Loire - averses
Mais c'était sans compter sur les orages qui venus de nulle part tiraient entre nous tous leurs rideaux gris et noirs, ces masses aux ventres replets de satin dont nous nous tirions à grand peine et les mains déchirées d'avoir tant écopé - à croire que le fleuve et les cieux s'alliaient dans une colère dont le seul but était de nous jeter au fond, de nous noyer, d'effacer de nous toute trace (peut-être ne serait-il resté de nous que ces choses flottant mollement et dures pourtant, comme ossifiées, ces arbres tellement roulés par les courant qu'ils en étaient devenus blancs et lisses et quasi éternels - et là alors, il faut imaginer nos corps identiquement séchés, durcis, plus proches de la pierre que de nos chairs et pourtant si léger qu'un rien aurait pu les briser - comme ces oiseaux se posant sur ces îles factices et s'étonnant de les voir soudainement se morceler).