Encensoir (3)
Ce qui n'empêchait pas qu'aucun ne serait resté seul avec lui pendant la nuit ; et qu'à y bien regarder, ils évitaient même de rester seuls dedans la chambre lorsque les autres s'attablaient dans la cuisine pour y casser la croûte vers les trois heures du matin, quand il était temps de mettre quelque couvercle sur la faim, et d'éponger un peu ce qui déjà avait été avalé – en y rajoutant un peu de vin, aussi, pour faire bonne mesure, plus fort mélange,ce qui fait qu'il arriva plus d'une fois que l'on retrouva au matin les veilleurs écroulés sur les chaises, endormis, assommés, ronflant la bouche ouverte, certains la tête posée dessus leurs bras croisés sur le cercueil comme si soudain, soudain, le mort n'avait plus été là...
Encensoir, extrait