Une année au moins est passée depuis la publication de ce billet qui peut donc contenir des informations un peu datées.(Suite à une discussion voici quelques jours avec J.V. de la BPI)
Nous, bibliothèques, dépensons des sommes conséquentes pour l’acquisition et la maintenance d’outils propriétaires sur lesquels nous n’avons aucune prise. Or il existe plein d’outils libres qui pourraient nous servir déjà, ou être utilisés comme base de développement d’outils destinés à la communauté des bibliothèques.
Ma question est très simple : pourquoi ne pas monter un pot commun qui permettrait de financer les développements nécessaires pour construire et diffuser des outils d’informatique documentaire libres ? Si toutes les bibliothèques versent un peu d’argent, le pot commun peut vite devenir intéressant, non ?
L’argent qui paie pour l’heure nos chaînes pourrait servir à régler le prix de notre liberté : on pourrait imaginer des opérations communes au cours desquelles des équipes de développeurs professionnels seraient rémunérées par un groupe de bibliothèques participantes sur des projets précis (un OPAC ; un moteur de recherche fédérée ; etc…). Le résultat serait diffusé en OpenSource, gratuitement.
Je ne vois que deux conditions :
- mettre nos petits egos boursouflés dans nos poches avec nos mouchoirs dessus
- travailler ensemble enfin
PS : je n’ai rien contre les entreprises qui nous fournissent ces outils. Dans l’ensemble, celles avec lesquelles j’ai contact réagissent tout à fait correctement et font leur travail, i.e. du business. Mais quand je vois passer certaines factures que nous payons avec de l’argent public, ça me fait grincer des dents.
PS2 : je parle de Bibliothèques sans faire de distinguo. Encore une fois, dans Bu et Bm, je ne vois que le B…
Tags : Bibliothèques, Boîte à idées, Développement ?, Le futur ? Droit devant !
J’ai une autre idée, qui est beaucoup plus simple à mettre en oeuvre : la plupart des outils existent déjà : SIGB bien sûr (Koha et PMB pour ne citer que ces deux là), portail (Drupal, Typo3, SPIP), recherche fédérée (pazpar2 d’indexdata), gestions de collections numériques (Greenstone, kete).
Il y a bien d’autres besoins qui sont couverts par bien d’autres outils. Si quelqu’un veut citer un besoin, qu’il le fasse, je tacherai de trouver quel logiciel libre mettre en face.
Certains de ces outils sont supportés par des sociétés de services spécialisées dans le domaine de l’info-doc (pour ce qui nous concerne : Koha, Drupal, pazpar2, Greenstone par exemple). Notre mission, c’est de déployer ces logiciels de manière professionnelle et avec du support, mais c’est aussi de développer les fonctionnalités qui manqueraient pour nos clients. Notre décision irrévocable, c’est de développer uniquement du libre, donc de le reverser chaque fois que c’est possible dans le pot commun.
Il y a plusieurs avantages à la chose :
- il est inutile de monter une structure qui court le risque de l’usine à gaz, pour faire avancer le schmillblick dans le sens que l’on souhaite.
- le budget de déploiement est le même que pour un logiciel proprio, mais au lieu de dépenser l’argent en licences, on le dépense en développements, précisémment calés sur son propre besoin.
A propos du risque d’usine à gaz : Mon expérience personnelle, c’est 5 ans comme salarié à la sécu, sur des projets de ce type (collaboratifs) qui ont tous capotés car l’un ne pouvait pas mettre son égo dans la poche, l’autre comptait le moindre centime, le troisième n’était pas assez motivé, le dernier a changé de directeur entre temps, et le “plan juppé” est passé par dessus tout ca… Bref, je suis pour le moins assez fraichement enthousiasme quand à ce genre de solution…
@paul : du coup, je me dis : pourquoi ne pas créer une solution spéciale bibliothèques avec des outils libres, proposées sur un cd-rom, distribuée largement… ? Un peu sous le modèle de certaines distributions GNU/Linux orientée spécifiquement vers la musique, ou la vidéo, qui offrent sur un cd tout ce qu’il faut. D’ailleurs, une PME pourrait proposer cela, et proposer en sus le déploiement professionnel et le support… Suivez mon regard
Cela éviterait l’usine à gaz, même si je me voudrais croire que nous pouvons, dans les bibs, ne pas monter d’usine à gaz… Mais je suis un éternel optimiste…
Bonjour Daniel.
Ce billet de début d’année me fait chaud au cœur, moi qui suis embourbé dans un « projet catastrophe » mêlant logiciels propriétaires, libres et prestataires sans scrupules.
Effectivement, les briques élémentaires de tous projets BM ou BU se trouvent en OpenSource. Il en va de même pour les centres de documentation scientifique comme celui où je travail.
Mais avoir de bons outils (voir de bon prestataire) ne fait pas tout. Ces projets sont lourds, coûteux et éprouvants. Il me semble qu’ils sont trop souvent sous-estimés et dans ce cas, l’échec et le « consensus coûteux » ne sont pas loin.
Paul Poulain touche du doigt un aspect douloureux du problème lorsqu’il dit « Si quelqu’un veut citer un besoin, qu’il le fasse »
Car la question fondamentale est : connaissez-vous vos usagers ? Au-delà des besoins exprimés, quels sont les besoins réels ? Serez-vous capable de former vos usagers? De les accompagner dans l’apprentissage de nouveaux outils, dans l’évolution de leurs pratiques… De leurs laisser un peu de votre connaissance ?
Pour m’intéresser de près aux besoins des chercheurs je reste optimiste. Tout est là. Il « suffit » de gérer le Facteur Humain (l’ego, le manque de motivation, les ambitions personnelles envahissantes…) et de travailler avec les usagers.
P.S : Pour info Daniel, il se trouve que le site de l’EMSIE va bientôt avoir un petit frère qui devrait proposer un tour d’horizon des outils libres et de la documentation disponible. Une sorte de portail documentaire pour bibliothèques. Le cd-rom n’est pas si loin
.
@ Frédéric (et paul…) : à propos de ce cd-rom, j’ai repensé à ça :
On pourrait imaginer un cd-rom Bibs auto-installable (ou presque), toujours sur le modèle des bonnes distributions GNU/Linux : le binz s’installe tout seul et le système + ses logiciels sont configurés/opérationnels de suite.
Pour l’OS du CD-Bibs, un GNU/Linux et l’on a un OS, un serveur Apache, un Mysql, un PHP, etc…
Si l’on ajoute des installeurs/configurateurs automatiques pour toutes les briques dont lse bibs ont besoin (“Koha, Drupal, pazpar2, Greenstone” comme dit paul, mais aussi ORI-OAI, vufind, etc… ok, va falloir un DVD-Rom), on peut se retrouver rapidement avec un solution clé en main, globale, libre, pour les bibs…
Et cela n’empêche pas les sociétés de service d’offrir le support quand la bib en a besoin.
Bon, c’est juste une idée qui rebondit sur celle de paul, mais qui suit celle qui est au départ de mon post : nous donner les moyens de devenir libres…
PS : pour le facteur humain, on doit pouvoir trouver un logiciel libre ad hoc
re PS : pour les usagers, le logiciel libre ad hoc reste à développer…
Beau projet, concrétisons-le !
On pourrait se servir de la rubrique expérimentations de bibliopédia qui permet d’héberger une page de travail pour ce genre de projets innovants.
http://www.bibliopedia.fr/
et pourquoi pas l’Adullact ( http://adullact.org/ ) qui a une forge dédiée aux projets de collectivités locales ?
Mais il faut s’y coller un peu…. Volontaires ?
Bonjour, je prends le fil de la discussion un peu en retard et je ne ferais que renforcer les deux point du premier billet:
1. mettre nos petits egos boursouflés dans nos poches avec nos mouchoirs dessus
2. travailler ensemble enfin
PMB Services travaille avec plus de 1000 clients, j’en rencontre et j’en entends environ 2 ou 3 nouveaux par semaine et à chaque fois la même rengaine : “nous on travaille comme cela…” ou alors “Oui mais nous c’est différent…” “Oui mais eux ils font n’importe quoi”.
Rien que le mot bulletinage a trois définitions possibles…
Comment voulez-vous rassembler avec cela ? Regardez sigb-libres.info : on en est à bientôt deux ans de tergiversations pour aboutir à un semblant de décision, mal décidée, mal étudiée, avec des appréciations à l’emporte-pièce…
Ca ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer, ça veut dire qu’il faut placer l’efficacité comme fil directeur et non pas le rassemblement.
Eric
@ Eric : OUI ! Nous ne pensons pas assez efficacité et pragmatisme, dans les bibliothèques, il me semble. Et nous sommes, comme dit le CDAV, dans la rechercher permanente d’une sur-qualité qui nous éloigne d’un bon fonctionnement au quotidien, en fait…
Bon,
Ça ne coûte rien d’essayer. Eric Robert à raison, ça ne va pas être facile de rassembler et de toute façon ça ne suffira pas. Mais pour ma part j’ai un peu de folie en tête et je suis prêt à tenter le coup. Le manque de pragmatisme est surtout lié à mon sens à un défaut de maîtrise, de repère et de moyens. Lorsqu’on n’est pas informaticien, comment fait-on pour comparer ? Evaluer les offres des prestataires ? Prévoir une organisation humaine à long terme en incluant un outil dont on ne sait rien ? Comment fait-on sur des projet de plusieurs mois (parfois plus d’un an) pour supporter les milliers de détails, d’éléments qui nous dépassent… il me semble que l’on sous-estime souvent la difficulté des projets informatiques qui sont confiés à « celui sui en sait le plus» ou le geek (ce fut mon cas). J’ai eu la chance de travailler en étroite collaboration avec les services informatiques de mon institution et je peux dire que cela nous a sauvé la mise. Cela dit, sans notre vision « documentaire » des choses, le service informatique aurait été bien en peine de conduire ce projet.
Nous en somme là : nous devons conduire des projet pour lesquels nous manquons de technicité et de pratique mais dans la réalisation desquels nous sommes essentiels afin de tourner vers la pratique le produit et l’organisation humaine qui ira avec.
Avec le recule, j’aurai aimé trouver des informations pour mieux juger les outils que l’on me propose, mais aussi des éléments de réponse « pour moi » (qui suis documentaliste en non informaticien). Echanger sur ce projet pour mieux le comprendre, me détacher de la technique, non pas pour l’abandonner à d’autres, mais pour mieux l’utiliser. Pouvoir profiter des expériences des autres pour éviter des erreurs qui coûtent cher.
Travailler ensemble, c’est aussi cela : échanger, écouter et se comprendre. Pour éviter les mal entendus, les approximations, les chefs de projet « tête dans la guidon » et au final le consensus coûteux du demi-échec dans lequel on reste, honteusement, et que l’on cache.
J’en ai bavé, je me suis parfois trompé, j’ai échoué et réussi, tout ça coûte cher à nos institutions et donc à l’état. Car soyons réaliste, on parle avant tout de bon fonctionnement des équipes, de coûts, de développement d’activité et de service.
Si mon expérience peu servir, si les compétences acquises sont utiles à d’autres, pourquoi ne pas les partager ? Le pot commun que Daniel a à cœur est une belle idée, j’y souscris. D’autant plus que l’emsie, dont je suis membre, devrait héberger un projet d’espace ouvert et d’échange, un pot commun centré sur le concret. Il en sortira je l’espère le fameux CD-Rom “pour bibliothèques”
Alors essayons !