Dans la série Côté Cotes
- Cotes D. (1/4)
- Cotes D. (2/4)
- Cotes D. (3/4)
- Cotes D. (4/4)
- Cotes D. (bonus management)
Parce que c’est vous, et parce que le projet Cotes D. a été une expérience managériale intense pour moi, quelques enseignements après coup de ces 2 semaines d’improvisation débridée.
1) Coordination globale des 230 jours hommes, du soir pour le lendemain, en juste à temps. Les gens découvrent le matin ce qu’il y a à faire ce jour là. Je découvre les priorités du lendemain la veille au soir après 18 h en faisant le bilan de la journée écoulée et en listant ce qui reste à faire.
2) Autonomie de chacune des sous-équipes, chaque jour, pour trouver moyen de mener à bien la mission confiée le matin. En vrac :
- coller des nouvelles cotes et reclassant au sol au fur et à mesure les documents recotés (seul ou à 2).
- remettre en rayon une collection , munis du listing du nombre de livres pour chaque côté et d’un mètre ruban (2 à 3).
- traiter les anomalies (cotes manquantes, erreurs saisie Aleph, etc…)
- concevoir et mettre en oeuvre au sol le circuit de reclassement
- modifier à la volée un circuit de reclassement
- groupe de 4 réorganisant par cotes en magasin une collection recotée physiquement de 2000 documents déclassés
- étiqueter des documents non classés à l’IUP à partir de planches d’étiquettes par ordre des nouvelles cotes
- reprendre la signalétique tablette, étagère, épi
- concevoir la signalétique (où l’on manage son directeur)
- réceptionner et trier à la volée un déménagement de 7000 livres au rythme de l’arrivée d’armoires roulantes
- coordonner des déménageurs professionnels
- … et des tas de micro-chantiers de quelques heures en fonction des besoins oubliés sitôt faits.
Confier la tâche à faire, puis vérifier plusieurs fois par jour qu’il ne se passe rien de bloquant. Pour le reste, faire confiance dans les solutions trouvées par chacune des micro-équipes, parfois différentes d’une équipe à l’autre pour faire la même chose. Approximations inévitables largement compensées par l’acceptation et l’investissement dans la mise en oeuvre des solutions retenues.
3) Aligner mais pas trop les horaires de tous (arrivée entre 8h15 et 9h, départ entre 16h30 et 17h30)
4) Rôle des coordonnateurs des sous-équipes, hors de tout cadre hiérarchique ou catégoriel. Consacrer des mini-leaderships de fait, et laisser s’auto-constituer des mini-équipes en fonction des présents. Indispensable pour réussir chaque jour l’intégration de personnels nouveaux de Belle Beille (l’autre site) venus donner un coup de main ponctuel (au total plus de 12 personnes différentes, venues chacune un jour ou deux seulement).
5) S’adapter aux aléas quand ils se produisent, sans les anticiper ni les nier. Dans cette affaire, je n’ai rien fait mais ai essayé de penser à tout heure après heure… à la fois général, officier d’état major et estafette : identifiant un trou dans une équipe là (2 congés maladie pendant le chantier, mercredis déplumés), apportant du matériel manquant ici, prenant une décision à la volée face à une question ponctuelle de ci, de là.
6) Etre un peu partout dans la journée, repasser partout le soir pour comprendre ce qui s’est fait, voir chacun chaque matin pour vérifier qu’il est bien intégré dans une sous-équipe et sait ce qu’il a à faire et ce qui a déjà été fait.
7) Faire des erreurs, corriger, transmettre le patch de l’erreur réparée au reste des équipes et recommencer.
Croire qu’on va y arriver et faire partager cette conviction. Etre l’ulcère de tous ceux qui pensent qu’on n’y arrivera pas.
9) Ne pas compter son temps. Arriver la première, partir la dernière. Faire garder ses enfants.
10) Parler, faire parler, dire qu’on a peur, entendre dire qu’on a peur, féliciter, se réjouir, savoir ce que chacun a fait, se moquer de soi-même, se féliciter, parler, faire parler, féliciter, dire ce que les autres ont fait, se réjouir du travail des uns devant les autres et vice versa, faire parler, féliciter, manger des gâteaux au chocolat fait par les autres, avec les autres…
Juste un mot pour conclure : c’est le genre de projet où chacun donne le meilleur de lui même, où la notion d’équipe n’est pas un vain mot, malgré le stress, inévitable. C’est une aventure humaine et ça vaut le coup d’être vécu !
Bref, dans bibliothéconomie de terrain il y a terrain : ce n’est pas African Queen, mais pour les bords de Maine c’est plutôt bien quand même.



2) deux formats A4 paysage pour la signalétique de bout d’épi, permettant d’éditer automatiquement la signalétique en vis en à vis à chaque bout de l’épi
Septembre 2007 : le projet d’extension stagne entre APD et DCE. Je viens d’arriver à Angers et Olivier Tacheau veut, en attendant le chantier de construction/aménagement, me lancer sur un projet de longue haleine. L’acquéreuse de droit est partante et travaille depuis début 2007 à des propositions de remaniement ponctuel de la “Brouillard”.