Posts Tagged ‘Les questions qui grattent’

Sortir de la Bibnum 3/3


24 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Pour ce qui me concerne, j’essaie de lutter à ma manière contre cette isolement de la bibnum, en commençant par mes collaborateurs directs, auxquels je recommande de s’insérer au possible dans tout ce qui ne relève pas de la bibnum : l’équipe bibnum est donc une équipe polyvalente qui fait de tout (tout récemment, nous étions parmi les « petites mains » jetant tous les livres au sol à Saint-Serge) ou presque (nous travaillons encore le double salto arrière pour le spectacle de fin d’année, c’est difficile, mais j’ai bon espoir).

Par ailleurs, à titre personnel :

  • je ne rate jamais une occasion d’expliquer à l’un ou l’une ce que nous faisons (mais peut-être qu’il faudrait faire cela de manière plus systématique, instaurer un point bibnum semestriel – tiens, c’est une idée, ça…) ;
  • je tiens à faire du Service public (pour voir des usagers en vrai, mais aussi pour que les collègues locaux me considèrent comme un bibliothécaire avant de me considérer comme un geek – ce que je ne suis pas) ;
  • je participe quand c’est possible à la bibliothèque physique (Bu Plage étant l’exemple parfait d’une opération qui peut aider à casser le mythe geek/bibnum – depuis, on me parle) ;

Derrière tout ça, il y a un but et une logique : montrer que, d’un pavé de la Pléiade à un livrel, d’un usager in RL à un usager distant, il existe un continuum unique, celui de la bibliothèque.

Sortir de la Bibnum 2/3


17 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Donc : quelles sont les raisons qui empêchent que des “tests” ou des “expériences” issus de la Bibnum passent dans la vraie vie des collègues (i.e. dans leurs pratiques et leur horizon) ? Quelques hypothèses (vous interviendrez pour compléter) :

  • un manque de communication de la part de la Bibnum : ce que nous faisons reste encore trop opaque ;
  • un manque de curiosité des collègues non encore numériques : personne ne m’a demandé, en 2 ans maintenant, ce que je faisais au juste ;
  • un manque de compétences techniques : argument qui vient immédiatement à l’esprit mais auquel je ne crois pas une seconde – parce que tout le monde en bibliothèque utilise toute la journée un SIGB et qu’un SIGB est souvent bien plus compliqué que la plupart des outils de la Bibnum (enfin quoi, vous savez cataloguer dans des interfaces pourries et vous me dites ne pas savoir vous servir d’un agrégateur de liens…) ;

La liste reste ouverte. Au fond, je pense qu’avant tout, ce qui explique la difficulté à banaliser la Bibnum dont je parle ici, c’est le fait que la plupart des collègues n’ont pas saisi les enjeux généraux…

Où l’on revient au premier item : il faut communiquer et expliquer plus, moins les outils que ce qui se cache derrière : l’avenir des bibliothèques et du métier de bibliothécaire. Et ça, en fait, ça ne peut sans doute se faire qu’à l’interne, dans chaque bibliothèque, pas à pas, en discutant, expliquant. En sortant de la Bibnum pour que les collègues se rendent compte que nous ne sommes pas des allumés. Rude tâche.

Sortir de la Bibnum 1/3


10 Nov

Dans la série Sortir

  1. Sortir de la Bibnum 1/3

Broderie autour d’un sentiment diffus que j’éprouve en ce moment : la Bibnum peut s’avérer un piège. Explications : ma section est pour partie une sorte de petit laboratoire dans laquelle on peut tester des outils. Le livrel est l’exemple typique : on en discute avec les plus hautes autorités, on obtient la bénédiction des-dites autorités, on présente le projet en RED (Réunion de Direction) qui avalise et go, on lance l’expérimentation. Tout roule. Sauf que…. Sauf que c’est là que le piège peut se refermer.

Le risque est grand, en effet, de voir ce genre d’expérience rester, dans la tête des collègues non encore numériques, un gentil hobby qui ne relèverait que des amusements de la Binum. Partant, le danger est que personne (en dehors de la Bibnum) ne s’approprie ces outils. La Bibnum devient alors un jardin d’enfants où l’on occupe quelques illuminés pendant que les gens sérieux s’occupent de choses sérieuses (le Livre avec un grand L).

Toute la difficulté est donc, pour qui est dans la Bibnum, d’en faire sortir les outils qui y ont été testés/développés/peaufinés. Et ça, c’est pas de la tarte. Pour de multiples raisons que nous évoquerons la semaine prochaine.

Deux ans…


27 Oct

Il y a deux ans, j’ai posté ce billet qui attirait l’attention sur cette vidéo. Un bon paquet de jours plus tard, j’ai toujours l’impression terrible que nous sommes totalement à côté de la plaque pendant qu’eux continuent à avancer…

Qu’avons-nous fait pour eux ? Qu’avez-vous fait pour eux ?

Poussières


06 Oct

J’apprends par le bibliobsédé que le défunt De Tout sur Rien était archivé par la BnF. J’apprends tantôt par une source dont je ne peux révéler l’identité ;-) que Face Ecran est également archivé par la BnF. Tout cela me semble participer de la logique de sédimentation dont j’ai parlé et ici (oui, les archives c’est aussi du sédiment).

Juste deux questions :

  • Pourquoi est-ce que l’usage du résultat de ces collectes n’est réservé qu’aux chercheurs accrédités ? (je déteste cette idée de chercheurs accrédités : je peux comprendre qu’on limite l’accès à des documents physiques fragiles pour ne pas les fragiliser plus, mais des données numériques ?) ;
  • Quels richesses produiraient ces collectes si on les rendaient accessibles au tout-venant (je m’inclus) et surtout, si on les proposaient à l’usage “commun” au sein d’outils permettant de construire autour d’elles (ces collectes) un réseau social ? Que pourrions-nous construire sur notre propre passé, dont toute une part n’est plus visible sur le Net ?

Debout sur les freins


25 Jun

Nous constatons régulièrement l’absence des éditeurs francophones dans la KB de SFX, ce qui nous empêche de faire tous les liens qui vont bien et diminue fortement la visibilité de ces ressources électroniques, et leur accessibilité. Lors de la dernière AG de l’ACEF (le club utilisateur Ex-Libris France), le sujet a été évoqué avec Ex-Libris France, qui nous a communiqué cet état des lieux de leurs contacts avec les acteurs francophones (toute la liste est une citation) :

  • ” LEGI (refus de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Dalloz (refus de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Techniques de l’Ingénieur (refus de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Editions Législatives (aucun développement prévu pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Brepols (aucun développement prévu pour l’interrogation via la recherche fédérée)
  • Doctrinal (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Juripro (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Lamyline (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Lexbase (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens
  • LexisNexis JurisClasseur (aucune réponse de l’éditeur)
  • Kompass (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Presses scientifiques du CNRC (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)
  • Diane (aucune réponse de l’éditeur pour l’interrogation via la recherche fédérée et le rebond sur leur site grâce à un résolveur de liens)”

Cette liste me laisse rêveur. Elle montre à quel point une partie des acteurs de la doc électronique n’a vraiment rien compris, et/ou ne fait aucun effort (je penche pour le ET).

PS : j’ai presque intitulé ce billet ” Cartographie du passé ” et puis non… Avec l’âge, je deviens gentil.

Pourquoi tu te lèves tous les matins pour aller bosser ?


02 Jun

Je ne m’étais jamais vraiment posé cette question, mais elle vient de m’être perso-twittée. Alors, essayons de répondre à cette interrogation presque métaphysique… Hum…. Pas facile… Donc, je me lève le matin et je prends mon poste parce que :

  • Je crois en l’humain. Vraiment. Je râle beaucoup beaucoup, mais je pense que, globalement, nous évoluons. Pas vite, pas toujours tout droit, mais nous évoluons ;
  • Je pense que le savoir et sa diffusion participent de cette évolution, et que la meilleure manière d’apporter sa pierre, c’est de participer à cette diffusion ;
  • Je pense que tout ce qui ralentit ou contrecarre les échanges relationnels et/ou intellectuels entre humains est criminel pour l’humanité ;
  • Je pense que mon travail participe (fort modestement) à ce que que tout le monde puisse se coucher moins bête chaque soir, moi y compris (surtout moi).

Voilà. Rien de plus. Mais ça me suffit.

Candide et le conservateur (Episode 6 Saison 3)


21 May

Candide : Bonjour….. Euh…. Bonjour…. Hum…. S’il vous plaît ??…..

Le conservateur : Mouuiiii ?

Candide : Pardon de vous déranger, vous avez l’air très occupé.

Le conservateur : Mmmhhhh je suis en train de faire mes acquisitions.

Candide :  Je pensais que vous aviez des missions d’impulsion, d’encadrement et de direction. Votre poste inclut donc des fonctions d’acquéreur ?

Le conservateur : Oui, c’est même mon unique mission, et cela requiert une extrême spécialisation.

Candide : Ah… Vous êtes responsable des acquisitions dans quel domaine ?

Le conservateur : L’Anthropologie des Sports Extrêmes au Turkménistan

Candide : …

Le conservateur : …

Distance demande haute exigence


12 Mar

Bien que je sois souvent parfois totalement dans les choux, j’essaie de m’appliquer à moi-même un principe de réactivité par rapport aux demandes que je peux avoir de mes usagers “virtuels” (évidemment, c’est la même chose quand je parle à un humain in RL, mais là n’est pas le sujet aujourd’hui). Pourquoi ?

Parce que je pense que la distance physique d’avec la bibliothèque doit augmenter notre exigence de qualité de service, pour compenser l’absence de présence physique. Un usager distant est pour moi un vrai usager, à part entière, pas juste une catégorie un peu particulière, un peu vague, d’usagers que l’on pourrait traiter par-dessus la jambe au motif qu’ils sont loin et n’ont qu’à se déplacer s’ils veulent un service complet. Non, un usager distant est un usager à qui je dois au moins le service que je rends à mes usagers physiques, voire plus.

Pourquoi plus ? Parce qu’il est loin, face à une machine, et souvent démuni. Parce que je ne peux pas le prendre par la main pour l’emmener dans les rayons. Parce que je ne peux pas lui sortir une de mes blagues carambar (vous connaissiez celle de… non, je m’égare) pour dédramatiser la situation (une interaction avec un usager, je trouve ça très stressant, surtout pour l’usager). Parce que, quelle que soit son aisance face à une machine, il doit gérer la difficulté de la machine, sa difficulté documentaire, et la difficulté relationnelle via une machine.

Voilà : je pense que la distance nous demande une (encore) plus haute exigence par rapport à nos usagers. Mais il y a peut-être débat. Les commentaires sont donc ouverts.

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux


31 Jan

Suite à de récentes aventures survenues en coulisses, j’ai décidé que je ne participerai plus à des projets dans lesquels la diffusion de mes contributions sous un format numérique et sous licence de type Creative Commons de ce type (ou toute autre forme similaire) n’est pas prévue dès le départ.

Je ne veux plus passer mon temps à plaider au quotidien pour le numérique et le numérique ouvert (GNU/Linux, le partage web 2.0, etc.), et me voir proposer des contrats qui n’envisagent qu’une édition/diffusion papier restrictive et/ou une éventuelle diffusion numérique dans des avenirs plus ou moins lointains (plutôt plus que moins d’ailleurs…).

Voilà, c’est écrit et affiché.

J’en profite pour lancer un appel à mes petits camarades et/ou lecteurs, bloggeurs ou pas, afin qu’ils appliquent cette même règle pour leurs écrits professionnels :

  • nous devons rester maître de ce que nous produisons ;
  • nous devons pouvoir partager ces réalisations exactement comme nous l’entendons ;
  • et nous devons les partager largement, et gratuitement, via les réseaux numériques (ce qui n’est nullement en contradiction avec le travail des éditeurs qui peuvent par ailleurs en assurer une diffusion payante)

Qu’on se le dise, comme concluait le garde-champêtre de mon enfance après ses annonces (il avait une jambe plus courte que l’autre – véridique).

PS : Depuis la rédaction première de ce billet, nicomo a apporté une pierre à l’édifice (apparemment il a rencontré les mêmes obstacles que moi et d’autres). Et surtout, il lance une idée (lisez bien le début du dernier paragraphe).

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

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