Archive for March, 2009

A mille lieux


31 Mar

Médiat Rhône-Alpes et le SCD de l’Université de Savoie m’ont invité (merci) à la même table que Yves Alix, le rédacteur en chef du BBF, le jeudi 26 mars, pour discuter des lieux où se faisaient les débats et les échanges de notre profession. Voici mes notes (en vrac) et ma présentation (tout en bas).

A. ” Entre ouverture et replis “, présentation d’Yves Alix.

L’un de ses toutes premières phrases est : “Je fais de tout un article” : la matinée fera l’objet d’un article BBF.

1. De qui, de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de “la profession” ?

Difficultés de définir cette profession, lien à faire avec le développement des bibliothèques durant le 20 ème siècle ; de la lecture publique après 1970. Rappel des chiffres (nombre d’emplois, etc.) / Culture commune récente.

Profession structurée par une formation et un diplôme communs ; fonction publique largement représentée ; statut. Progression de la profession. Composante identitaire forte. Métier construit par la différentiation par rapport à d’autres métiers (documentaliste, archiviste, etc.) & par la reconnaissance (élus, administration).

Profession peu visible. Y.A. estime que la profession représente 50.000 personnes, c’est à dire que numériquement, “nous ne sommes rien”. Profession non événementielle parce que la bibliothèque n’est pas un évènement.

Une crise d’identité : tendances paranoïaques, repli sur soi, tension entre revendication et affirmation. S’y ajoute la remise en cause du rôle et de l’utilité des bibliothèques physiques. Disparition, dans le vocabulaire ministériel, du terme de “bibliothèque” (cf. nouvel organigramme du ministère). Spécialisation et technicité accrue, assortie d’une polyvalence augmentée. L’identité commune des bibliothécaires est en train de se disloquer.

2. Quelle solidarité ?

Profession faiblement politisée, qui a diminuée avec le temps (rappel de l’importance du militantisme des bibliothécaires. Désengagement politique marqué mais nouvelles formes de militantisme. Mais constance de l’engagement (minoritaire) dans le syndicalisme professionnel et donc essentiellement associatif (militantisme statutaire).

L’association est vue comme outil de mobilisation. Pas d’homogénéisation de la profession. Séparation des tutelles. Spécialisation des formations & emplois. Faible mobilité. Conséquences : faiblesse de la visibilité des bibliothèques dans le monde syndical. Émiettement du mouvement associatif.

YA dresse un tableau du paysage associatif français dans les bibliothèques, très éclaté.

3. Quelle information ?

Comment cette profession s’informe-t-elle ? Plusieurs canaux d’informations (publications officielles, sites officiels, publication papier ou en ligne des grandes institutions comme BnF, revues papiers comme le BBF etc.) Focus sur le BBF. Une revue comme le BBF n’est pas (formellement – temporalité en particulier) appropriée au débat. Place particulière de Livres Hebdo.

Sites internet des revues (BBF, etc.), des associations (avec pages réservées aux adhérents => débats qui restent internes aux associations / exemple de l’ADBU)

Exemple du Cilip (Royaume-Uni) (www.cilip.org) portail commun aux professionnels des bibliothèques ; Etats-Unis (ALA et sa revue, 70.000 abonnés) ; Allemagne (DBV, association d’établissements, 2000 établissements ;revue BuB).

Fais un rêve : un Revue89 des bibliothèques ?

Outils collaboratifs (Bibliopedia) ; Blogs ; Listes de diffusion ; biblio-fr

4. Quels échanges, quels débats ?

Echanges et débats peuvent-ils avoir des temporalités différentes ? Question du politiquement correct…

Conditions d’un bon débat : indépendance du support ; liberté d’expression mais netiquette ; pas d’anonymat ; pas d’inféodation ; respect des opinions d’autrui ; pas de doctrine, de doxa ; réactivité ; publicité ; modération et synthèse.

Plaide au final pour une fusion, ou fédération, des associations professionnelles ; pour une revue unique pour arriver à un effet de masse ; engagement des nouvelles générations ; ouverture plus large

5. Questions, réactions de la salle

Multiplicité des revues = richesse /Y.A. : Fédération ne signifie pas disparition des structures et/ou revues. Mais idée d’une revue fédératrice support.

ABF comme “réservée” aux Bibs territoriales. Syndicat vs association professionnelle (positions beaucoup moins claires – illusion que l’on est plus écouté si l’on est moins virulent). Playdoyer pour un vrai syndicalisme. / Y.A. : partiellement d’accord. Rappelle que l’association essaie d’être consensuelle pour rester proche de tous ses adhérents. Mais une association plus importante peut mettre en place des structures des débats internes même si il s’en dégage un message univoque au final. Pour l’heure, double déficit (associatif et syndical)./ A. Caracco : la profession n’est pas si émiettée que cela. Et cette émiettement est peut-être simplement une multiplication positive.

B. Ma pomme : “Je fais de tout un billet, la preuve…”

[slideshare id=1190064&doc=savoiegael-090324094551-phpapp02]

T'as ton kit ?


26 Mar

Quelque chose m’a frappé au Salon du Livre : beaucoup des personnes avec lesquelles j’ai échangé sur le livrel avaient sous le bras journaux et/ou livres, et certains m’ont parlé fort intelligemment du numérique avec tout ça (livres et journaux papier) dans la main (et dans la tête, je crois).

A chaque fois, les discours partaient du livre papier pour analyser le numérique, et je me suis dit qu’on ne pouvait pas appréhender le numérique depuis le livre ; et que c’était peut-être pour cela qu’il y avait ce décalage grandissant (enfin, c’est mon ressenti) entre un discours et des positions “traditionnelles” autour de la question, et les pratiques quotidiennes que je vois autour de moi.

En fait, je pense que l’on ne peut quasiment pas penser le numérique et ce qu’il change, à partir du modèle du livre physique. Pas encore. La rupture est tellement violente que les cadres anciens de réflexion sont pour partie inadéquats, et qu’ils ne servent à rien, au mieux ; contribuent à sous-estimer la valeur des nouveaux contenus produits, au pire (au sens où le modèle du roman, par exemple, ne peut peut-être pas aider à apprécier et jauger ce qui se fait dans les blogs où se crée sans doute une littérature nouvelle ; et que si l’on utilise Proust comme seul référence qualitative, on risque de ne pas comprendre cette nouvelle littérature – en même temps, le Marcel, je pense que ça l’aurait fasciné, cette possibilité d’extension infinie du texte que permet un blog de création littéraire, lui qui devait bien s’amuser à coller partout dans ses manuscrits ses petits bouts de papier qui lui servaient de MàJ avant l’heure).

Enfin, tout ça pour dire que moi, en face des lettrés et de leur kit de lettré, j’étais comme une nouille avec mon sac à dos qui ne contenait que mon netbook et mon livrel. Je ne devais pas faire très intelligent. En même temps…

PS : bien entendu, mon netbook, mon livrel, participent de mon propre kit de “jeune branché numérique” (enfin, jeune, faut le dire vite) : on est toujours le kit de quelqu’un…

PS2 : non mais vous imaginez, Proust avec un outil comme un blog ? Vous imaginez ?…

Des trains à travers la plaine


25 Mar

Et chenillant vers d’autres âmes il n’a du paysage que l’ébauche, une aquarelle toute diluée de pluie.

Dans l’illisible attente du soir c’était chansons qu’il espérait quand là ne passent que souvenirs, quelques silences.

21 centimes


24 Mar

J’ai demandé ces jours-çi le catalogue de l’un des aggrégateurs de contenus numériques de la place, et sa lecture a été très instructive, concernant les différences de prix entre les versions papier, et les versions numériques, des documents.

Globalement, la différence est en moyenne (et sauf erreur de ma part) de 2 euros, mais je voudrais m’arrêter sur le premier bouquin de la liste, un ouvrage d’architecture vendu 60, 21 euros en papier, et… 60 euros comme fichier numérique, soit une différence incroyable de… (les forts en maths ont déjà trouvés, je laisse encore quelques secondes aux autres, comme moi…) de… 21 centimes.

Voilà. Ce chiffre m’a plongé dans des abîmes de réflexion, que NaCl, du bureau voisin, a alimenté en faisant remarquer perfidement que ces 21 centimes devaient représenter le coût de toute la chaine de production papier d’un livre, économisé ici par la dématérialisation de l’ouvrage.

Comme je ne trouve pas de réponse à mes interrogations, je vous passe le bébé : qu’est-ce qui justifie que la différence entre les deux versions de ce livre ne soit que de 21 centimes ?

Tout le monde comprend bien que la production d’un fichier numérique est moins coûteuse, ne serait-ce que parce que le coût du papier et les frais d’imprimerie n’entrent plus en jeu. On ne peut pas dire non plus que la production de ce fichier numérique a généré de nouveaux coûts, puisque les éditeurs passent leurs bouquins aux imprimeurs, sous format numérique, depuis un moment : ce fichier numérique existait donc déjà.

Alors, pourquoi la dématérialisation du livre n’entraîne-t-elle pas une baisse de son prix ? Le support physique n’a-t-il aucune incidence dans le prix d’un livre ? Le papier est-il gratuit pour les éditeurs ? Les ouvriers du livre sont-ils de joyeux bénévoles ? Les gigantesques presses utilisées par les imprimeurs sont-elles offertes par leurs fournisseurs ? Dieu existe-t-il ? (non, je m’égare)

PS : Si j’étais mauvaise langue, je dirais que dans cette nouvelle chaîne, quelqu’un a forcément augmenté ses gains potentiels (ou réels). Ce n’est pas l’imprimeur, il n’est plus là. J’aimerais à penser que l’auteur voit ses droits augmenter pour les versions numériques de son oeuvre, mais je n’ai pas encore entendu parler de cette pratique, sauf . Restent deux acteurs : l’aggrégateur, et l’éditeur. Les commentaires attendent les éléments qu’ils voudront bien apporter à la réflexion, et les vôtres, bien entendu.

PS2 : Je zoome sur les 21 centimes, mais la question demeure posée si l’on reste à la moyenne des différences, 2 euros, donc…

PS3 : Des éléments de réponse là, §1, mais je ne sais pas pourquoi, ça sonne pipeau… Et la proposition 4 est à mourir de rire, vraiment : les rédacteurs de ce texte n’ont pas vu un moins de 35 ans depuis longtemps, apparemment…

(MàJ) PS4 : François Bon sur le texte du SNE

Google, Sony, le Reader et Flatland


20 Mar

Google et Sony viennent de signer un accord selon lequel 500.000 ouvrages libres de droits, et numérisés, sont à présent disponibles gratuitement par le “ebook-store” de Sony (en savoir plus & là aussi).

J’ai chargé tantôt par ce biais Flatland, pour voir. Et je vous laisse regarder ci-dessous, par-dessus mon épaule, ce que ça donne.

flatland

PS : ce ‘cliché’ est en fait un scan de l’un de nos livrels de chez Sony. Un scan d’un livrel qui affiche un livre scanné… Osons : c’est une mise en abyme !

Le livre pliable


19 Mar

(Vidéo signalée par Aldus – je la reprends parce que chacun/e, en la visionnant et en supposant qu’elle annonce un futur proche, y trouvera de quoi alimenter sa réflexion sur le possible des bibliothèques, et tout ce que nous pourrons faire et proposer avec de telles machines dans le paysage)

Mieux que Drucker


17 Mar

Comme je l’annoncais , j’ai mis une pâtée, en termes d’audimat, à Drucker (Michel, je te prie de m’excuser).

A la demande générale de Laurent B., voici mon (bref) support, que je n’ai pu utiliser sur place en fait (j’ai merdé sur le branchements ou quoi, je ne sais, le stress ?) : rien que vous ne connaissiez déjà si vous êtes un habitué hormis l’OLNI (voir diapo n°8 pour savoir de quoi il s’agit) et des statistiques mises à jour (diapos n°6 et 7) .

PS : bon, la pâtée autimatale, c’est surtout dans mon village qu’elle a été repérée. Sinon, au niveau national, Michel a gagné.

Le jukebox des livres existe


16 Mar

Vu au Salon du Livre, sur le stand de la société Immanens, un “jukebox” de livres : on y branche sa clef USB, on fait son petit marché sur l’écran tactile, parmi les ouvrages “mis en vente” (en l’occurrence c’était gratuit, puisqu’en test), on clique et les livres sont chargés sur la clef USB, qui sert de support unique
La lecture, si j’ai bien suivi, se fait ensuite à partir de la clef sur des ordis sous Windows et Mac (pas Linux, double Sniff) : le fichier enregistré par le jukebox contient le document, le moteur d’affichage et les DRMs.

Exactement ce qu’il faudrait, pour les bibliothèques et par rapport aux livrels : nous pourrions prêter les livrels vides, l’usager ayant à charge de choisir sur la borne mis à disposition par la bibliothèque, et alimentée par elle, les ouvrages qu’il souhaite emprunter.

La borne Immanens est expérimentale, la société vise plutôt le marché des éditeurs, mais…

(MàJ) Une petit vidéo transmise par Immanens (merci Jérôme)

Mon libraire en ligne de quartier


15 Mar

Dimanche 15 mars 2009 / 14h30 / G. Fiani, Electre / S. Michalon, ePagine, Titelive / D. Mollat, Mollat Bordeaux / J Pirlot de Corbion, Chapitre.com / K. Papillaud, journaliste, animatrice

[notes vraiment en vrac]

J. PdC : qu’est-ce que la librairie en ligne peut apporter de plus ? Logique de services (Internet : 6 % du marché en France) Gros investissements de départ. Met la barre de “réussite” des livrels sur le marché à 60 euros. Relayera toutes les offres numériques que les éditeurs pourraient proposer. Ne croit pas à l’avenir du PoD… (Incroyable). Les libraires en ligne n’ont pas le monopole.

D. Mollat : Site comme complémentarité du site physique ; projet de Ask a libraire sur le site ; blog / 80 à 85 % des ventes sur le site Mollat servie par le stock local. RH : travail en ligne intégré dans les pratiques quotidiennes. Site comme ‘recette’ pour tester des rapprochements physiques in RL. Portail des librairies françaises. Question Amazon/Kindle multiplicité des formats nécessaires pour éviter les impasses. Au long terme, les libraires ont de l’avenir. Souligne pour finir l’importance de la relation sociale).

G. Fiani : Cercle 1847 ; feuilletoir sous forme de widget. Il n’y a plus de librairies de quartier… Ne croit pas beaucoup au livrel comme support.

S. Michalon : Accompagne éditeurs/libraires pour leur permettre de vendre du livre sous fichier numérique. Amener au libraire un module qu’il peut implanter facilement pour vendre. PoD sans problème, mais l’éditeur doit diffuser le fichier numérique. Livrel : les prix vont baisser. Expérience service de presse sur nouveautés dans Cybook. Les bibliothèques prêteront, c’est certain, des livres sur livrel.

Un peu de réclame


14 Mar

Je sais que la concurrence est rude puisqu’à cette heure-là (17h30), vous êtes en principe devant Drucker mais, si vous ne savez pas quoi faire dimanche après-midi, une fois le gigot digéré, et en guise de promenade dominicale, vous pouvez toujours venir assister, dans le cadre du Salon du Livre, à la table ronde Bibliothèques numériques, de la consultation en ligne au téléchargement à laquelle Alain Pierrot m’a convié aux côtés de Alain Giffard, spécialiste des technologies de l’écrit, président de la Mission interministérielle pour l’accès public à l’Internet, et Yannick Maignien, directeur du TGE (Très Grand Equipement) ADONIS.

Le débat sera animé par Virginie Clayssen, directrice adjointe du Développement Numérique chez Editis.

Plus d’infos sur la liste des conférences « Lectures de dem@in ».

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes