” Music was invented to confirm human loneliness ”
Lawrence Durrell
Candide : Bonjour. Puis-je prolonger ce livre, s’il vous plaît ?
Le conservateur pianotant sur son SIGB : Impossible, vous avez dépassé le nombre maximum de jours autorisés.
Candide : Dommage… Mais pourquoi y’a-t-il une durée maximale ?
Le conservateur : Pour que les livres circulent et que tout le monde puisse les emprunter.
Candide : Ah… Cela ne poserait peut-être pas vraiment de problème que ce livre ne soit pas en rayon, il n’est jamais emprunté.
Le conservateur : Certes, il ne sort jamais, mais la règle est la règle
Candide : Même si les livres dorment en rayon ?
Le conservateur : La règle est la règle
Candide : …
Enfin : je suis surpris, lorsque l’on parle de livrels, de la résistance qu’il y a autour de cette question de l’outil et de ce qu’il ferait courir un risque au papier ; et de la tentation du repli vers des formes/outils connus, que je constate souvent.
J’y vois une crainte de l’inconnu qui, disons-le, me heurte parce que j’ai toujours cru que quelqu’un qui travaille dans le monde de la culture et des bibliothèques ne pouvait qu’être attiré par l’inconnu et les aventures de la nouveauté (je n’ai pas dit “fasciné”, j’ai dit “attiré”) : preuve est faite de ma candeur (oups…).
(J’inaugure une nouvelle série, celles des livres qui me sont tombés des mains. Donc : )
C’est toujours pareil avec Régis Jauffret, je commence le bouquin plein d’espoir et boum, au bout de quelques pages, je m’ennuie. Dommage.
D’autant que j’avais vu le bonhomme en lecture dans une petite librairie à Nancy et que c’était plutôt sympa. Régis Jauffret, homme de scène, en fait ?
Reprise autour d’un échange dans les commentaires chez Bertrand Calenge : j’y avançais que les livrels permettraient sans doute l’apparition et la diffusion de formes littéraires que nous n’imaginons pas encore, et je donnais l’exemple du roman SMS “inventé” par le téléphone portable.
L’échange, vivifiant, a alors débordé vers des questions de valeurs d’une production artistique, et d’éthique du bibliothécaire comme prescripteur. Il me semble important de préciser ma position :
(à suivre)
Peut-être que vous vous souvenez de cette histoire de prêt long de PC (j’ai commencé à en parler là). Un peu plus d’un mois après le commencement de l’opération, un petit bilan d’étape en précisant que j’ai vu tous les bénéficiaires (pour mémoire, c’est moi qui m’occupe de la remise de la machine, mais la partie formation est partagée avec NK) :
J’ai de plus le sentiment (mais ça ne se quantifie pas) :
Bref : premier bilan positif. Wait & see.
PS : Je sais, c’est mesquin, mais je me demande combien de portables l’on pourrait mettre en circulation pour le prix d’un carré V.I.P. ?
Candide : Bonjour. Je souhaite monter mon blog et je ne sais pas comment faire.
Le conservateur : Les blogs ne sont pas des outils sérieux. Mais je peux vous former à notre catalogue.
Candide : Euh… Je comptais justement animer un blog sérieux sur le sujet de ma thèse, mais je ne connais pas les logiciels nécessaires et je me disais que peut-être, à la bibliothèque…
Le conservateur : Les blogs ne sont pas des outils sérieux. Mais je peux vous former à notre catalogue.
Candide : …
Le conservateur : Le catalogue ?…..
Candide : …
Sa vie au dos il va veillant et de ses jours fait paravent. Sans qu’il s’éveille ses mains babillent mais ce n’est qu’un rêve d’enfant.
” La nature est le plus grand et le plus merveilleux des temples du Seigneur, surtout par temps sec. ”
Tuirevi Hillikainen, pasteur, dans
Le cantique de l’apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna
J’ai visité ces jours derniers la médiathèque d’étude et de recherche du musée du Quai Branly. Et j’en suis sorti dans une colère noire, qui n’est toujours pas retombée.
Les lieux sont magnifiques (cuir, bois, baies vitrées, très belle vue sur Paris) et richement équipés (l’équipement informatique de pointe, en libre service, a été offert par Sony). Mais ils sont… vides.
Lors de ma visite (il était 15h30 environ un jeudi), le taux d’occupation des places assises devait être de 15 % (un peu de l’ordre de ce que l’on voit sur ce cliché officiel…) et celui des postes informatiques de 2 %.
Alors je suis en colère parce que :
J’imagine que de doctes personnes pourront m’expliquer pourquoi certains V.I.P. ont besoin de luxe, de calme et de volupté là où d’autres n’ont besoin que de pain, et encore. Les commentaires leur sont largement ouverts.
Le 'nouveau' blog du taiseux bavard