Chaos

C'est un chaos qui n'a ni lieu ni nom qu'on porte de soi qui grossit à mesure qu'on avance vers son rien, c'est le bruit du passé que crachent des hauts parleurs de récupération reliés par des entrelacs de fils bricolés remplacés deux ou trois années ensuite par du matériel plus adéquat qu'on pensera longtemps de très haute fidélité avant de s'entendre dire que non on ne pouvait pas affirmer ça

Chasse

Tout commença pendant la grande récession du début du Siècle, bien que personne à ce moment-là ne se rendit vraiment compte des conséquences de ce qui passait encore pour une crise économique de plus, de celles devenues habituelles et qui finissaient toujours par passer comme un mauvais hiver.

Murs #22

(...) aboutissant à laisser sur la quasi totalité du ban des scarifications marquant le passage des machines pelles mécaniques camions enfouisseuses l'ensemble fonctionnant en parfaite régularité ouvrant la terre y déposant ces tubes gris soudés à mesure refermant le tout à telle vitesse que peut-être rien ne se passait...

Murs #21

(...) entourés remplacés d'une triple rangée de barbelés où erraient des êtres choses animaux dépenaillés ne semblant plus remarquer l'épouvantable indescriptible puanteur dans laquelle ils eux tout baignait à peine endormie par l'hiver se réveillant au printemps regagnant le terrain perdu face au froid en quelques jours imprégnant jusqu'à l'air tellement incroyablement forte qu'on finissait par l'oublier

Murs #20

(...) les lits alignés dans ces sortes de cellules aux cloisons s'arrêtant quelques dizaines de centimètres avant le plafond partageant l'espace en aires exactement identiques similaires les couvre-lits ne se distinguant que par quelques nuances dans les rouges oranges éclaboussant les regards se réfléchissant dans les bois cirés des armoires dont chacun était flanqué la nuit les rideaux occult

Murs #19

(...) jusqu'à ce que n'en pouvant plus de chaud sueur ne supportant plus la lumière blanche inox arrivant des cieux aussi dure que c'était possible glissant lentement le long de la pente décrochant des cailloux mottes racines qui tombant nous faisaient presque tomber aussi

Murs #18

(...) ici un bassin s'évasant entre les masses de terre repoussées formant digues grises par un hasard inimaginable l'eau sourdant depuis des jours emplissant à présent toute la vasque disons naturelle tellement transparente (l'eau) qu'on distinguait parfaitement le fond trois ou quatre mètres plus bas