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Le flux m'a tuer


27 Nov

C’est cette fois MxSz qui avait lancé la commande, , et RM, avec qui je suis d’accord pour une fois, avait répondu . J’ai depuis commencé à tourner autour ici, mais je crois qu’il faut que je développe un peu si j’en crois les débats déclenchés par ce précédent billet. Donc :

  • Nous acquérons déjà nos ressources électroniques (revues) par bouquets indivisibles (enfin si, ils sont divisibles mais le paquet coûte moins cher, en proportion, que l’unité, donc…)
  • Je pense que ce modèle par bouquets/paquets va se généraliser à toutes nos ressources numériques (et comme je pense – je ne suis pas le seul – que la grosse majorité des ressources de la bibliothèque sera rapidement des ressources numériques…). A ce titre, l’exemple de publie.net est frappant : pour une somme dérisoire (pub), nous avons acquis un accès à tout leur catalogue, pas un ou plusieurs titres. On voit d’ailleurs de plus en plus apparaître ces bouquets d’ebooks (je parle de contenus, pas des supports que sont les livrels) dont parle MxSZ : les fournisseurs “traditionnels” de bouquets de revues proposent aussi des paquets d’ebooks et poussent très fort ces produits

Il me semble que la généralisation de cette logique de paquets va sans doute avoir plusieurs conséquences :

  • La polique documentaire monte d’un niveau et perd de sa granularité en devenant une politique documentaire de flux : je choisis d’arroser plus ou moins tel domaine, telle discipline, mais je perds en précision
  • Le nombre des ressources disponibles/potentielles explose (c’est déjà le cas avec les @revues) : on passe dans une gestion de l’abondance / de la surabondance
  • L’acquéreur traditionnel, spécialiste de la discipline, disparaît comme acquéreur à la pièce… parce que les acquisitions perdent également de leur granularité. Les acquisitions se centralisent pour le SCD ou la Bm ou le réseau, et sont gérées par quelques (une ou deux) personnes généralistes gestionnaires de flux, avec décision en équipe de direction
  • Bonne nouvelle, cet ex-acquéreur spécialiste acquiert un nouveau rôle : il devient un e-médiateur et/ou un hôte. Le travail de sélection qu’il faisait en amont passe en aval : scrutant les flux, il extrait des pépites qu’il pousse vers l’usager. Débarrassé de l’aspect ennuyeux des acquisitions (commandes, etc…), il se détache du livre pour se tourner vers l’usager…

Au final, le titre complet de ce billet, c’est : ” Le flux m’a tuer mais il m’a donné une nouvelle vie (signé l’acquéreur) “…

Y


21 Sep

Nouvelle commande, plus sérieuse, où l’on me demande ” qu’est-ce que la génération Y ? Est-ce que (…) les métiers des bibliothèques peuvent attirer la Génération Y ? Et c’est quoi un lecteur de la Génération Y ?

Pour la définition de la Génération Y, je renvoie à l’article de wikipédia qui résume la question, et à Entreprise 2.0 qui se demande comment la génération Y va entrer dans le monde de l’entreprise. Et je réponds à Tph : la génération Y, c’est celle que nous voyons tous les jours dans nos Bu et qui commence à entrer dans les corps professoral. Dit autrement, la génération Y est le coeur de cible des Bu (je ne m’attarde pas sur les Bm qui, en plus de la génération Y, doivent servir les V, W, X et la Z…).

Or, si je reprends quelques éléments ce qu’en dit Entreprise 2.0 en citant Don Tapscott, les “enfants” de cette génération :

  • apprécient la collaboration et les rapports sociaux ;
  • privilégient le fun au fonctionnel ;
  • apprécient l’immédiateté ;
  • veulent de l’innovation.

Donc :

  • nous avons un problème pour apporter à cette génération, et à ses usagers, ce qu’ils veulent
  • mais les métiers des bibliothèques devraient les attirer (parce que cette liste, elle résume un peu ce que sont les métiers des bibliothèques, non ? ;-) )

Pour préciser ma réponse: les métiers des bibliothèques attireront forcément les enfants de la génération Y pour peu que nous leur montrions ce que sont nos métiers, vraiment, en les laissant passer dans les coulisses et en communiquant sur ces métiers et donc sur toute la bibliothèque.

Mais auparavant, il faudra aussi que nous commencions à proposer à ces usagers une bibliothèque qui correspondent à leurs besoins, envies, modes de fonctionnement, parce que nous sommes d’abord à leur service. Et pour cela, il convient sans doute de cesser de nous demander ce que nous voulons et de cesser de leur proposer ce que nous voudrions : le mieux, ce serait de leur proposer ce que eux désirent et ont besoin.

Dit autrement : nous, bibliothécaires des générations X et précédentes, devons transformer nos bibliothèques des générations X et précédentes en une bibliothèque évolutive, qui répondra à la demande de la génération Y, puis sera en mesure de devenir une bibliothèque de génération Z, Z1, Z2, etc.

ERE et la ménopause


19 Sep

Nouveau rendu de devoir suite à cette commande (je me vengerai un jour)

Pour ce qui concerne l’enquête ERE et même s’il y a eu du changement, je vais être bref : je déteste les enquêtes, les tableaux statistiques à remplir, les cases où ça ne rentre jamais (genre Zezette Epouse X), les chiffres en général, les trucs carrés (je dois avoir l’âme ronde, en fait). Je ne sais pas à quoi tout cela sert, et je ne veux pas le savoir.

Du coup, je complète ERE en râlant tout du long, mais ça ne veut pas dire finalement que l’enquête est mal faite. Je suis peut-être simplement en pleine andropause, la masculine ménopause, puisque que l’irritabilité en est l’un des symptômes… (Ouf, je suis retombé sur mes pattes – qu’est-ce qui faut pas faire, j’vous jure).

Voilà, ce billet n’a aucun sens et ne sert à rien, mais j’avais promis de répondre aux demandes…

Numbers


12 Sep

Pour répondre à la commande de Lully :

1/ ” Du caractère nécessaire ou non de la dichotomie entre les bons (ceux qui aiment les TIC) et les mauvais (ceux qui font autre chose) dans les biblioblogs. ”

Je ne sais si cette dichotomie est nécessaire. Elle est en tous les cas classique, il me semble : la séparation Eux/Nous permet à chaque groupe ‘social’ de se définir en se bornant (je ne suis pas historien, mais définir le monde en pointant du doigt des barbares, ce n’est pas très nouveau). Et comme l’on se trouve, concernant le 2.0 (entendez, la bibliothèque numérique et les TIC), devant un groupe en construction, l’on tombe facilement dans ce Eux/Nous. Le problème (et la seconde partie de la commande soulève la question), c’est qu’il n’y a que peu de biblioblogs traitant du 1.0 (entendez, la bibliothèque traditionnelle) : ce Eux/Nous ne trouve donc pas de contrepoids (du moins, pas dans la blogosphère) et l’on voit se construire une quasi pensée unique (à laquelle je participe) selon laquelle les bons, c’est Nous. Or la pensée unique, c’est pas bon du tout pour les neurones… Ni pour les Eux.. Ni pour les Nous…

2/ ” De l’absence des tâches classiques des bibliothécaires sur les blogs de bibliothécaires – et de son caractère transitoire ou définitif. ”

Plusieurs remarques/hypothèses sur cette absence, en vrac :

  • Le bib 1.0 ne blogue pas, il a trop à faire avec Mme Michu qui le saoule avec le dernier livre tellement émouvant de…. Non, je ne donnerai pas de nom d’auteur
  • Le bib 1.0 a déjà disparu, donc il ne peut plus bloguer
  • Le bib 1.0 ne maîtrise pas les outils type blogs, ou il ne voit pas à quoi cela peut servir, que de parler de son quotidien
  • le bib 1.0 croit qu’il est has been, ce en quoi il se trompe lourdement, et il se cache donc.

Ici, je pense que nous sommes sur une absence transitoire et que la situation bouge déjà (cf. les encore trop rares blogs qui parlent de la bib 1.0 sans tomber dans le discours 2.0). Je pense également qu’il est aussi des “missions” des bloggeurs d’aller en vrai dans le monde physique pour montrer et expliquer comment marche un blog, par exemple ; à quoi ça sert ; et comment c’est utile aussi dans la bib 1.0

Partant, je pense également que la convergence 1.0/2.0 est une nécessaire/inévitable évolution (la bibliothèque numérique doit quitter le virtuel pour entrer dans le réel du quotidien – oui, c’est la bibliothèque hybride tout simplement) et que cette évolution produira de fait les blogs qui mettront fin à l’absence que souligne Lully : nous verrons bien un jour des blogs 1.5…

Cela dit, peut-être que les discours 1.0 et 2.0 vont continuer à ne pas utiliser les mêmes outils de diffusion (la revue pour le 1.0, le blog pour le 2.0 ? ) et que cette dichotomie perdurera mais franchement, j’en doute : les deux mondes ne pourront pas s’ignorer très longtemps, si tant est que ce soit le cas.

Voilà, rien de très original mais je n’ai jamais été bon en calcul (si vous saviez ma note en maths au Bac section scientifique/industrielle…)

Clarté obscure


05 Sep

Allons, pour honorer une autre commande, quelques oxymores autour du thème de la bibliothèque :

  • la bibliothèque bondée ;
  • un PC fonctionnant ;
  • une bibliothèque vivante ;
  • une évidence 2.0 ;
  • un magasin utile ;
  • un désherbage protecteur ;
  • et évidemment, un bloggeur taiseux…

OPM (Open Porte-Monnaie)


25 Aug

Nouveau rendu de devoir de vacances et, comme j’ai le choix, je prends le plus facile, soit broder sur ” Votre bibliothèque dispose d’un budget illimité. Comment envisagez-vous l’avenir ?

Je vais de suite dire le fond de ma pensée : je pense réellement que la question du budget est globalement un faux problème sauf quand, comme le disait un de nos récent visiteurs venu du Turkménistan, le budget global de la bibliothèque est de 6000 euros (véridique)… Mais là, nous parlons de Bu et de Bm, qui disposent malgré tout de budgets légèrement plus conséquents.

Pourquoi est-ce que je pense que le budget est un faux problème ? Parce que, dans le domaine qui est le mien, et exception faite de l’offre documentaire numérique parfois chère (mais alors, cela – la question de l’offre documentaire numérique d’importance – concerne les Bu qui ont donc des budgets, faut pas déconner), la bibliothèque numérique peut ne pas coûter cher.

Je ne vais pas tout lister (je parle souvent de tout cela ici), mais quand même :

  • nous avons des SIGB libres et gratuits (citons simplement Koha et PMB)
  • nous pouvons monter des OPAC sympas et gratuits avec WordPress et Scriblio, par exemple
  • l’OAI fait circuler gratuitement des tonnes de ressources
  • des moteurs fédérés OpenSource existent et fonctionnent
  • la musique est présente aussi avec Deezer, LastFm et Cie
  • des SRV peuvent être construits de rien avec Meebo
  • etc.

Donc, sans en faire des tartines et pour répondre à la question : avec un budget illimité, j’envisage l’avenir avec sérénité. Mais avec un budget plus serré, aussi…

Parce qu’il me semble que tout cela relève plus de choix politiques y compris locaux (i.e. au niveau de la bibliothèque) que d’argent. Parce que tout cela relève plus d’énergies locales que de zéros sur des chèques. Parce qu’on peut toujours choisir de prendre des virages, ou pas, même s’il est souvent tentant (pour des raisons personnelles et/ou structurelles, voire les deux en même temps) de continuer à faire ” comme avant “.

Voilà, c’est abrupte, mais c’est ce que je pense. Et ça n’engage que moi.

PS : tout de même : avec un budget illimité, je lâche 30 développeurs/designers/webmestres/bibliothécaires sur tous les projets de fous qui leur passent par la tête pour pondre la bibliothèque (numérique, ou pas d’ailleurs) de demain.

Open-bar, Open-pizzas, Open-barbes ;-)

Hum hum… Petit poème…


20 Aug

Pour répondre à la commande d’OT

Et ce n’est point rêver, Bibliothécaire de nuit
Que pour ton avenir, croire encore au meilleur
Et même si tu penses “Tout m’afflige et me nuit “
Il faut que tu demeures du monde le veilleur…

Des livres tire l’essence, du web la quintessence
Là est tout ton honneur, là est ton seul labeur
Car ce qui te rend rare et fait que l’on t’encense
Est ton art du détail, et ce quelle que soit l’heure !

Certes le monde est las, certes les frontières bougent
Mais tu n’as nulle crainte, puisque tu sais changer
Et que de tout futur, comme à l’accoutumée
Depuis la bibliothèque, tu vois les infra-rouges.

Et donc tes demains, il faut les préparer
Pour tes chers usagers, au mieux tout disposer
Toi qui pour eux est là, toi qui veut leur donner
Le meilleur du meilleur, la crème qu’ils ont rêvée.

Nul ne peut deviner le visage du futur
Mais quelques traits déjà au moins là se dessinent
Et pour nous éviter de taper dans le mur
Je m’en vais te conter comment je le devine.

Sur un méta-réseau sans doute nous serons
Pour vivre et pour mourir, pour aimer, pour rêver
Et les mondes virtuels nous verront travailler
Puis d’autres choses encore, dont je ne sais le nom.

Partout sans doute aussi, le réseau sera là
A quoi que nous soyons, dans tous les plis des vies
Au bureau, dans la rue, aux fourneaux, dans nos lits,
Et même va savoir, au plus profond des bois.

Cette chose incontournable, il nous faut la saisir
Et ne pas la laisser aux vils commerçants
Qui de nos usagers, ne voient que leur argent.

Pour ce futur à venir, il faut nous préparer
Et des jours arrivants, savoir imaginer
Ce qui n’existe pas, qui ne peut qu’advenir.

Il n’y a nulle recette, je n’ai aucun secret
Mais il est une chose, dont je suis bien certain :
C’est regarder au loin, ce qu’il nous faut demain
Pour au centre des vies, toujours nous musser.

Et voilà j’en termine, avec ce long poème
Dont il faut bien le dire, je n’ai rien dit du thème.
Mais cela n’est pas grave, il fallait que je fasse
De quoi gagner au moins, une prime bien grasse.

Voilà déjà que point le tout dernier quatrain
Je ne sais pas encore, que faire de mon final
Et bien que de bon vin, j’ai entraîné ma main
Je crois que je clorai sur un bon point final.


Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

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