux conséquences, j’y reviens dans un billet prochain.

Sortir de la Bibnum 3/3


24 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Pour ce qui me concerne, j’essaie de lutter à ma manière contre cette isolement de la bibnum, en commençant par mes collaborateurs directs, auxquels je recommande de s’insérer au possible dans tout ce qui ne relève pas de la bibnum : l’équipe bibnum est donc une équipe polyvalente qui fait de tout (tout récemment, nous étions parmi les « petites mains » jetant tous les livres au sol à Saint-Serge) ou presque (nous travaillons encore le double salto arrière pour le spectacle de fin d’année, c’est difficile, mais j’ai bon espoir).

Par ailleurs, à titre personnel :

  • je ne rate jamais une occasion d’expliquer à l’un ou l’une ce que nous faisons (mais peut-être qu’il faudrait faire cela de manière plus systématique, instaurer un point bibnum semestriel – tiens, c’est une idée, ça…) ;
  • je tiens à faire du Service public (pour voir des usagers en vrai, mais aussi pour que les collègues locaux me considèrent comme un bibliothécaire avant de me considérer comme un geek – ce que je ne suis pas) ;
  • je participe quand c’est possible à la bibliothèque physique (Bu Plage étant l’exemple parfait d’une opération qui peut aider à casser le mythe geek/bibnum – depuis, on me parle) ;

Derrière tout ça, il y a un but et une logique : montrer que, d’un pavé de la Pléiade à un livrel, d’un usager in RL à un usager distant, il existe un continuum unique, celui de la bibliothèque.

Sortir de la Bibnum 2/3


17 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Donc : quelles sont les raisons qui empêchent que des “tests” ou des “expériences” issus de la Bibnum passent dans la vraie vie des collègues (i.e. dans leurs pratiques et leur horizon) ? Quelques hypothèses (vous interviendrez pour compléter) :

  • un manque de communication de la part de la Bibnum : ce que nous faisons reste encore trop opaque ;
  • un manque de curiosité des collègues non encore numériques : personne ne m’a demandé, en 2 ans maintenant, ce que je faisais au juste ;
  • un manque de compétences techniques : argument qui vient immédiatement à l’esprit mais auquel je ne crois pas une seconde – parce que tout le monde en bibliothèque utilise toute la journée un SIGB et qu’un SIGB est souvent bien plus compliqué que la plupart des outils de la Bibnum (enfin quoi, vous savez cataloguer dans des interfaces pourries et vous me dites ne pas savoir vous servir d’un agrégateur de liens…) ;

La liste reste ouverte. Au fond, je pense qu’avant tout, ce qui explique la difficulté à banaliser la Bibnum dont je parle ici, c’est le fait que la plupart des collègues n’ont pas saisi les enjeux généraux…

Où l’on revient au premier item : il faut communiquer et expliquer plus, moins les outils que ce qui se cache derrière : l’avenir des bibliothèques et du métier de bibliothécaire. Et ça, en fait, ça ne peut sans doute se faire qu’à l’interne, dans chaque bibliothèque, pas à pas, en discutant, expliquant. En sortant de la Bibnum pour que les collègues se rendent compte que nous ne sommes pas des allumés. Rude tâche.

Sortir de la Bibnum 1/3


10 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Broderie autour d’un sentiment diffus que j’éprouve en ce moment : la Bibnum peut s’avérer un piège. Explications : ma section est pour partie une sorte de petit laboratoire dans laquelle on peut tester des outils. Le livrel est l’exemple typique : on en discute avec les plus hautes autorités, on obtient la bénédiction des-dites autorités, on présente le projet en RED (Réunion de Direction) qui avalise et go, on lance l’expérimentation. Tout roule. Sauf que…. Sauf que c’est là que le piège peut se refermer.

Le risque est grand, en effet, de voir ce genre d’expérience rester, dans la tête des collègues non encore numériques, un gentil hobby qui ne relèverait que des amusements de la Binum. Partant, le danger est que personne (en dehors de la Bibnum) ne s’approprie ces outils. La Bibnum devient alors un jardin d’enfants où l’on occupe quelques illuminés pendant que les gens sérieux s’occupent de choses sérieuses (le Livre avec un grand L).

Toute la difficulté est donc, pour qui est dans la Bibnum, d’en faire sortir les outils qui y ont été testés/développés/peaufinés. Et ça, c’est pas de la tarte. Pour de multiples raisons que nous évoquerons la semaine prochaine.

Retour Bu-Plage


13 Oct

Dans la série Plage

  1. Bu-Plage (1/2)
  2. Bu-Plage (2/2)

Concernant l’opération Bu-Plage montée en juin dernier, quelques éléments sur les retours des emprunteurs.

84 kits-été ont été mis en prêt lors de cette opération. Tous les kits ont été empruntés très rapidement et 16 personnes ont rempli et rendu l’un des questionnaires papier glissés dans les paquets (soit un taux de réponse de 19,04 %).

Sur ces 16 réponses, 14 personnes (87,5 %) ont lu un ou plusieurs livres prêtés (les deux personnes n’ayant rien lu précisent que c’est, la première, par manque de temps ; et la seconde, parce qu’elle avait déjà lu les documents qu’elle a trouvé dans le kit.)

Concernant les kits et leur contenu :

  • 5 (35,71 %) emprunteurs de kit ont lu 1 livre dans leur kit
  • 3 (21,42 %) emprunteurs de kit ont lu 2 livres dans leur kit
  • 5 35,71 %) emprunteurs de kit ont lu 3 livres dans leur kit
  • 1 (7,14 %)  emprunteur de kit a lu 4 livres dans son kit

Toutes les réactions (questions ouvertes) sont par ailleurs identiques : l’opération a beaucoup plu et ceux qui ont empruntés des kits demandent qu’elle soit réitérée.

L’un des questionnaire est particulièrement représentatif de tous les autres. Je le cite sans vergogne parce qu’il résume parfaitement ce qui ressort de la lecture de l’ensemble des réponses :

  • Avez-vous lu un ou plusieurs livres : « Oui »
  • Lesquels : « Les trois »
  • Qu’en avez-vous pensé : « Ce ne sont pas des livres que j’aurais choisis spontanément, mais la surprise a été agréable. »
  • Que pensez-vous de l’opération Bu Plage ? « A renouveler plus souvent, c’est une excellente initiative. MERCI !! »

Je crois que tout ça se passe de commentaires :-)

Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr !


03 Oct

Les réponses à nos interrogations les plus profondes sont parfois juste sous nos yeux (c’était la minute philosophique).

Pour mémoire, j’ai évoqué et récemment une structure qui permettrait de mettre à disposition des bibliothèques une équipe légère de “biblio-geeks” à même de :

  • mener des missions éclairs de conseils techniques en informatique documentaire, d’une part ;
  • faire de la recherche appliquée, du développement et des tests d’outils toujours en informatique documentaire, d’autre part (je n’entre pas dans les détails des attendus, relisez les billets précédents).

Une fois posée l’idée d’une telle équipe, les questions qui venaient juste derrière, c’était qui, comment et . Et j’avais beau chercher, je ne voyais pas bien comment monter un truc pareil ex nihilo, ni quelle structure existante pourrait l’héberger.

Et puis, en discutant avec PK autour d’un café, la réponse est apparue : ce Groupe d’Intervention en Informatique Documentaire (G2ID), il faut le mettre en place à l’ENSSIB, parfaitement équipée pour l’accueillir et en être le support (moyens humains et techniques, place centrale dans l’éco-système des bibliothèques, indépendance).

Voilà, finalement, c’était évident, comme toujours. Reste à pousser l’idée, partout où l’on peut (j’écris “on” volontairement : toute aide politique – au sens noble – sera la bienvenue)

Planète Marseille


11 Sep

MàJ : l’université d’été / chuchotements sur twitter

MàJ : les notes de la Feuille pendant que je racontais mes petites âneries.

MàJ : l’enregistrement sonore

Le Cleo a eu l’idée bizarre de me convier à l’Université d’été se déroulant à Marseille du 07 au 11 septembre. J’y interviens juste maintenant.

Ma mission, que j’ai accepté (ça devient difficile, ce job, les allumettes me coûtent une fortune) : esquisser le tableau ce qu’est une Bu de nos jours, quels sont ses publics, ses missions, ses besoins.

Ma présentation est juste là dessous. La zone Commentaire de ce billet n’attend plus que vos avis, questions, remarques, critiques.

Le quart d'heure R&D


19 May

Et voilà, j’ai ramassé tous ceux qui pensent que je vais parler de RnB… Désolé, vous avez mal lu : mon propos va porter sur la Recherche & Developpement en bibliothèques. Ou plutôt, sur son absence sa rareté.

Parce que sauf erreur de ma part (auquel cas, merci de me corriger et de vous signaler dans les commentaires, ça nous permettra de commencer un annuaire), ça n’existe pas vraiment en tant que tel, ce n’est pas en général reconnu comme une tâche à part entière ou comme une composante essentielle des fonctions présentes dans les bibliothèques (et ça montre une chose, je crois : que nos structures sont globalement tournées vers le passé et la tradition, pas vers l’avenir et l’innovation).

Du coup, est-ce qu’il n’est pas temps de monter de telles cellules ? Est-ce que l’on ne peut pas envisager que, dans les bibliothèques, certaines personnes des équipes voient apparaître, dans leur profil, noir sur blanc, cette mission de R&D ? L’on aurait alors des cellules chargées de veiller, tester, inventer, créer, innover (vous en voulez encore ?)… De préparer les virages, ou mieux, de les initier.

Bon, formellement, on peut tout imaginer : de vraies cellules à fonctionnement très régulier, genre réunion mensuelle, etc.. ; des missions temporaires (“Tiens Coco, dans les six mois qui viennent, tu me défriches tel sujet et tu me proposes un prototype à la fin”) ; deux lignes sur trois profils (ça fait 6 lignes et ça fait déjà une cellule R&D) ; que sais-je encore. Vous en pensez quoi, vous ?

PS : Evidemment, si le niveau local ne s’y prête pas, peut-être qu’une cellule R&D régionale ou nationale pourrait jouer ce rôle – même si je pense qu’en l’espèce, il y aurait un gros risque d’auto-enlisement administrativo-structurel mâtiné d’ego-luttes.

PS2 : Je ne suis candidat à rien.

PS3 : la R&D n’est pas réservée aux “geekeries”, loin de là : ça ouvre des perspectives pour tout le monde, non ?

Que suis-je ? (3/3)


14 May

Malgré ce qui précède, je vois bien que ce fantasme cette idée du Conservateur comme Scientifique reste très présente dans les discours sur la fonction. Pourquoi ?

J’ai tendance à penser que c’est lié à notre concours : en ne recrutant que des littéraires-historiens-philosophes (regardez qui décroche le concours de conservateur – d’ailleurs, j’ai moi-même une formation littéraire), on empêche de fait l’aspect managérial, gestionnaire, pratique, de notre métier, d’être considéré pour ce qu’il est : le noyau dur. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur tend à penser que la réflexion est plus importante que l’action ; et que les livres comptent plus que tout. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur pense dans le fond que le management, c’est sale ; que la gestion, c’est pour les comptables et que la régulation, c’est réservé aux cheminots (d’ailleurs, si on lit bien les commentaires de cette série…).

Du coup, il apparaît comme plus “noble” d’être un “scientifique” théoricien qu’un bon praticien, actif et qui mouille la chemise. Mais gloser est facile (et tout mon blog le prouve ;-) ).

Ma conclusion (bon, réchauffée maintenant vu les commentaires passés – on ne devrait jamais répondre à ses commentateurs…), c’est :

  • Cessons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, n’avons pas à être, et ne serons jamais : des Scientifiques (avec ou sans majuscule) ;
  • Attaquons-nous au réel des bibliothèques : nos capacités de réflexion (si elles existent – donc je suis hors-jeu) ne peuvent que leur servir dans les combats qui devraient être les nôtre, et qui ne doivent nous amener qu’à une seule chose : faire que les bibliothèques deviennent des prestataires de services. Juste ça, et c’est déjà énorme.

Le reste, le Conservateur scientifique, c’est sauf exception (le 0,01% de conservateurs évoqués ici, qui font un réel travail scientifique) du domaine de la marotte, de la danseuse qui ne doit relever que du temps personnel de chacun, pas de ses missions revendiquées.

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes