Archive for May, 2009

Les bibliothèques ou comment rendre HADOPI caduque


28 May

Lors d’une discussion avec XG au récent Salon du Livre, nous avons trouvé la solution définitive pour contrer le téléchargement illégal. Je vous la livre…

Donc toi bandit dans l’âme qui me lit, si tu veux écouter une chanson, appelle ton discothécaire au téléphone et demande-lui ta ritournelle, il te la chantera. Pareil pour le film que tu veux charger sur la Baie des Pirates, un coup de fil à la bibliothèque et l’un des bibliothécaires te racontera le film.

Enfin (et c’est là qu’on voit à quel point notre idée est révolutionnaire), c’est la même chose pour les livres numériques à venir… Ne te fatigue pas à chercher le dernier Amélie N. sur les réseaux P2P, appelle-nous, nous te le lirons…

Voilà, ce n’était pourtant pas compliqué.

PS : cette idée génialissime est sous Creative Commons by-nc-sa

Le lien facile (4)


26 May

(Je reprends un peu la série SFX)

Le truc le plus complexe, il me semble, c’est la question des ” états de collection ” (ah, ça vous parle, bande de malades…) Essayons d’expliquer…

La KB de SFX (des mises à jour mensuelles venant d’Ex-Libris entretiennent ça) contient un état  des collections présentes sur chaque Target et pour chaque Porfolio (le vocabulaire est ). Par exemple, on sait que tel éditeur donne accès sous forme numérique, dans tel bouquet et pour telle revue, aux articles depuis telle année, tel volume, tel numéro. En SFX, on parle de Global Threshold.

Or… vos abonnements réels (ce que votre budget vous permet d’acquérir) ne correspondent pas à ces Global Thresholds (à moins que vous ne soyez abonnés à toute la doc. élec. partout… Si c’est le cas, votre budget est énorme et je vais peut-être vous envoyer mon CV). Et c’est un problème. Illustrons.

Paul Dupont utilise Scopus, et fait une recherche. Comme vous avez déclaré votre SFX à Scopus, en face de la liste des résultats de Paul, on voit apparaître le zoli bouton BU d’Angers. Caché derrière le bouton, pour certaines de ces références et en se basant sur le Global Threshold de la ressource, SFX pense que le Full Text est là. Lorsque Paul appuie sur le bouton et puisque vous avez activé le Direct Link, SFX emporte directement Paul vers le Full Text et… rien…. Parce que l’article est question est bien proposé par l’éditeur, mais que vous n’avez pas payé ce morceau de la ressource (typiquement, les archives). D’où drame, frustration de Paul qui conchie la Bu et la doc. électronique, sort contrarié et va se calmer au Mac Do en s’empiffrant, d’où problèmes cardiaques, etc… Passons.

Il importe donc d’indiquer à SFX vos Local Thresholds… Pour que vos états réels de collection soient connus et pris en compte par le résolveur, qui tiendra compte de cela pour proposer le vrai Full Text ou des alternatives (version papier de la revue, PEB, etc) au Full Text quand ce dernier n’est pas accessible. Et pour que vos usagers soient certains de la fiabilité des outils que vous leur proposez. Et pour que personne n’ait de problème de santé.

L’interface Admin de SFX permet cela, avec toute une série d’outils qui gèrent les Local Thresholds de manière massive ou très pointue (on peut aller jusqu’à gérer le Local Threshold d’une seule revue). Et ça se fait avec des équations plus ou moins simples du type $obj->parsedDate(“>=”,1995,17,1) && $obj->parsedDate(“<=”,1999,21,10) qu’un outil intégré aide à construire, ou que l’on fait à la main si l’on a envie de s’amuser un peu.

Mais c’est pas automatique, ça. Et on a tendance à l’oublier : derrière, il reste un humain.

Candide et le conservateur (Episode 6 Saison 3)


21 May

Candide : Bonjour….. Euh…. Bonjour…. Hum…. S’il vous plaît ??…..

Le conservateur : Mouuiiii ?

Candide : Pardon de vous déranger, vous avez l’air très occupé.

Le conservateur : Mmmhhhh je suis en train de faire mes acquisitions.

Candide :  Je pensais que vous aviez des missions d’impulsion, d’encadrement et de direction. Votre poste inclut donc des fonctions d’acquéreur ?

Le conservateur : Oui, c’est même mon unique mission, et cela requiert une extrême spécialisation.

Candide : Ah… Vous êtes responsable des acquisitions dans quel domaine ?

Le conservateur : L’Anthropologie des Sports Extrêmes au Turkménistan

Candide : …

Le conservateur : …

Le quart d'heure R&D


19 May

Et voilà, j’ai ramassé tous ceux qui pensent que je vais parler de RnB… Désolé, vous avez mal lu : mon propos va porter sur la Recherche & Developpement en bibliothèques. Ou plutôt, sur son absence sa rareté.

Parce que sauf erreur de ma part (auquel cas, merci de me corriger et de vous signaler dans les commentaires, ça nous permettra de commencer un annuaire), ça n’existe pas vraiment en tant que tel, ce n’est pas en général reconnu comme une tâche à part entière ou comme une composante essentielle des fonctions présentes dans les bibliothèques (et ça montre une chose, je crois : que nos structures sont globalement tournées vers le passé et la tradition, pas vers l’avenir et l’innovation).

Du coup, est-ce qu’il n’est pas temps de monter de telles cellules ? Est-ce que l’on ne peut pas envisager que, dans les bibliothèques, certaines personnes des équipes voient apparaître, dans leur profil, noir sur blanc, cette mission de R&D ? L’on aurait alors des cellules chargées de veiller, tester, inventer, créer, innover (vous en voulez encore ?)… De préparer les virages, ou mieux, de les initier.

Bon, formellement, on peut tout imaginer : de vraies cellules à fonctionnement très régulier, genre réunion mensuelle, etc.. ; des missions temporaires (“Tiens Coco, dans les six mois qui viennent, tu me défriches tel sujet et tu me proposes un prototype à la fin”) ; deux lignes sur trois profils (ça fait 6 lignes et ça fait déjà une cellule R&D) ; que sais-je encore. Vous en pensez quoi, vous ?

PS : Evidemment, si le niveau local ne s’y prête pas, peut-être qu’une cellule R&D régionale ou nationale pourrait jouer ce rôle – même si je pense qu’en l’espèce, il y aurait un gros risque d’auto-enlisement administrativo-structurel mâtiné d’ego-luttes.

PS2 : Je ne suis candidat à rien.

PS3 : la R&D n’est pas réservée aux “geekeries”, loin de là : ça ouvre des perspectives pour tout le monde, non ?

Que suis-je ? (3/3)


14 May

Malgré ce qui précède, je vois bien que ce fantasme cette idée du Conservateur comme Scientifique reste très présente dans les discours sur la fonction. Pourquoi ?

J’ai tendance à penser que c’est lié à notre concours : en ne recrutant que des littéraires-historiens-philosophes (regardez qui décroche le concours de conservateur – d’ailleurs, j’ai moi-même une formation littéraire), on empêche de fait l’aspect managérial, gestionnaire, pratique, de notre métier, d’être considéré pour ce qu’il est : le noyau dur. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur tend à penser que la réflexion est plus importante que l’action ; et que les livres comptent plus que tout. Sauf exception, il me semble qu’un lauréat du concours de Conservateur pense dans le fond que le management, c’est sale ; que la gestion, c’est pour les comptables et que la régulation, c’est réservé aux cheminots (d’ailleurs, si on lit bien les commentaires de cette série…).

Du coup, il apparaît comme plus “noble” d’être un “scientifique” théoricien qu’un bon praticien, actif et qui mouille la chemise. Mais gloser est facile (et tout mon blog le prouve ;-) ).

Ma conclusion (bon, réchauffée maintenant vu les commentaires passés – on ne devrait jamais répondre à ses commentateurs…), c’est :

  • Cessons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, n’avons pas à être, et ne serons jamais : des Scientifiques (avec ou sans majuscule) ;
  • Attaquons-nous au réel des bibliothèques : nos capacités de réflexion (si elles existent – donc je suis hors-jeu) ne peuvent que leur servir dans les combats qui devraient être les nôtre, et qui ne doivent nous amener qu’à une seule chose : faire que les bibliothèques deviennent des prestataires de services. Juste ça, et c’est déjà énorme.

Le reste, le Conservateur scientifique, c’est sauf exception (le 0,01% de conservateurs évoqués ici, qui font un réel travail scientifique) du domaine de la marotte, de la danseuse qui ne doit relever que du temps personnel de chacun, pas de ses missions revendiquées.

Que suis-je ? (2/3)


13 May

Comme je le disais hier, je ne suis donc pas un scientifique. 99,99 % de mes collègues non plus, et ce n’est pas grave. Que suis-je, alors ?

  • Un manager : je pilote des humains et des équipes (bon, dans mon cas, c’est très facile : petite équipe, bonne équipe), je motive, je régule, je dynamise (et ce n’est pas rien…), j’organise, je suis devant mes troupes et je les porte ;
  • Un gestionnaire : je gère des budgets, des fonds, des flux (documentaires et humains – mes usagers) ;
  • Un praticien : je mets en place des services, avec mes équipes et avec ce qu’il me reste d’argent et/ou d’énergie. La “bibliothéconomie” est un sport de terrain, d’abord. Elle n’existe que dans le monde réel et pour moi, le monde des réseaux, faussement nommé “monde virtuel”, est on ne peut plus réel : coupez tous les accès au Net dans votre bibliothèque en pleine journée, vous verrez si ce n’est pas du réel…

Voilà, je pense que mes missions, c’est ça. Ni plus, ni moins. Et je trouve que ce sont de belles et nobles et excitantes missions. Mais si j’en crois un sentiment diffus (cf. les débats feutrés que j’évoquais dans le premier billet de cette série ou ce que j’entends ici ou là), cette position n’est pas partagée par tous mes collègues, dont d’aucuns préféreraient nettement, donc, être considérés comme des Scientifiques (avec la majuscule), pour des raisons qui me restent mystérieuses (non, un prof ne me considérera pas mieux si j’ai un doctorat. Par contre, si je lui apporte ce dont il a besoin, je gagnerais tout son respect et toute son amitié : ma légitimité repose sur les services que j’assure – ou pas).

Demain, nous verrons pourquoi nous ne voulons pas / ne pouvons pas être ce que nous devons/pouvons être.

Que suis-je ? (1/3)


12 May

Les forums fermés des cercles d’initiés (comprenne qui pourra) sont l’objet en ce moment d’un débat qui voit ressortir l’éternelle question qui hante les Conservateurs de bibliothèques depuis des temps immémoriaux (au moins) : sommes-nous des scientifiques ? Si non, que sommes-nous ou que devons-nous être ? Voici ma position toute personnelle.

Point de départ : je ne suis pas un scientifique. Je ne fais pas de recherche, je n’ai pas de blouse blanche, je ne réalise pas d’expériences, je ne produis pas de textes à valeur scientifique. Je peux avoir une (vague) réflexion, mais elle concerne ma pratique, et n’a rien de théorique. Et d’ailleurs, je ne cherche qu’une chose : rendre les services qu’attend de moi ma communauté.

Ce qui se passe ici, par ailleurs, ne relève pas du scientifique ; du débat, éventuellement, mais certainement pas du scientifique. En fait, pour tout dire, je ne suis pas certain qu’il n’existe pas une science des bibliothèques, ou alors c’est une science plus que molle, presque une non-science. Mais ce n’est pas grave et ce n’est pas le débat aujourd’hui : nous avons mieux autre chose à faire. Demain, nous verrons quoi.

PS : Ces questions regardent tout le monde, pas seulement les happy fews. Ce genre de débat doit se dérouler au vu et au su de tous, pas dans des carrés V.I.P. : je n’interviens donc pas dans les forums évoqués ci-dessus.

Vous m'en mettrez deux chapitres ?


10 May

Rebond sur le post du Nombril : si OT s’étonne plutôt du fait de voir vendu des bouquins que l’on peut consulter par ailleurs gratuitement en ligne (voir son billet), cette pratique de vente au chapitre me semble en plus appeler quelques remarques.

De fait, le parallèle avec le changement de granularité déjà constaté en musique me semble évident (plutôt qu’un achat d’album, on achète un ou deux titres). Si ce modèle se transpose au livre, cela pose pas mal de questions :

  • Quid de la cohérence de l’oeuvre – mais c’est déjà pareil en musique ;
  • Quels sont les intérêts financiers en jeu (la vente à la découpe est-elle plus lucrative et si oui, pour qui ? Quid des droits d’auteur, en l’espèce ? Sont-ils calculés au chapitre vendu ? Au mot ? Est-ce un forfait ?) ;
  • Quel peut être le positionnement des bibliothèques par rapport à ce possible modèle (allons-nous acheter des livres numériques entiers puis les prêter par chapitres ? Là, on voit bien que le modèle achat pour lecture en ligne est beaucoup plus intéressant et pratique)
  • etc. (aidez-moi à compléter, les commentaires vous attendent)

En bref : la vente à la découpe est-elle l’avenir du livre ?

(MàJ) : Il y a des réponses à mes questions (en particulier concernant les droits d’auteur) dans les commentaires du billet en question.

Lève-toi et marche


07 May
  1. Partons d’un constat : les longues heures en BR – Bureau de Renseignements – nuisent à nos corps superbes, qui finissent par s’avachir.
  2. Ajoutons une hypothèse : le Renseignement doit se faire in situ, de manière dynamique, entre les rayonnages.
  3. Soulignons un point : un BR a besoin d’un ordinateur.
  4. Mélangeons, cherchons sur le net…

Et voilà l’outil idéal, qui nous permet de mettre en place, dès demain, le BRA : Bureau de Renseignements Ambulant.

Vite, à vos bons de commande…

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La scène du balcon


06 May

muppets1Bon, je me suis encore fait griller par Marlène, concernant l’annonce. C’est normal, c’est la plus jeune.

Bref. Les présentations, fichiers sonores et comptes-rendus des journées Archives Ouvertes Couperin sont en ligne.

Dans le genre multi-support, à part le Braille, on ne pouvait pas faire beaucoup mieux (si, la vidéo, mais certain/e/s intervenant/e/s avaient des contrats d’exclusivité avec Hollywood ; et puis les doublures et cascadeurs, ça coûte vite un peu cher, sans compter les caravanes Grand Luxe qui ne rentraient pas dans l’amphi.)

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

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