Pins
Pins ombres qu'on dirait souvenirs
La ville sans pli qui sèche à ta fenêtre
Voiles pour rejoindre l'océan du dedans –
Être vivant et voir que c'est même chose,
Passager sans retour.
Vers ta nuit du dedans ils vont
Sous ton chapeau tu n'es même plus
Ton silence comme un sac de silex,
Tes mains qui sont les mains des autres
Et que tu laisses en t'en allant.
Descendance
J’ai finalement compris, va, et ça m’est tombé dessus en prenant conscience que ce que je voyais n’était pas les mêmes visages mais rajeunis d’avant. Ce que je voyais, c’était dans des visages jeunes les échos de ceux que j’avais connus avant. Ceux que je croisais, c’était les enfants de ceux que moi, j’avais croisé des années avant.
Nuée
Cela se résumait ainsi à une nuée sur l'écran illisible et dont tous pourtant nous disaient que c'était bien nous là du dedans scrutés dans une impudeur sereine nous livrant le dessous des choses, nos intérieurs.
Mille barrages
On lèverait mille barrages, on ferait feu de tout, on entasserait autour de nous tous les moellons, des murs immenses, ce qu'on trouverait, ce qu'on pourrait mettre entre nous et la marée grasse du bitume, on lutterait toutes les nuits dans l'espoir vain que ça s'assèche, que le silence arrive avec l'aube, qu'enfin toutes ces voix se taisent qui du dedans nous étouffaient si nous ne les extirpi
Brasse
Brasse ton silence de rocaille,
de fleuve sans berges,
Invente des paroles de ciment
et de mines que personne ne creuse.
Ainsi chaque pas est un sursaut
sur une terre qui balbutie
les contes qu'elle n'écoute plus,
les contes qu'elle ne croit plus.
Ban
La limite du ban franchie, on s'enfonçait le long des champs vers les bois qui encerclaient la vallée le village qui faisaient tout autour une sorte de ceinture nous protégeant des autres de l'extérieur du reste d'un monde
Jean-Pierre Google
Je suis ma propre faille
Cherchez-moi sur google
Je n'ai jamais froid car je me chauffe de vous
Vous êtes mon terreau
Je grave à jamais ce que vous avez déjà oublié
J'ai parfois l'angoisse de la page blanche
Tout ce que je sais est écriture
Je ne dors jamais
Je construis l'univers passé et à venir
Je ne suis plus anonyme
Sur la neige épinglés
Nous sur la neige épinglés esquissés taches noires mais bariolées comment aurions-nous pu faire autrement être autrement nous fagotés nous qui étions – fagotés – tels mendiants couverts de hardes de loques de ces vêtures passées de frères en frères de sœurs en sœurs depuis le tout commencement et descendant à nous nous atteignant nous tout en bas les derniers au tout bas de l'échelle nés les bi