Archive for October, 2008

Music…


31 Oct

” Music was invented to confirm human loneliness ”

Lawrence Durrell

Candide et le conservateur (Episode 2 Saison 3)


29 Oct

Candide : Bonjour. Puis-je prolonger ce livre, s’il vous plaît ?

Le conservateur pianotant sur son SIGB : Impossible, vous avez dépassé le nombre maximum de jours autorisés.

Candide : Dommage… Mais pourquoi y’a-t-il une durée maximale ?

Le conservateur : Pour que les livres circulent et que tout le monde puisse les emprunter.

Candide : Ah… Cela ne poserait peut-être pas vraiment de problème que ce livre ne soit pas en rayon, il n’est jamais emprunté.

Le conservateur : Certes, il ne sort jamais, mais la règle est la règle

Candide : Même si les livres dorment en rayon ?

Le conservateur : La règle est la règle

Candide : …

La forme, en plus (2)


27 Oct

(épisode précédent)

  • Par ailleurs, entre nous : je ne supporte pas, comme usager, que l’on me dise ce qui est bon pour moi, que l’on me prescrive des lectures légitimes. Je suis assez grand pour ça. Et tout le monde est assez grand pour ça. L’idée que quelqu’un sait ce qui est bon pour les autres me hérisse.
  • Je ne suis pas fasciné par la technologie. Un roman SMS peut être très mauvais. S’il existe un jour des romans livrelesques, certains seront sans doute très mauvais. Et un roman papier peut être mauvais aussi (j’ai des noms). Le support/la technique ne font rien à tout cela. L’important, c’est le contenu, pas le contenant. Rabelais l’a déjà dit.
  • Ce n’est pas parce qu’une forme nous échappe/dérange/déconcerte/bouscule qu’elle est mauvaise ou sans valeur. Le roman SMS fait rire dans les chaumières bibliothéconomiques ? Mais Picasso faisait aussi rire dans les chaumières… Et Baudelaire… La création, c’est toujours du plus et de l’incompréhensible avant de devenir du légitime.

Enfin : je suis surpris, lorsque l’on parle de livrels, de la résistance qu’il y a autour de cette question de l’outil et de ce qu’il ferait courir un risque au papier ; et de la tentation du repli vers des formes/outils connus, que je constate souvent.

J’y vois une crainte de l’inconnu qui, disons-le, me heurte parce que j’ai toujours cru que quelqu’un qui travaille dans le monde de la culture et des bibliothèques ne pouvait qu’être attiré par l’inconnu et les aventures de la nouveauté (je n’ai pas dit “fasciné”, j’ai dit “attiré”) : preuve est faite de ma candeur (oups…).

Lacrimosa


25 Oct

(J’inaugure une nouvelle série, celles des livres qui me sont tombés des mains. Donc : )

C’est toujours pareil avec Régis Jauffret, je commence le bouquin plein d’espoir et boum, au bout de quelques pages, je m’ennuie. Dommage.

D’autant que j’avais vu le bonhomme en lecture dans une petite librairie à Nancy et que c’était plutôt sympa. Régis Jauffret, homme de scène, en fait ?

La forme, en plus (1)


24 Oct

Reprise autour d’un échange dans les commentaires chez Bertrand Calenge : j’y avançais que les livrels permettraient sans doute l’apparition et la diffusion de formes littéraires que nous n’imaginons pas encore, et je donnais l’exemple du roman SMS “inventé” par le téléphone portable.

L’échange, vivifiant, a alors débordé vers des questions de valeurs d’une production artistique, et d’éthique du bibliothécaire comme prescripteur. Il me semble important de préciser ma position :

  • Je persiste et signe : tout outil nouveau, toute technique nouvelle portent en eux la possibilité de formes artistiques nouvelles qui ne pouvaient pas exister avant eux (deux exemples : le cinéma ; la guitare électrique). La technique augmente le champ des possibles artistiques.
  • Je considère qu’un bibliothécaire ne doit pas être un prescripteur. Le rôle du prescripteur, c’est le rôle de l’enseignant ou du médecin. Certes, je peux avoir une opinion sur Amélie Nothomb et lui préférer Pierre Bergounioux ; et vouloir faire découvrir à un usager les écrits du second quand il me demande le dernier opus de la première. Mais en tant que bibliothécaire, je ne suis pas là pour prescrire : je suis là pour rendre un service. Si mon usager veut de l’Amélie Nothomb ou l’intégrale du grand cycle de garden-opera La baudruche masquée contre l’Empire du Rien, je dois lui permettre d’y avoir accès, ce qui ne m’empêche pas de lui suggérer (pas prescrire, suggérer…) d’autres chemins.

(à suivre)

Humanités


22 Oct

Peut-être que vous vous souvenez de cette histoire de prêt long de PC (j’ai commencé à en parler ). Un peu plus d’un mois après le commencement de l’opération, un petit bilan d’étape en précisant que j’ai vu tous les bénéficiaires (pour mémoire, c’est moi qui m’occupe de la remise de la machine, mais la partie formation est partagée avec NK) :

  • au 16 octobre, la moitié des 40 machines est en circulation
  • les étudiants adressés par les services sociaux se répartissent grosso-modo entre L et M
  • le temps de remise de la machine est d’environ 30 minutes (on discute un peu, quand même).

J’ai de plus le sentiment (mais ça ne se quantifie pas) :

  • que les personnes en face de moi ne sont pas à la dérive, mais bien dans une volonté d’avancer dans leurs études, même si elles rencontrent par ailleurs des difficultés multiples. Ce que je veux dire très clairement, c’est que je pense qu’une personne réellement à la dérive ne peut pas être aidée par le prêt d’un ordinateur. Mais ça, c’est tout l’art du travail social mené en amont par les collègues des services spécialisés.
  • que les bénéficiaires sont vraiment ravis de ce service
  • que la formation leur fait découvrir plein de choses sur nos ressources numériques (un étudiant de M2 Lettres a juste dit ” Mon Dieu ” en découvrant la MLA – j’ai dit qu’il pouvait m’appeler Daniel ;-) )
  • que ça les épate de serrer la main à un bibliothécaire (je plaisante…)

Bref : premier bilan positif. Wait & see.

PS : Je sais, c’est mesquin, mais je me demande combien de portables l’on pourrait mettre en circulation pour le prix d’un carré V.I.P. ?

Candide et le conservateur (Episode 1 Saison 3)


20 Oct

Candide : Bonjour. Je souhaite monter mon blog et je ne sais pas comment faire.

Le conservateur : Les blogs ne sont pas des outils sérieux. Mais je peux vous former à notre catalogue.

Candide : Euh… Je comptais justement animer un blog sérieux sur le sujet de ma thèse, mais je ne connais pas les logiciels nécessaires et je me disais que peut-être, à la bibliothèque…

Le conservateur : Les blogs ne sont pas des outils sérieux. Mais je peux vous former à notre catalogue.

Candide : …

Le conservateur : Le catalogue ?…..

Candide : …

Des trains à travers la plaine…


18 Oct

Sa vie au dos il va veillant et de ses jours fait paravent. Sans qu’il s’éveille ses mains babillent mais ce n’est qu’un rêve d’enfant.

La nature


17 Oct

” La nature est le plus grand et le plus merveilleux des temples du Seigneur, surtout par temps sec. ”

Tuirevi Hillikainen, pasteur, dans
Le cantique de l’apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna

Les carrés V.I.P.


15 Oct

J’ai visité ces jours derniers la médiathèque d’étude et de recherche du musée du Quai Branly. Et j’en suis sorti dans une colère noire, qui n’est toujours pas retombée.

Les lieux sont magnifiques (cuir, bois, baies vitrées, très belle vue sur Paris) et richement équipés (l’équipement informatique de pointe, en libre service, a été offert par Sony). Mais ils sont… vides.

Lors de ma visite (il était 15h30 environ un jeudi), le taux d’occupation des places assises devait être de 15 % (un peu de l’ordre de ce que l’on voit sur ce cliché officiel…) et celui des postes informatiques de 2 %.

Alors je suis en colère parce que :

  • Je ne comprends pas que des équipements pareils existent, réservés (cf. les modalités d’inscription) à des communautés particulières qui par ailleurs, manifestement, ne les utilisent pas.
  • Je ne comprends pas que les portes de ces endroits demeurent fermés cependant que l’on peut voir tous les jours les longues files d’attente des lecteurs qui cherchent une place à la B.P.I. ; et/ou d’autres bibliothèques qui recherchent désespérément quelques milliers d’euros pour acheter trois PC ou quatre chaises IKEA.
  • Je ne comprends pas cette logique à deux vitesses qui laisse vivre et étudier les Happy Fews d’une part, la plèbe de l’autre.
  • Je ne comprends pas que nous tolérions cela sans rien dire et même, y participions de fait.

J’imagine que de doctes personnes pourront m’expliquer pourquoi certains V.I.P. ont besoin de luxe, de calme et de volupté là où d’autres n’ont besoin que de pain, et encore. Les commentaires leur sont largement ouverts.

Face Ecran

Le 'nouveau' blog du taiseux bavard

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes