Sédiments

21 Apr
closeUne année au moins est passée depuis la publication de ce billet qui peut donc contenir des informations un peu datées.

Juste quelques lignes pour garder traces de cette impression que :

  • twitter et facebook (twitter surtout, pour ce qui me concerne) sont les premiers niveaux d’une ‘réflexion’ qui apparaît et s’élabore là, en vrac, sur les réseaux ;
  • puis se cristallise en s’organisant dans les blogs ;
  • puis se sédimente dans les revues papier.

Bon, au début, il y a beaucoup de bruit mais quand même : quelque chose se passe là.

Certes, rien de bien nouveau dans le fond : la discussion et les échanges (dans des salons) amènent des réflexions que l’on peaufine dans des ‘notes’, que l’on organise dans des ‘articles’, que l’on structure dans des ‘livres’.

Mais quand même, une bascule dans ce qui change :

  • l’instantanéité des échanges ;
  • le nombre de participants à la discussion ;
  • le fait que les prémices d’une idée (d’un texte) sont enregistrés dès ses premiers ‘pas’… (les généticiens du texte, les historiens, les épistémologues  en général sont assis sur un tas d’or, pour le futur)

Vous voyez autre chose ?

(MàJ) : en écho, un billet très détaillé sur twitter et les bibliothèques chez le bibliobsédé, à ne pas rater (le billet, pas l’obsédé – enfin si, aussi ; enfin bon, allez lire).

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25 réponses

  1. ManuelNo Gravatar says:

    La vraie question c’est à qui appartiennent les twitts et que peut-on en faire ? Puis-je construire un paragraphe de mon livre en paraphrasant ou citant les twitts des autres ?

    Après le peer-to-peer et hadopi, y aura-t-il une loi contre le “Retweet” ;-) ?

  2. dbourrionNo Gravatar says:

    @Manuel : sans doute que le droit d’auteur (et donc les bonnes pratiques de citation, etc) s’appliquent à twitter – on peut aussi imaginer quelqu’un qui mette ses twitts sous Creative Commons par exemple…

  3. LullyNo Gravatar says:

    Deux remarques.
    1. d’après Sophiebib, il faut dire tweet et non twit (j’avoue ne pas avoir vérifié).
    2. comment est-ce possible que ce présent billet mentionne celui de Bibliobsession, et que Silvère cite celui-ci ?
    En fait, je soupçonne la vérité : Daniel et silvère ne seraient qu’une seule et même personne !

  4. [...] rebondis sur un billet de Bibliobsession, et un autre de Daniel au sujet de Twitter. J’ai laissé un commentaire sur le second pour dénoncer une imposture [...]

  5. LullyNo Gravatar says:

    Pardon, je n’avais pas vu le “(MàJ)”…

  6. cbulteNo Gravatar says:

    Pour la question de la citation, j’avais noté http://gunther-eysenbach.blogspot.com/2009/04/how-to-cite-twitter-how-to-cite-tweets.html. Et vive le CC, je vais règler cela pour notre Twitter demain.

    Pour l’utilisation de Twitter vers nos usagers, nous avons fixé la politique suivante: “Nous allons utiliser cet outil pour vous communiquer des informations brèves, vous recommander des ressources électroniques ou des articles et billets qui nous semblent intéressants… En gros, vous parler de tout ce qui nous semble incontournable mais que nous n’avons pas le temps de traiter plus complètement sur le site ou le blog des Bibliothèques.” http://blogusoperandi.blogspot.com/2009/04/nous-gazouillons-sur-twitter.html Les tweets seront retravaillé dans des billets de synthèse sur le blog avec du recul et une vision plus critique.

    Je le vois aussi comme un outil de valorisation du travail de veille que nous devons faire de toute façon, cela permet de la rendre directement et facilement utile et visible pour nos usagers, au delà des politiques à plus long terme.
    D’autre part, le flux rss des tweets arrive immédiatement vers les boites mails des catalographes qui répercutent les nouvelles ressources identifiées dans le catalogue pour une utilisation à long terme. Cela évite les échanges de mails interminables entre collègues.

  7. dbourrionNo Gravatar says:

    @cbulte : merci de ces précisions. Mon propos porte toutefois moins sur twitter et les bibliothèques (c’est le thème du billet de Bibliobsession) que sur les effets que sur ma manière dont twitter, facebook, blogs et autres s’articulent dans ma propre “pensée” ou “réflexion”(et ça dépasse largement les bibliothèques). Il faut que je fasse un billet plus précis là-dessus…

  8. LullyNo Gravatar says:

    Pour répondre à la dernière question du billet, je vois “autre chose” : notre incapacité croissante à lire une information longue (cf. un tweet de Marlène récemment, incitable puisque privé).
    Nous sommes passés du livre ou article BBF au billet de blog.
    Et nous passons du billet au tweet.
    Je suis convaincu que cela influe sur la capacité, à terme, à réfléchir en nuances — ou plus exactement à réfléchir dans le temps.
    En effet je pense qu’il est possible dans une certaine mesure d’exprimer une pensée nuancée en peu de mots.
    Toutefois la pensée elle-même se trouve parfois au fil des phrases pour l’exprimer, elle évolue pendant qu’elle se dit et son auteur se rend compte que sa conception initiale n’est finalement pas celle qu’il croyait.
    Je ne sais si je suis très clair, mais je pense être dans le vrai (en tout cas je suis d’accord avec moi-même) : notre pensée prend forme dans le temps, et ce temps désormais se raccourcit.

  9. dbourrionNo Gravatar says:

    @Lully : peut-être alors que la forme de notre pensée même est en train de changer (j’ai tendance à le… penser) ; et que par ailleurs, nous sommes en train de passer d’une pensée individuelle à une pensée collective (j’ai aussi tendance à le penser, et mes autres mois, collectivement, sont d’acord)

  10. LullyNo Gravatar says:

    Si nous passons parallèlement d’une pensée inscrite dans le temps d’une réflexion, à une pensée instantanée — et d’une pensée individuelle (celle-ci étant tout de même un mythe aussi, et la République des Lettres n’est pas une invention récente) à une pensée collective, peut-on en conclure que les phrases qui se succédaient jusque là dans mon cerveau pour aboutir à un beau concept prennent désormais la forme de tweets émanant d’auteurs différents, la communauté s’emparant alors de la conclusion de ces échanges ?

  11. dbourrionNo Gravatar says:

    @Lully : oui, je suis assez partisan de cette hypothèse.

  12. mdelhayeNo Gravatar says:

    étrange : depuis plusieurs jours je tourne autour d’une idée que je ne sais pas / n’ose pas développer, et aujourd’hui c’est @lully qui poste exactement ce que je pensais… #wdl

  13. dbourrionNo Gravatar says:

    @mdelhaye : tu parles de ce post : http://bibliotheques.wordpress.com/2009/04/21/que-vient-faire-la-world-digital-library-dans-cette-galere/ ?
    Ce n’est pas exactement l’illustration de la “théorie” qui est esquissée ici, parce que le post de Lully n’a pas été esquissé et discuté d’abord sur Twitter, sans erreur… Dans le cas de ce billet, simplement, les constats concordent ;-)

  14. LullyNo Gravatar says:

    Si vous mettez des #tags sur vos commentaires, j’aurai du mal à suivre (l’impression de s’être trompé de porte). Et si, d’une certaine manière, la WDL a été abordée sur Twitter puisque j’ai demandé si qqun voulait s’en charger. Tout le monde m’a remercié par avance. Donc ça signifiait : c’est bien si qqun en parle, mais c’est vrai que c’est pas emballant.

    D’ailleurs, c’est intéressant comme concept : le billet dont l’écriture n’intéresse personne, dont le sujet n’intéresse personne, mais dont l’existence soulage tout le monde…

  15. [...] 9:55 (opac) Tags: Sudoc, Worldcat Comme me l’a signalé lucief (tiens, puisque Marlene met des hashtags dans ses commentaires, dois-je citer des comptes Twitter avec une @ ?), on retrouve à présent des localisations Sudoc [...]

  16. [...] dois dire que cette évolution doit beaucoup à la lecture de ce billet du Taiseux Bavard (Daniel Bourrion) sur la notion de sédimentation (voir aussi cette présentation). La veille, [...]

  17. [...] votre attention sur les hypothèses conclusives qui reprennent les points esquissés dans ce billet sur les sédiments et bouclent la boucle en illustrant in vivo le lien twitter -> blog -> [...]

  18. pagesapagesNo Gravatar says:

    Bon, je n’ai eu qu’un seul café, donc il faut m’excuser, mais juste en réaction : je suis frappée de plus en plus (sans doute que je vieillis ? oh, je ne vous remercie pas de cette pensée :-) ) de la façon dont des règles, des “jugements” se dégagent de la pensée autour de nouvelles technologies. Elles traduisent souvent une inquiétude latente (je suis peut-être à côté de la plaque, mais c’est ce que je ressens ici, je twitt plus, donc je pense en 140 signes donc ma pensée se fait différemment, hou, soyons attentifs à cela, sinon, nous allons penser en 140 signes toute la vie et finir cons comme des paniers -en 140 signes). C’est pareil pour les débats autour du livre numérique et du livre papier qui sent si bon ma bonne dame, c’est sensuel un livre, comment se passer du contact charnel avec le livre hein ? (rhô, je me moque, pas réveillée et déjà peu charitable).
    Pourquoi n’y aurait-il pas de la place pour tous. Et l’homme est-il si malléable qu’il lui suffit d’utiliser un outil pour être contaminé, modifié ? Et pourquoi vouloir établir des liens de cause à effets en négligeant la possibilité de l’éventail ? Je ne twitt pas comme je blogue, je ne blogue pas comme je parle, et ma pensée s’active autour (oui, elle s’active, ne riez pas, hein, je vous ai à l’oeil) de ces différents supports différemment, tout comme je ne mange pas la même chose à tous les repas (repas rapides, repas interminables, repas où l’on échange) tout comme je ne regarde pas tous les soirs le même documentaire sur Arte. (j’ai honte, mais des fois, je regarde une série policière bien naze sur TF1 juste pour pouvoir rigoler un peu) bref, je me sens enfermée par ces réflexions qui nient l’imprévu, l’impromptu, le non classable et en plus, j’y pense, c’est justement ça ce que m’apporte un twitt : non pas sur le plan de l’idée ou du contact, mais sur le plan de la surprise. J’ai twitté et cliqué sur un lien pour arriver ici. Pouvais-je savoir 3 secondes avant que j’allais écrire un commentaire de 3 tonnes sur la façon de penser par rapport aux outils neufs ?
    Plus j’y pense, plus je crois que l’être humain possède en lui un grand besoin de contrôle. Les twitts et blogues contiennent une part de chaos (genres, substances, sujets, violence parfois) et cela est rassurant de vouloir en extraire des types de fonctionnement. Mais je me dis que c’est comme vouloir contrôler un fleuve, les règles se font elles-mêmes en dépit de nous, elles suivent chacun et sa pratique sans forcément être partagées, parce que nous ne sommes pas tous identiques. Et je crois qu’il faut laisser la porte ouverte à ce qui ne colle pas avec ces règles sous peine d’installer un mode de pensée réducteur (tout en croyant exercer une pensée objective). Et devant moi se dresse l’exemple effrayant (hoUHouu…) d’un Finkelkraut, homme d’une belle intelligence, mais que sa peur panique de perdre pied (de perdre le pouvoir que sa pensée élevée lui confère, supériorité du cerveau et de la kulture) contraint à dire des contre-sens et du grand n’importe quoi lorsqu’il juge internet, en faisant des généralités d’un morceau d’iceberg qui dépasse..
    Bon, je suis désolée de ce commentaire long et un peu blebleble, le café je dois rejoindre pour retrouver ma forme humaine, ne m’en voulez pas… :-)

  19. dbourrionNo Gravatar says:

    @pagesapages : JE dis que c’est peut-être une connerie (à voir ;-) ) ; pour la vision bouddhique, faut méditer….

  20. LullyNo Gravatar says:

    @pagesapages et @dbourrion : les outils que nous avons à disposition pour réfléchir conditionnent notre manière de réfléchir.
    Ce n’est pas une critique de ma part, et ce n’est pas lié aux nouvelles technologies.
    Exemple : au XIIIe siècle ont fleuri les Sommes (pas seulement théologiques). Elles n’auraient pu être rédigées si, au siècle précédent, les moines n’avaient pas découvert que les tablettes de cire étaient bien pratiques pour faire des brouillons de leurs pensées. Ils pouvaient désormais élaborer d’avance, et par écrit, un plan d’ensemble, avant de se lancer dans la rédaction.
    Donc, au XIIe siècle, on a des Sentences (Pierre Lombard, etc.) et au XIIIe les Sommes (de saint Thomas d’Aquin et autres).

    Mais réfléchir en 140 caractères pousse à un plus grand partage de la pensée, qui s’élabore différemment, produit des résultats différents (un mélange de haiku et de think-tank). C’est une richesse, incontestablement.
    Et naturellement elle n’est pas suffisante (mais qui réclame que Twitter soit désormais la seule manière de penser ?).

  21. [...] on peut réagir aussitôt, sont plus faciles à lire sur un écran qu’un mail interminable), par fragments et sédiments, alors Google Wave devrait et pourrait remplacer le mail (et non se surajouter à [...]

  22. dbourrionNo Gravatar says:

    @pagesapages : suis d’accord avec vous à 100% – même sans café

  23. dbourrionNo Gravatar says:

    @pagesapages :

    1. attention, ce n’est pas parce que deux personnes sont d’accord sur quelque chose que ce quelque chose n’est pas une connerie ;-)

    2. Je pense plutôt à des boucles rétro-actives équilibrées : mes modes de communication me modifient autant que je participe à les modifier. Sauf qu’à titre individuel, je pense être plus modifié par Twitter que JE ne modifie Twitter…

  24. pagesapagesNo Gravatar says:

    Oh bé chouette alors ! :-)
    Je viens de penser à autre chose (oui, oui, j’arrive à penser à des trucs variés, je suis on fire, ce matin :-) ) c’est que l’écrit, qu’il soit microscopique comme dans un twitt ou plus long comme dans un blog ou encore plus long comme dans Guerre et paix, l’écrit, c’est toujours nous derrière, nos pieds dépassent toujours. Si j’ai l’esprit curieux, j’utiliserais internet avec curiosité, si je suis un vieux ronchon dépressif, je ne mettrais pas de lol ni de mdr nulle part et mes états d’âme s’étaleront sur la toile. Enfin bref, je me demande si la pression, la modification que nous exerçons sur ces modes de communication n’est pas plus forte que celle qu’ils exercent sur nous. Du coup, le mouvement serait toujours celui de notre action avant tout.
    Bon, maintenant je vais retourner dans ma caisse sous l’escalier :-)

  25. pagesapagesNo Gravatar says:

    Ah oui, jeu d’équilibre et modifications en miroir, très belle idée (j’ai pas dit que c’était pas une connerie, j’ai dit que c’était beau :-) ) et vision presque bouddhique pour le coup. Le grand Tout auquel je participe et qui me nourrit autant que je le fais. J’adhère à ça.
    (signé : Petit scarabée)

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